Indonésie : alerte aérienne après une nouvelle éruption du Sinabung

Le volcan indonésien du mont Sinabung est à nouveau entré en éruption jeudi, avec une série d’explosions qui ont envoyé des cendres à deux kilomètres de haut, déclenchant une alerte aérienne et des craintes de coulées de lave.

Il s’agit de la huitième éruption en moins d’une semaine de ce volcan situé sur l’île de Sumatra mais aucune victime ni dégât majeur n’ont été signalés. La dernière éruption meurtrière du volcan remonte à 2016.

Les autorités ont émis une alerte pour les avions circulant près du volcan. « La possibilité d’autres éruptions existe et les compagnies aériennes se voient demander d’être en alerte », a expliqué Raditya Jati, un porte-parole de l’agence chargée des catastrophes naturelles.

Eruption Mont Sinabung Indonésie 13/08/2020

Des villageois observent l’éruption du volcan indonésien du mont Sinabung le 13 août 2020 depuis la localité de Karo, sur l’île de Sumatra (Source : AFP).

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L’origine de la « Terre boule de glace » enfin comprise ?

Dans le monde scientifique, existe l’hypothèse de la « Terre boule de glace ». Loin d’être farfelue, celle-ci pourrait bien avoir une origine à laquelle personne n’avait songé jusqu’alors…

Les scientifiques pensent que la Terre a connu plusieurs épisodes de glaciation presque totale. Entre -2,4 milliards d’années et -635 millions d’années. Cette hypothèse, nommée Snowball Earth (Terre boule de glace), est bien admise, bien qu’elle ne fasse pas l’unanimité. Notamment car certaines questions demeurent sans réponses. Le MIT suggère, au travers d’une étude parue dans Proceedings of the Royal Society, que ces glaciations ne seraient pas advenues à cause d’une diminution trop importante des températures – due à une moindre entrée des rayons du soleil ou à un niveau de CO2 atmosphérique trop bas – mais en raison d’une diminution trop rapide de celles-ci.

Jusqu’à présent, il était supposé que ces glaciations auraient été déclenchées par le passage de seuils. Que certains processus auraient conduit à abaisser la quantité de rayonnement solaire entrante, par exemple via des éruptions volcaniques ou la formation de nuages obstruant le ciel. Pour en avoir le cœur net, des scientifiques ont conçu un modèle mathématique simplifié du système climatique de la Terre.

Ce modèle représente les relations entre le rayonnement solaire entrant et sortant, la température de surface de la Terre, la concentration de CO2 atmosphérique, ainsi que les effets de l’altération sur l’absorption et le stockage de ce CO2 atmosphérique. L’ensemble de ces équations mathématiques donnent une idée des conditions qui peuvent provoquer une Terre boule de glace.

Terre boule de neige

Terre boule de neige

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Voici comment les écoulements pyroclastiques des volcans provoquent de redoutables tsunamis

Les tsunamis, quand ils ne sont pas provoqués par des séismes sous-marins, peuvent tirer leurs origines des écoulements pyroclastiques, ces « avalanches » de roches et de gaz volcaniques qui dévalent les flancs d’un volcan côtier en éruption. L’impact et la dynamique de l’entrée en mer de ces coulées ont été étudiés car ce type de tsunamis, moins fréquents, causent néanmoins d’importants dégâts humains et matériels en raison de la proximité des zones densément peuplées.

Les écoulements pyroclastiques sont des mélanges de gaz et de particules (fragments de lave solidifiée) à haute température provoqués par l’effondrement d’un dôme de lave ou d’une colonne éruptive. Ces écoulements sont très mobiles et peuvent rapidement atteindre des zones situées à plusieurs kilomètres des centres éruptifs. Des exemples récents montrent que des tsunamis volcaniques peuvent être générés lorsque ces écoulements entrent dans la mer (ex. Montserrat 1997 et 2003, Stromboli 2019).

Le nouveau dispositif expérimental construit au LMV (Laboratoire Magmas et Volcans) permet de générer un écoulement granulaire fluidisé qui vient impacter l’eau à grande vitesse. Chaque expérience est filmée à partir de caméras à haute vitesse (250 images par seconde). L’objectif est de déterminer l’influence des différents paramètres dans la génération des tsunamis.

