Covid-19 : un nouvel anticorps issu de sang de patients guéris cible une partie inattendue du virus

Une équipe chinoise a identifié un anticorps au fort pouvoir neutralisant contre le Covid-19 dans le sang de dix patients guéris. Mais surprise, il ne se fixe pas sur la zone habituellement ciblée par les anticorps connus.

Notre corps produit ses propres médicaments : les anticorps. Produits par certaines de nos cellules immunitaires à la suite d’une infection, ils se tiennent prêts à agir vite en cas de nouvelle intrusion du même virus ou bactérie. En analysant le sang de convalescents du Covid-19, des chercheurs chinois ont isolé un anticorps fortement neutralisant. Appelé 4A8, il se lie à une partie inattendue du virus et fait l’objet d’une publication dans Science.

C’est le principe des vaccins. En nous injectant une version inoffensive d’un micro-organisme, notre corps obtient une victoire facile et lance la production de son armée d’anticorps. Ces derniers se fixent de façon hautement spécifique sur des molécules caractéristiques de l’envahisseur, qu’on appelle « épitopes ». Dans le cas du virus SARS-CoV-2 responsable du Covid-19, l’épitope le plus commun chez les anticorps isolés du sang des personnes guérie est la zone précise du virus entrant en contact avec la cellule à infecter. Ce fragment du virus, situé sur la protéine virale S ou Spike, est responsable de l’interaction avec le récepteur ACE2. Présente à la surface de nos cellules, cette protéine ACE2 permet ainsi l’infection.

Covid-19 anticorps

Illustration d’anticorps (en forme de Y) ciblant le virus SARS-CoV-2 du Covid-19 (Source : Science Photo Library/AFP).

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EPO : un nouveau traitement potentiel contre l’infection à coronavirus SARS-CoV-2 ?

L’érythropoïétine (EPO), une hormone naturelle, est un facteur de croissance entraînant l’augmentation du nombre de globules rouges. En pharmacologie, elle est donc couramment utilisée pour traiter l’anémie. Cependant, des médecins ont récemment remarqué une potentielle efficacité de l’EPO contre l’infection à coronavirus SARS-CoV-2. Bien que des tests et essais cliniques soient nécessaires pour statuer sur cette efficacité, l’amélioration de l’apport en oxygène par l’EPO et sont effet protecteur sur de nombreux tissus pourraient contribuer à diminuer les symptômes de l’infection.

Selon des chercheurs de l’Institut Max Planck de médecine expérimentale de Göttingen, l’agent dopant EPO pourrait également être efficace contre le Covid-19. Le facteur de croissance pourrait atténuer la progression grave de la maladie et protéger les patients contre les effets neurologiques à long terme lorsque le virus SRAS-CoV-2 attaque le cerveau. Les premières études de cas indiquent un effet positif de l’EPO.

Les chercheurs envisagent actuellement un essai clinique randomisé pour étudier systématiquement les effets du traitement chez les patients infectés. Fin mars, un patient présentant des symptômes sévères de Covid-19 a été admis dans un hôpital iranien. Parce que le patient avait également de mauvaises valeurs sanguines, les médecins ont prescrit le facteur de croissance hématopoïétique. Sept jours après le début du traitement, le patient a pu quitter l’hôpital.

Une autre indication du rôle protecteur de l’EPO dans le cas de Covid-19 vient d’Amérique du Sud, où les maladies graves sont plus rares dans les régions plus hautes que dans les basses terres. Cela peut être dû au fait que les personnes vivant à des altitudes plus élevées forment plus d’EPO et sont mieux adaptées à la carence en oxygène car elles ont plus de globules rouges.

Morphologie Covid-19

Image obtenue le 3 février 2020 auprès des CDC et montrant la morphologie du nouveau coronavirus COVID-19 (Source : Centers for Disease Control and Prevention/AFP).

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Covid-19 : flambée de cas aux Etats-Unis et en Inde

Alors que le Louvre rouvre ses portes à Paris, plusieurs pays font face à un embrasement du nombre de contaminations.

