Même dévastée, Beira veut relever le défi du changement climatique

La ville de Beira au Mozambique a été dévastée par le cyclone Idai. Les travaux de protection n’auront pas suffit à mettre à l’abri cette zone particulièrement vulnérable.

Depuis des années, Daviz Simango s’est dépensé sans compter pour protéger sa ville des effets du réchauffement climatique. Mais face au cyclone Idai, ses efforts n’ont pas pesé lourd. En quelques heures, Beira et son demi-million d’habitants ont été noyés.

Trois semaines après la catastrophe, le maire de la deuxième ville du Mozambique n’en revient toujours pas. « Les inondations, les pluies, les variations du niveau de la mer, la destruction des côtes, Beira a été confrontée toute son histoire aux changements de climat », confie Daviz Simango. « Mais des vents de cette force-là, on en avait jamais connus (…) pour nous, ce qui s’est passé est le pire désastre mondial ». Pour nombre de défenseurs de l’environnement, scientifiques ou dirigeants politiques, le passage du cyclone tropical Idai constitue en tout cas un avant-goût des menaces meurtrières que le changement climatique fait peser sur la planète.

Le 14 mars au soir, la cité portuaire de Beira et son centre à l’architecture coloniale « Art déco » ont été balayés par des trombes d’eau et des vents soufflant jusqu’à 240 km/h. Arbres, pylônes et toits arrachés, voitures retournées, quartiers entiers noyés… Les dégâts sont considérables. Le dernier bilan provisoire livré par les autorités faisait état de près de 600 morts et de centaines de milliers de sinistrés.

Beira après cyclone Idai

Vue générale de Beira au Mozambique après le passage du cyclone (Source : IFRC/Croix-Rouge).

Lire la suite

Publicités

Cyclone Idai : 162 morts au Mozambique et au Zimbabwe, routes et hôpitaux détruits

Le cyclone Idai qui a balayé en fin de semaine le Mozambique et le Zimbabwe, emportant routes, ponts, hôpitaux, écoles et au moins un barrage, a fait au moins 162 morts et endommagé ou détruit, selon la Croix-Rouge lundi, « 90% » de la deuxième ville mozambicaine de Beira.

Idai et ses vents d’une extrême violence associés à des pluies torrentielles se sont abattus sur le centre du Mozambique jeudi soir, avant de poursuivre leur course folle au Zimbabwe voisin. Selon un dernier bilan provisoire compilé lundi par l’AFP à partir de sources officielles, 73 personnes ont été tuées au Mozambique, dont 55 dans la seule ville portuaire de Beira (centre), et 89 au Zimbabwe, où les secours peinent à arriver dans certaines régions inondées.

Au Zimbabwe, « 89 personnes ont été tuées, 86 dans la région des Eastern Highlands, deux à Masvingo et une dans le Mashonaland est (est du Zimbabwe) », a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement, Nick Mangwana. « On a l’impression d’avoir affaire aux conséquences d’une guerre à grande échelle », a estimé le ministre actuellement en charge de la Défense, Perrance Shiri.

Au Mozambique, l’étendue des dégâts à Beira, ville d’un demi-million d’habitants, est « énorme et terrifiante », a prévenu la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), qui participe aux premières opérations de secours. « 90% de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

« Les moyens de communication ont été totalement coupés et les routes sont détruites », compliquant grandement les secours, a précisé Jamie LeSueur du FICR depuis Beira. Lundi, les rues de la ville étaient jonchées d’arbres déracinés, d’éclats de verre et de tôles emportées, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Ce cyclone a été extrêmement violent et a touché tout le monde. Il a détruit des familles, des maisons, il n’y a pas de mot pour décrire ça », a témoigné Mohamed Badate, 24 ans, employé d’un magasin de vêtements totalement dévasté. Dans la région, près de 10.000 personnes sont sinistrées après le passage du cyclone, 873 maisons ont été emportées, 24 hôpitaux détruits et 267 classes partiellement ou complètement englouties, selon un bilan lundi de l’Institut mozambicain de gestion des désastres.