Ecoulement pyroclastique & tsunami

Les écoulements pyroclastiques lors des éruptions volcaniques génèrent des tsunamis.

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Un ancien volcan est-il en train de se réveiller en plein cœur de l’Europe ?

L’ancienne zone volcanique de l’Eifel, à la frontière allemande, montre des signes d’activité de plus en plus probants. Le sol s’élève dix fois plus rapidement que la normale et le terrain s’étire horizontalement. Ces mouvements seraient liés à un panache, où les roches du manteau remontent à la surface.

Les volcans d’Auvergne, dans le massif central, se sont éteints il y a plus de 8.000 ans. Et mis à part l’Italie et l’Islande, il ne reste plus guère de volcans actifs en Europe. Mais voilà qu’une ancienne région volcanique située dans l’une des zones les plus densément peuplées montre des signes d’activité inhabituels. L’Eifel, une région à l’ouest de l’Allemagne et bordant les frontières belge et luxembourgeoise, serait en train de s’élever jusqu’à 1 millimètre par an selon une étude parue dans le dernier numéro de la revue Geophysical Journal International. Cela peut sembler insignifiant, mais à l’échelle des temps géologiques, c’est énorme. Et c’est surtout dix fois plus rapide que la moyenne des 800.000 dernières années. « Aucune autre région du nord-ouest de l’Europe ne présente un tel niveau d’élévation verticale », appuie Corné Kreemer, l’auteur principal de l’étude.

La dernière éruption dans l’Eifel remonte pourtant à plus de 11.000 ans. Mais, depuis quelques années, plusieurs indices ont mis les scientifiques sur leurs gardes. Des dégagements de gaz et des mini tremblements de terre à basse fréquence sous le lac de Laach, le plus grand maar de l’Eifel occupant le cratère d’un ancien volcan, ont récemment été enregistrés. Des élévations de terrain inhabituelles ont également été mesurées dans plusieurs régions aux alentours, mais ces observations étaient jusqu’ici limitées et il était difficile de savoir si elles étaient liées à une activité volcanique ou à une instabilité locale du sol.

Lac de Laach

Le lac de Laach, un maar issu d’une ancienne éruption volcanique.

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Le volcan sous-marin le Kick’em Jenny montre des signes d’activité

L’activité sismique du volcan sous-marin, le Kick’em Jenny situé à Grenade augmente. Cependant, le niveau d’alerte reste à jaune avec une zone d’exclusion de 1,5 kilomètre autour du sommet du volcan.

Le Kick’em Jenny est un volcan sous-marin des Antilles situé dans la mer des Caraïbes à huit kilomètres au nord de l’île de la Grenade et à huit kilomètres à l’ouest de l’île Ronde dans les Grenadines. Ces derniers jours, il a montré des signes d’activité. Actuellement, le niveau d’alerte est à jaune avec une zone d’exclusion de 1,5 kilomètre autour du sommet du volcan.

Cependant, avec l’augmentation de l’activité du volcan, le NADMA (Agence Nationale de Gestion des Catastrophes) demande aux marins d’être très prudents et vigilants lors de la traversée de cette zone. Selon le NADMA, qui dit augmentation d’activité sismique dit augmentation d’émission de gaz ce qui peut réduire la densité de l’eau autour du sommet.

Kick 'em Jenny

Le Kick ’em Jenny au nord de Grenade.

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L’azote atmosphérique ne vient pas des volcans

Il pourrait provenir de comètes qui ont bombardé la Terre il y a environ 3,8 milliards d’années. Une nouvelle donne.

L’azote, qui compose 78% de l’atmosphère terrestre, ne serait pas issu de l’intérieur de la Terre au gré des éruptions volcaniques, comme les géochimistes le pensaient jusqu’ici. C’est la surprenante conclusion d’un travail, publié dans la revue Nature, mené par une équipe internationale qui a utilisé le très grand spectromètre de masse de l’université de Californie à Los Angeles (États-Unis), un instrument hypersensible de 12 mètres de long. Un travail qui les oblige désormais à chercher une nouvelle origine pour cet élément.

Rappelons que le gaz émis par les volcans est composé de 99 % de CO2, pour à peine 0,1 % d’azote (ou plutôt de diazote, N2, la molécule formée de l’association de deux atomes d’azote). Même si ce dernier est donc très minoritaire, la Terre a connu des épisodes si intenses de volcanisme au cours de son histoire qu’ils paraissaient susceptibles de rendre compte de l’abondance actuelle de l’azote dans l’atmosphère. Mais comment s’en assurer ?