Le Louvre a rouvert ses portes le 6 juillet 2020 à Paris après des mois de fermeture liée à la pandémie de coronavirus, qui ne connaît pas de trêve aux Etats-Unis et en Inde, où le nombre de cas de contamination connaît une flambée.

Le musée le plus grand et le plus visité au monde, qui renferme des trésors comme la Joconde ou la Vénus de Milo, est accessible sur réservation pour éviter les foules d’avant la pandémie, avec des créneaux de visites de 500 personnes toutes les demi-heures. « Ça m’a énormément manqué. Je viens habituellement deux fois par mois », confie Julia Campbell, retraitée française d’origine écossaise. Le dispositif a été longuement étudié pour éviter tout incident sanitaire et les équipes logistiques se montrent confiantes car les lieux sont très spacieux. Aux Etats-Unis, l’heure est en revanche à l’inquiétude.

Les Américains enregistrent depuis plus d’une semaine des nombres d’infections record (40.000 en 24 heures durant le week-end). « Nous avons rouvert beaucoup trop tôt en Arizona », a déploré la maire de la ville de Phoenix Kate Gallego, plaidant pour un reconfinement. Le président Donald Trump continue pourtant d’affirmer que la crise est « sur le point » de s’achever, s’attirant l’ire entre autres du maire démocrate de la ville texane d’Austin, Steve Adler, qui a qualifié ses propos de « dangereux » pour les habitants de sa ville, dont les services de réanimation risquent d’être débordés « d’ici dix jours ».

Morphologie Covid-19

Image obtenue le 3 février 2020 auprès des CDC et montrant la morphologie du nouveau coronavirus COVID-19 (Source : Centers for Disease Control and Prevention/AFP).

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Le coronavirus qui circule en Europe est plus infectieux in vitro

La variante du SARS-CoV-2 qui circule aujourd’hui en Europe et aux États-Unis est différente de la souche chinoise originale. Un changement d’acide aminé dans la séquence protéique de la protéine S lui permet d’infecter plus facilement les cellules in vitro. Cela améliore-t-il aussi sa transmission entre les humains ?

La variante du SARS-CoV-2, appelée D614G, qui domine aujourd’hui dans le monde, infecte plus facilement les cellules que celle apparue en Chine. Bien que cela reste à confirmer, une étude publiée dans Cell le 2 juin 2020 suggère que cela la rend probablement plus contagieuse.

« Nous ne savons pas encore si une personne s’en sort moins bien avec elle ou non », a commenté Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses américain, à la revue Jama. « Il semble que le virus se réplique mieux et puisse être plus transmissible, mais nous en sommes toujours au stade d’essayer de le confirmer. Mais il y a de très bons généticiens des virus qui travaillent là-dessus. »

Après sa sortie de Chine et son arrivée en Europe, une variante du nouveau coronavirus, qui mute en permanence comme tout virus, est devenue dominante. C’est cette version européenne qui s’est ensuite installée aux États-Unis. La variante D614G concerne une mutation d’une seule lettre de l’ADN du virus, sur la protéine S (spike) avec laquelle il pénètre les cellules humaines.

SARS-CoV-2

Un variant de la souche SARS-CoV-2, appelé G614D, domine la pandémie de Covid-19 en Europe et aux États-Unis (Source : Niaid).

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Coronavirus : contagion galopante en Amérique, le Royaume-Uni assouplit la quarantaine

L’épidémie de Covid-19 continue de frapper durement le continent américain avec un nouveau record de contaminations aux Etats-Unis, mais son ralentissement en Europe conduit la Grande-Bretagne à assouplir vendredi son régime de quarantaine.

Première puissance mondiale et pays le plus endeuillé de la planète (128.677 décès), les Etats-Unis ont atteint un niveau record jeudi avec 53.069 nouvelles contaminations en 24 heures, qui portent le total à plus de 2,7 millions, selon l’Université Johns Hopkins. Au Texas, une explosion de nouveaux cas a forcé le gouverneur républicain Greg Abbott, un allié du président Donald Trump, à rendre le port du masque obligatoire en public.