Dans les deux pays, les autorités craignaient cependant que le bilan ne s’alourdisse, au fur et à mesure de la progression des opérations de secours et alors que les pluies continuaient. Au Mozambique, « plusieurs barrages ont lâché ou atteint leur niveau maximum », a mis en garde Emma Beaty de l’organisation non-gouvernementale Oxfam. Le président mozambicain Filipe Nyusi, en visite dans la région, a jugé « la situation critique ».

Au Zimbabwe, le pays n’a jamais connu de « destructions d’infrastructures d’une telle ampleur », a estimé pour sa part le ministre des Transports Joel Biggie Matiza. Les secours se concentraient lundi sur la ville de Chimanimani (est), où une école a été partiellement détruite par un glissement de terrain qui a fait au moins trois morts.

« Les enseignants et le personnel administratif de l’école font tous les efforts pour s’assurer que les enfants rentrent sains et saufs » chez eux, a témoigné un parent interviewé lundi par la chaîne publique de télévision ZBC. « Mais la situation empire », a-t-il ajouté, alors que les pluies continuaient de s’abattre dans cette région frontalière du Mozambique, où de nombreux ponts ont été emportés par les eaux déchaînées.

Devant l’ampleur des dégâts, le président Emmerson Mnangagwa est rentré lundi précipitamment d’un voyage aux Emirats arabes unis. « Notre nation est profondément endeuillée », a-t-il déclaré. « On me dit que ce n’est pas fini. L’armée fait tout ce qui est en son pouvoir pour atteindre les familles touchées », a-t-il assuré. L’association médicale du Zimbabwe (Zima) a elle lancé un appel aux volontaires pour venir en aide aux sinistrés et appelé aux dons de nourriture, d’eau, de gaz, de vêtements, de couvertures ou encore de tentes.

Les fortes pluies qui avaient précédé l’arrivée du cyclone avaient déjà fait au moins 122 morts au Mozambique et au Malawi voisin, qui a été épargné par Idai.

Source : Sciences & Avenir/AFP

Vous pouvez consulter, sur le site d’Archipel des Sciences, l’exposition « Face aux cyclones« , ainsi que la page Risques majeurs.

Des milliers de touristes fuient les îles de Thaïlande avant la tempête Pabuk

Des dizaines de milliers de touristes ont fui certaines des îles les plus populaires de Thaïlande à l’approche de la tempête tropicale Pabuk qui devrait provoquer vendredi dans le sud du royaume de fortes pluies, des vents violents et des vagues de plusieurs mètres.

Même si aucun ordre officiel d’évacuation n’a été donné, les vacanciers, très nombreux pendant les fêtes de fin d’année, ont commencé à évacuer mercredi alors que la tempête devrait notamment frapper vendredi après-midi les îles très touristiques de Koh Samui, Koh Phangnan et Koh Tao, situées dans le golfe de Thaïlande. « Entre 30.000 et 50.000 personnes sont parties depuis les fêtes du 31 décembre », a déclaré à l’AFP Krikkrai Songthanee, chef du district de Koh Phangnan. Le maire suppléant de Koh Tao, l’un des meilleurs sites de plongée d’Asie du Sud-Est, a pour sa part indiqué que les bateaux à destination de Chumpon, sur le continent, étaient remplis de touristes, même si plusieurs milliers d’entre eux ont décidé de rester.

À Koh Samui, un ressortissant russe de 56 ans, parti nager avec sa famille malgré les drapeaux rouges interdisant la baignade, s’est noyé, emporté par le courant, a indiqué le capitaine de police Boonnam Srinarat. Les autorités locales ont annoncé la mise en place d’abris pour ceux qui décideraient de rester alors que de nombreux touristes n’ont pu trouver un vol. Bangkok Airways, qui détient un quasi-monopole sur la liaison aérienne avec l’île, a annulé tous ses vols à destination de Samui vendredi.

