Le Piton de la Fournaise à nouveau en éruption

Après quelques signes sismiques, l’emblématique volcan de La Réunion est entré en éruption dans la nuit du 13 au 14 juillet 2017. Sa dernière colère datait de mai 2017.

Le Piton de la Fournaise, le célèbre volcan de l’île de La Réunion, est entré en éruption dans la nuit du jeudi 13 juillet 2017 après avoir laissé paraître des signes avant-coureurs comme plusieurs dizaines de petites secousses sismiques ces derniers jours. Selon les volcanologues de l’OVPF, l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise : « l’éruption a lieu sur le flanc sud du volcan à l’intérieur de l’Enclos », la caldera centrale du volcan dans une zone totalement inhabitée du sud-est de l’île. Elle ne présente donc aucun danger pour la population.

La dernière éruption du Piton de la Fournaise remontait au mois de mai 2017 et il y a également eu au début de l’année, en janvier, une autre éruption. Le Piton de la Fournaise est l’un des plus actifs au monde et entre en moyenne en éruption tous les 8 mois depuis 1640, selon l’OVPF.

Eruption Piton de la Fournaise 15/07/2017

Le Piton de la Fournaise est à nouveau en éruption depuis vendredi 14 juillet (Source : AFP).

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Comment naît une île ?

La tectonique des plaques, le volcanisme ou la montée des eaux peuvent être à l’origine de l’émersion d’une île. De la Barbade à la Grande-Bretagne en passant pas la Corse, chacune a son histoire particulière.

Le 20 janvier 2011, en mer Rouge, des pêcheurs médusés observent des fontaines de lave, hautes de 30 mètres, jaillir des entrailles de la mer… L’avant-veille, celle-ci était d’huile ! En l’espace de trois semaines, la lave s’est solidifiée et l’archipel yéménite des Zubair comptait une nouvelle île de 710 m de longueur pour 530 m de largeur. Un miracle ? Non : l’archipel est situé au-dessus du rift, une zone où la plaque arabique s’écarte de la plaque africaine à la vitesse de 5 centimètres par an. L’espace ainsi ouvert est comblé par l’épanchement du magma qui remonte depuis le plancher océanique jusqu’à la surface de l’eau.

La naissance d’une île n’est pas un phénomène aussi rare qu’on pourrait le penser. En 2015, c’est au beau milieu du Pacifique qu’un confetti de terre a surgi des flots. Mais cette fois, c’est une zone de subduction entre les plaques Pacifique et Philippines qui fut à l’origine du phénomène : la plaque océanique a aussi plongé sous la plaque continentale. L’océan étant peu profond, le cône du volcan qui s’est formé à l’aplomb a émergé.

Nouvelle île Zubair

Nouvelle île dans l’archipel Zubair en mer Rouge.

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Dinosaures : un volcanisme massif au Trias expliquerait leur domination

Des données géochimiques confirment année après année le lien entre de massives éruptions volcaniques à la fin du Trias et la grande crise biologique qui est survenue il y a environ 201 millions d’années. Des événements qui auraient favorisé l’essor des dinosaures.

Les spécialistes en géosciences s’accordent généralement pour penser que les dinosaures ont disparu sous l’effet conjoint des éruptions volcaniques du Deccan en Inde et de l’impact d’un petit corps céleste d’une dizaine de kilomètres au Yucatan. Mais quand il s’agit de déterminer l’importance de chacun de ces événements, ils divergent. Quant à la question de savoir comment, exactement, la grande extinction du Crétacé s’est produite, c’est-à-dire comment les écosystèmes et les espèces qui les constituent se sont effondrés dans le détail, les réponses données sont partielles et problématiques.

L’une des stratégies pour essayer d’y voir plus clair est de s’intéresser aux causes ainsi qu’au déroulement des autres grandes extinctions. Paradoxalement, il semble de plus en plus clair que la domination des dinosaures et leur formidable succès évolutif a en partie été rendu possible du fait de grands épanchements magmatiques similaires à ceux des Deccan, dont l’éruption fissurale qui s’est produite en Islande il y a quelques années peut nous en donner une idée.