« Nous pouvons maintenir les entreprises ouvertes et développer notre économie afin que les Texans puissent continuer à gagner leur vie, mais cela exige que chacun d’entre nous joue son rôle pour se protéger mutuellement, ce qui implique de se couvrir le visage dans les espaces publics », a déclaré dans un communiqué M. Abbott. Rendre le port du masque obligatoire n’est pas une mince affaire aux Etats-Unis où cet attribut, ou son absence, est souvent devenu un signe politique.

Les plus fervents partisans de Donald Trump n’en portent que rarement. D’autres invoquent leur liberté individuelle. Un vigile a même été abattu pour avoir demandé à un client de se couvrir le visage avant d’entrer dans le magasin. Les réseaux sociaux Facebook et Twitter ont fait savoir qu’ils allaient recommander à leurs utilisateurs américains de porter le masque.

Patient Covid-19 Bogota 02/07/2020

Un malade soupçonné d’être infecté par le Covid-19 arrive à l’hôpital San Blas de Bogota, le 2 juillet 2020 (Source : AFP)

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Les cellules infectées par le coronavirus ont des tentacules qui poussent

Les virus sont des parasites intracellulaires qui détournent le métabolisme cellulaire à leur avantage. Parfois, les effets du virus sont plutôt insolites, comme l’apparition de grands tentacules ramifiés à la surface de la cellule.

Lorsqu’un virus fait son entrée dans une cellule, il chamboule complètement l’ordre établi. Le coronavirus ne fait pas exception. Dans une étude très dense, destinée à paraître prochainement dans Cell, des scientifiques ont étudié les changements de phosphorylation des protéines cellulaires lors d’une infection au SARS-CoV-2.

Ce travail a été réalisé in vitro sur des cellules épithéliales en culture. L’infection par le coronavirus accroît ou diminue l’activité des kinases, des enzymes responsables de la phosphorylation, avec des conséquences parfois étranges dans la forme de la cellule. En effet, l’un des changements induits par l’infection du SARS-CoV-2 a pour résultat l’apparition de tentacules à la surface des cellules.

Lorsque le coronavirus infecte une cellule, il s’approprie les enzymes cellulaires de la transcription et de la traduction. Comme attendu, les chercheurs ont observé une diminution du nombre de protéines cellulaires à la faveur des protéines virales. Outre la quantité de protéines virales qui augmente, le virus modifie également les sites de phosphorylation des protéines cellulaires.

Le Covid-19 modifie les cellules qu’il infecte en leur faisant pousser des tentacules.

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Etats-Unis : résultats préliminaires positifs pour un vaccin expérimental contre le Covid-19

La société de biotech américaine Inovio a annoncé mardi des résultats préliminaires mais encourageants pour son projet de vaccin contre le nouveau coronavirus, administré sur 40 volontaires aux Etats-Unis.

Selon un communiqué de l’entreprise, le vaccin a provoqué une réponse du système immunitaire chez 94% des participants qui ont suivi l’essai clinique, dit de phase 1, jusqu’au bout, c’est-à-dire avec deux injections à quatre semaines d’écart.

Le vaccin d’Inovio, appelé INO-4800, consiste à injecter un code génétique ADN dans l’organisme de la personne afin de déclencher une réponse immunitaire spécifique contre le coronavirus SARS-CoV-2. Le vaccin est injecté sous la peau par une aiguille, puis il est activé par un appareil ressemblant à une brosse à dents, qui délivre une mini impulsion électrique, d’une fraction de seconde, permettant à l’ADN de pénétrer les cellules du corps et d’y remplir sa mission.

Vaccin Covid-19 Lire la suite

Un nouveau virus de la grippe porcine à potentiel pandémique découvert en Chine

Tandis que la lutte contre la pandémie à coronavirus SARS-CoV-2 continue, les virologues ne relâchent cependant pas leur attention concernant d’autres virus susceptibles eux aussi d’entraîner des épidémies pouvant dériver en pandémie. C’est notamment le cas du virus de la grippe porcine G4, une souche virale issue de la souche H1N1, transmis des porcs aux humains. Récemment identifié par une équipe de virologues chinois, ces derniers appellent à une vigilance approfondie et immédiate concernant les élevages porcins et les gens qui y travaillent car, comme la souche H1N1, le virus G4 présente un important potentiel pandémique.