Tempête Pabuk Thaïlande Lire la suite

Une île hawaïenne vient de disparaître

L’ouragan WALAKA a frappé de plein fouet l’archipel d’Hawaï au début du mois, faisant disparaître l’un des petits îlots du nord-ouest situé dans une gigantesque réserve naturelle inhabitée.

S’il arrive de temps à autre que des îles volcaniques éphémères apparaissent puis disparaissent, il est bien plus rare de voir un îlot séculaire, si ce n’est millénaire, rayé de la carte du jour au lendemain. C’est pourtant ce qui s’est passé dans l’archipel d’Hawaï au début du mois. Un minuscule havre de paix inhabité, nommé East Island, a été littéralement balayé par le puissant ouragan WALAKA.

Ce minuscule morceau de terre fait, ou plutôt faisait, partie du Banc de sable de la Frégate française, un petit atoll dans lequel l’explorateur Jean-François de La Pérouse avait failli perdre deux navires en 1786 (ce qui lui vaut son nom, bien qu’il s’agisse d’un territoire américain). Si un aéroport militaire, qui sert désormais de piste d’atterrissage d’urgence, avait été construit sur l’île principale, l’archipel n’est plus habité depuis longtemps. Il fait désormais partie de la gigantesque réserve de faune et de flore marine des îles nord-ouest d’Hawaï, renommé «Monument national marin de Papahānaumokuākea» en 2006.

East Island Hawaï

East island a littéralement été rayée de la carte par l’ouragan WALAKA au début du mois (Source : US Fish and Wildlife Service).

Lire la suite

La tempête VICENTE et l’ouragan WILLA, de catégorie 4, s’approchent du Mexique

Un ouragan de catégorie 4 ainsi qu’une tempête tropicale devraient toucher le Mexique les 23 et 24 octobre 2018.

L’ouragan WILLA, qui se dirige vers le nord-ouest du Mexique depuis le Pacifique, a légèrement perdu de sa force en fin de journée le 22 octobre 2018, passant en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson (échelle de 1 à 5), mais reste « extrêmement dangereux », selon le Centre américain des ouragans (NHC). L’ouragan avait été classé quelques heures plus tôt en catégorie 5 – la plus élevée – avant de perdre un peu de sa puissance. A 18h00 locales (00h00 GMT), l’ouragan se trouvait à environ 160 kilomètres des côtes mexicaines et ses rafales de vents pouvaient localement atteindre 240 km/heure. WILLA, qui se déplaçait à la vitesse de 13 km/heure, devrait accélérer pour toucher les côtes mexicaines « dans l’après-midi ou la nuit » du 23 au 24 octobre 2018.

Dans les zones côtières des trois Etats de Sinaloa, Jalisco et Nayarit, les écoles ont été fermées lundi 22 octobre et des messages de prévention étaient transmis à la population. Le gouverneur du Jalisco, Aristoteles Sandoval, a ordonné l’évacuation des hôtels de la station balnéaire de Puerto Vallarta, très appréciée notamment des touristes nord-américains. L’ouragan pourrait être « très destructeur », a prévenu M. Sandoval. « Nous avons déjà préparé de la nourriture et des abris, les services d’urgence locaux et nationaux sont préparés », a-t-il ajouté.

Ouragan WILLA

L’ouragan WILLA s’approchant des côtes mexicaines (Source : NOAA).

Lire la suite

Des rafales à 176km/h pour la tempête LESLIE, qui a occasionné de violents dégâts au Portugal

Dans la péninsule ibérique, LESLIE a muté en une tempête post-tropicale. Selon les registres météorologiques, il s’agit du plus puissant cyclone à atteindre le Portugal depuis 1842.