En effet, il y a environ 200 millions d’années, une grande crise biologique s’est produite à la fin du Trias. La moitié des espèces animales ou végétales se sont alors éteintes en peu de temps, laissant vacantes de nombreuses niches écologiques que ne vont pas tarder à occuper en masse les dinosaures.

Essor dinosaures Trias

Suite à d’importantes éruptions volcaniques, les dinosaures ont pris leur essor.

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La huitième merveille du monde serait enfouie sous les cendres d’un volcan néozélandais

En Nouvelle-Zélande, deux chercheurs affirment pouvoir dégager les « terrasses roses et blanches » de l’île du Nord, un site célèbre au dix-neuvième siècle, considéré comme une merveille du monde mais qui a disparu après une éruption volcanique.

Deux scientifiques, indépendants et passionnés, mènent depuis plusieurs années des recherches pour retrouver les magnifiques terrasses roses et blanches du lac Rotomahana, sur l’île du Nord, en Nouvelle-Zélande. Célèbres à la fin du dix-neuvième siècle parmi les riches touristes européens, ces formations, distantes de 800 m et engendrées par une source hydrothermale, étaient appelées par les habitants Maori, Te Otukapuarangi (« la Fontaine du ciel nuageux ») et Te Tarata (« la Roche tatouée », selon ces chercheurs), pour, respectivement, les sites des terrasses roses et blanches.

Formées par la précipitation des minéraux contenus dans l’eau ruisselante, elles offraient une cascade de piscines chauffées, descendant jusqu’à une quarantaine de mètres de la rive du lac. Le spectacle, apparemment superbe, devait ressembler à celui de Pamukkale (« château de coton »), en Turquie, et constitué de concrétions calcaires, ou travertins. Les terrasses néozélandaises, elles, étaient siliceuses et enrichies en minéraux un peu différents, qui teintaient l’un des sites en rose et produisaient dans l’autre un blanc immaculé. La naissance de ces structures n’est cependant peut-être pas totalement élucidée puisque l’on sait depuis quelque temps que des micro-organismes thermophiles peuvent contribuer à la formation des travertins.

Terrasses disparues Nouvelle-Zélande

Les terrasses roses peintes par Charles Blomfield en 1886.

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Les laves de la naissance de la Terre pourraient encore couler

Tout comme les continents, les océans et son atmosphère, l’intérieur de la Terre évolue. Pour cette raison, les géologues pensaient que depuis environ 2,5 milliards d’années, certaines laves appelées komatiites n’étaient plus crachées par des volcans. Une équipe vient pourtant d’en trouver, âgées d’environ 90 millions d’années seulement. Une découverte qui suggère qu’elles pourraient encore couler aujourd’hui.

La Terre est une usine chimique qui a engendré une grande variété de roches et bien sûr la vie elle-même. Comme toutes les usines chimiques, c’est aussi une machine thermique et les principes de la thermodynamique imposent donc qu’elle ait une histoire thermique. Celle-ci commence avec un formidable réservoir de chaleur constitué en partie par l’accrétion de la matière lors de sa formation et qui provient également d’un stock d’éléments radioactifs (surtout le potassium, le thorium et l’uranium) donc certains sont dus à l’explosion de Coatlicue, l’étoile mère du Soleil.

Ces éléments continuent à fournir de la chaleur à la Planète bleue mais celle-ci ne s’en refroidit pas moins et nous savons donc que son manteau devait être plus chaud pendant l’Hadéen et aussi, bien sûr, durant l’Archéen, l’éon qui lui a succédé il y a 4 milliards d’années pour prendre fin il y a 2,5 milliards d’années. Les mouvements de convection devaient y être plus intenses pendant ces premiers milliards d’années et cela pose des questions sur la date du démarrage de la tectonique des plaques et surtout sur sa nature. Les chercheurs pensent que les plaques devaient être plus petites, plus nombreuses et animées de mouvements de dérive plus rapides que ceux mesurés avec les continents aujourd’hui.