Selon l’étude publiée dans la revue PNAS. La souche virale G4 est génétiquement issue de la souche H1N1 qui a provoqué une pandémie en 2009. Elle possède « toutes les caractéristiques essentielles d’un candidat viral pandémique », écrivent les auteurs, virologues au Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies.

De 2011 à 2018, les chercheurs ont prélevé 30’000 écouvillons nasaux de porcs dans des abattoirs de 10 provinces chinoises et dans un hôpital vétérinaire, leur permettant d’isoler 179 virus de la grippe porcine. La majorité des virus étaient d’un type nouveau dominant chez les porcs depuis 2016. Les chercheurs ont ensuite effectué diverses expériences, notamment sur des furets, qui sont largement utilisés dans les études sur la grippe car ils présentent des symptômes similaires à ceux des humains — principalement la fièvre, la toux et les éternuements.

Virus H1N1

Souche virale H1N1 vue au microscope électronique.

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Covid-19 : la Chine confine un demi-million de personnes dans la région de Pékin, craignant une nouvelle vague

Après la découverte de centaines de nouveaux cas de coronavirus, la Chine a décidé d’imposer un nouveau confinement strict à environ un demi-million de personnes vivant près de Pékin, dans le but d’empêcher une nouvelle vague de sévir.

Après que la Chine ait visiblement réussi à maîtriser le virus, à présent, des centaines de personnes ont été infectées à Pékin et des cas sont apparus dans la province voisine du Hebei, au cours de ces dernières semaines.

Les responsables de la santé ont déclaré dimanche que le comté d’Anxin (situé à environ 150 kilomètres de Pékin), serait « entièrement clos et contrôlé » : il s’agit là des mêmes mesures strictes imposées au plus fort de la pandémie dans la ville de Wuhan, en début d’année.

À présent, une seule personne de chaque famille sera autorisée à sortir une fois par jour pour acheter des produits de première nécessité tels que de la nourriture et des médicaments, a indiqué le groupe de travail de prévention des épidémies du comté, dans un communiqué.

Tests Covid-19 Pékin 28/06/2020

Des travailleurs médicaux effectuant des tests de dépistage COVID-19 à Pékin, le 28 juin 2020.

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Coronavirus : entre 2 et 8 % des patients infectés ne développent jamais d’anticorps

L’immunité conférée par une infection au coronavirus continue de diviser les scientifiques. Est-on réellement protégé après avoir été malade et combien de temps dure cette immunité ? Une nouvelle étude apporte quelques éléments de réponse.

Si vous avez été infecté par le coronavirus avec de faibles symptômes, ne vous réjouissez pas trop vite : vous pourriez bien ne pas être immunisé. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude (encore non publiée) parue sur le site medRxiv. Cette dernière a analysé le taux d’anticorps IgG (anticorps neutralisants) chez 177 patients diagnostiqués positifs au Covid-19 avec un test PCR, jusqu’à 60 jours après le test. D’après les résultats, entre 2 % et 8,5 % des malades ne développent jamais ces fameux anticorps — proportion évaluée selon la durée de suivi, variable d’un patient à l’autre.

La production d’anticorps est d’autant plus probable que les symptômes ont été forts. Les personnes ayant développé des infections sévères, les personnes âgées, obèses ou celles soufrant d’hypertension ont ainsi beaucoup plus de chances de développer des anticorps que les personnes asymptotiques. « Cela pourrait être dû au fait que la réponse immunitaire fonctionne de paire avec la réponse inflammatoire, ou qu’une charge virale plus élevée stimule davantage l’inflammation et la production d’anticorps », suggèrent les chercheurs.

Covid-19 & immunité

Est-on réellement protégé après avoir été infecté par le coronavirus SARS-CoV-2 et combien de temps dure cette immunité ? (Source : AFP)

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