Le 14 octobre 2018, tôt le matin, la tempête LESLIE a frappé le Portugal avec des pointes record où le vent a atteint la vitesse de 176 km/h, arrachant des arbres et privant provisoirement d’électricité des centaines de milliers de personnes. La tempête a ensuite poursuivi son chemin dans le nord de l’Espagne, où elle a baissé en intensité. L’ouragan, présent dans l’océan Atlantique depuis le 23 septembre 2018, s’est transformé en tempête post-tropicale à son arrivée sur les côtes portugaises dans la nuit du 13 au 14 octobre 2018. On parle de tempête post-tropicale lorsqu’un cyclone s’éloigne des tropiques (c’est le cas lorsqu’il atteint l’Europe), et que sa vitesse moyenne est tombée sous les 117 km/h. Au Portugal, les autorités avaient placé la plupart du territoire en alerte rouge, recommandant de s’éloigner des zones côtières et d’éviter de quitter son domicile.

Malgré sa rétrogradation au rang de tempête post-tropicale, une rafale de vent de 176 km/h a été enregistrée près de Figueira da Foz (centre du pays). Elle a établi un nouveau record historique pour le Portugal, a annoncé l’institut météorologique national. Selon le dernier bilan officiel, ces intempéries ont fait 28 blessés légers et une soixantaine de personnes ont dû être relogées. Une information de source locale qui avait fait état d’un mort a par la suite été démentie par le service des urgences médicales (INEM). Au total, près de 2.500 incidents ont été signalés, en majeure partie provoqués par des arbres arrachés ou des toitures endommagées par la violence des rafales de vent.

De nombreux foyers – soit 324.000 personnes – ont également subi des coupures d’électricité. « Le plus grand danger est passé. Le phénomène a surtout affecté les régions du littoral du centre et du nord du pays », a déclaré dimanche matin à la presse le commandant de la protection civile portugaise, Luis Belo Costa.

Leslie Figuera da foz

Une maison endommagée par la tempête post-tropicale Leslie, à Figueira da Foz, au Portugal (Source : AFP).

Lire la suite

Onze morts et scènes de désolation après le passage de l’ouragan Michael

L’ouragan MICHAEL, qui a causé la mort d’au moins 11 personnes, a laissé dans son sillage des scènes de désolation, certaines localités de Floride ressemblant à un champ de ruines avec des maisons aplaties, des arbres arrachés, alors que les opérations de sauvetage se poursuivaient vendredi. Rétrogradé en simple tempête, MICHAEL s’éloignait des côtes américaines mais les autorités craignaient un bilan plus lourd.

Au moins quatre personnes sont mortes en Floride où le cyclone s’est fracassé mercredi sur ses côtes, charriant alors des vents à 250 km/h. « Mon sentiment est qu’ils vont trouver davantage de victimes », a estimé vendredi sur CNN Marco Rubio, sénateur de Floride. Même crainte du côté de l’agence de gestion des situations d’urgence. « Je m’attends à ce que le bilan augmente aujourd’hui et demain à mesure que nous circulons à travers les débris », a confié, également sur CNN, le patron de la Fema, Brock Long.

Les secours sont notamment à pied d’œuvre à Mexico Beach, petite cité balnéaire du « Sunshine State », totalement ravagée par MICHAEL. Vidée de ses habitants, la ville ressemblait à un champ de ruines, les images aériennes montrant des maisons soufflées par la force des vents. On n’entend plus que les alarmes anti-incendies et les engins de chantier qui déblayent les voies d’accès, a constaté un journaliste de l’AFP.

Malgré les consignes d’évacuation qui ont probablement sauvé de nombreuses vies, certains habitants de Mexico Beach étaient restés. Les survivants ont raconté l’enfer. « On a eu très peur, on n’avait jamais vu quelque chose comme ça », a confié à l’AFP Rose Loth, 53 ans. « C’était lugubre, sombre, terrifiant, on avait l’impression que ça ne s’arrêterait jamais », a abondé Joyce Overstreet, 61 ans, propriétaire d’une société de fabrication de métaux.

Mexico Beach 11/10/2018

Vue de Mexico Beach, localité de Floride ravagée par l’ouragan Michael, photographiée le 11 octobre 2018 (Source : US Coast Guard/AFP).

Lire la suite