Ce qui est certain par contre c’est que des laves particulières et plus chaudes coulaient pendant l’Archéen. En se refroidissant, elles ont donné des roches ultramafiques à olivine et pyroxène que l’on appelle des komatiites (du nom de la rivière Komati, en Afrique du Sud, où elles sont bien visibles ce qui a permis leur identification à la fin des années 1960). Elles intéressent non seulement les géologues, car elles sont souvent associées à d’importants gisements de nickel, mais aussi les astrobiologistes. Elles sont identifiées facilement parce qu’elles cristallisent vite en donnant des olivines avec une texture dendriforme caractéristique appelée texture spinifex (les minéraux sont en forme de baguettes).

Fontaine de lave Hawaï

Fontaine de lave à Hawaï.

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Surprise : une chaleur très élevée dans une faille sismique néozélandaise

En Nouvelle-Zélande, les géologues sont tombés sur une grosse surprise en forant le sol de l’île sud, au niveau de la célèbre faille alpine. Les températures, très élevées, y atteignent 100 °C à moins de 700 m de profondeur, ce qui n’arrive que près d’une activité volcanique. Or, il n’y en a pas. Les caractéristiques de l’endroit peuvent expliquer cette anomalie, qui est aussi une aubaine. Cette trouvaille est vue comme une source d’énergie géothermique, un cadeau de la nature qui ne se refuse pas.

Des chercheurs ont relevé des températures et des pressions « extrêmement élevées » sur la faille dite alpine en Nouvelle-Zélande, selon une étude publiée dans la revue Nature. « Les températures sont aussi hautes que celles trouvées près des volcans actifs alors qu’il n’y en a pas à proximité », explique à l’AFP Rupert Sutherland de l’université Victoria de Wellington.

Les forages ayant conduit à cette découverte ont été réalisés à Westland en Nouvelle-Zélande sur cette importante faille marquant la frontière entre les plaques tectoniques pacifique et australienne. Traversant la quasi-totalité de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande et longue de plus de 450 km, la faille alpine est connue pour provoquer de violents tremblements de terre de magnitude 8 tous les 300 ans. Le dernier datant de 1717, les chercheurs s’attendent à un nouveau séisme dans les prochaines décennies.

Nouvelle-Zélande

Dans le Pacifique sud, la Nouvelle-Zélande se situe sur une zone sismique, entre deux plaques tectoniques.

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250.000 ans d’histoire dans les sédiments d’un lac

En étudiant des carottes sédimentaires prélevées au fond du lac de Van en Turquie, il est possible d’expliquer les énormes variations de niveau observées ces 250.000 dernières années.

En 2010, une équipe internationale de recherche a prélevé des carottes sédimentaires au fond du lac de Van, en Turquie. C’est un lac salé d’origine volcanique sans débouché, qui reçoit l’eau de nombreux petits cours d’eau qui descendent des montagnes environnantes. Il fait 120 km de long, 80 km de large et 171 m de profondeur en moyenne.

Il n’a pas gelé pendant les grandes glaciations et ses sédiments ont non seulement enregistré les cycles saisonniers mais aussi les éruptions volcaniques, les séismes, les périodes de réchauffement et de refroidissement du climat et bien d’autres évènements environnementaux.

Des chercheurs suisses de l’université de Berne et de l’Institut fédéral de recherche aquatique (Eawag) ont étudié les différences de concentration en sels dans l’eau interstitielle contenue dans les carottes sédimentaires. Ils ont pu en déduire les variations du niveau de l’eau jusqu’à 250 000 ans en arrière sachant que la quantité absolue de sel dissoute dans le lac reste toujours sensiblement la même.

Lac de Van Turquie

Lac de Van en Turquie

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