Gaz Yellowstone

L’analyse d’échantillons de gaz prélevés dans plusieurs sites volcaniques terrestres (ici celui de Yellowstone, aux États-Unis) a montré que plus de la moitié de l’azote des volcans provient de l’air et non l’inverse.

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L’origine mystérieuse des étonnantes laves carbonatées du Lengaï dévoilée

Les carbonatites sont d’étranges laves qui bien que très rares existent à la surface de la Terre depuis des milliards d’années. Un seul volcan actif connu les produit encore en Tanzanie, l’Ol Doinyo Lengaï. On comprend mieux l’origine de cet étonnant volcanisme issu du manteau de notre Planète bleue. Elle est liée à la subduction de carbonates marins.

Au milieu des années 1990, les regrettés volcanologues Maurice et Katia Krafft ont projeté un film à leurs collègues lors d’un colloque en leur demandant d’essayer de deviner d’où provenaient les images et ce qu’elles représentaient. Si l’on n’est pas particulièrement passionné de volcans, au-delà des images qui s’imposent dans l’actualité comme au moment des éruptions du Bardarbunga et de l’Eyjafjöll en Islande ou à Hawaï cette dernière décennie, on peut se faire une idée de leur probable perplexité en regardant la vidéo prise au sommet de l’Ol Doinyo Lengaï, un volcan de la vallée du rift est-africain, au nord de la Tanzanie.

Le nom de Ol Doinyo Lengaï signifie « Montagne de Dieu » dans le langage des tribus Massaï qui peuplent la région. Il s’élève à plus de 2.000 mètres au-dessus du sol de la vallée jusqu’à une altitude approximative de 2.886 mètres. Croyez-le ou non mais ce qui semble être des coulées de boues sont en réalité des coulées de laves que l’on appelle des natrocarbonatites. Elles sont extrêmement fluides car leur viscosité est tout aussi extrêmement faible. Elles ne sont pas incandescentes et pour cause, leurs températures sont comprises entre 540 à 593 °C alors que des coulées basaltiques ont des températures d’au moins 1.100 °C.

Lave Ol Doinyo Lengaï

Coulées de carbonatites refroidies du volcan Ol Doinyo Lengaï, Tanzanie (Source : Thomas Kraft).

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Deux anciennes super éruptions cataclysmiques découvertes à Yellowstone

Yellowstone, aux États-Unis, cache encore bien des secrets aux chercheurs. Pour preuve, ceux-ci ont récemment découvert les traces de deux super-éruptions, survenues il y a plus de 8 millions d’années, cachées aux yeux de tous.

Les super éruptions volcaniques font partie des événements les plus violents dont la Terre ait pu, et puisse encore, être témoin. Elles surviennent lorsque le magma du manteau remonte vers la croûte terrestre mais ne parvient pas à en percer la surface. La chambre magmatique peut alors s’étendre sous la surface, causant des fissures dans la croûte ou faisant monter la pression jusqu’à ce que celle-ci éclate dans une formidable explosion. Bien que l’on associe souvent ces super éruptions à la chute de météorites, elles peuvent également survenir spontanément.

Récemment, les chercheurs ont identifié deux super éruptions associées au point chaud de Yellowstone (situé sous la caldeira principale), qui alimente ses célèbres geysers et autres fumerolles. « Nous avons découvert que les dépôts attribués à plusieurs éruptions de taille modérée étaient en réalité de colossales plaques de matériau volcanique issu de deux super éruptions inconnues, survenues il y a environ 9 et 8,7 millions d’années », explique Thomas Knott, auteur principal de l’étude parue sur le site GeoScienceWorld.

Yellowstone

Le Yellowstone (États-Unis) est le plus ancien parc naturel au monde. Il contient deux tiers des geysers de la Planète et de nombreuses sources d’eau chaude. Il se trouve sur un plateau à 2.400 mètres d’altitude. (Source : Jim Peaco/National Park Service)

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18 mai 1980, le jour où le volcan mont Saint Helens a explosé

Survenue il y a 40 ans aujourd’hui, l’éruption du mont Saint Helens aux États-Unis est l’une des éruptions les plus dévastatrices de l’histoire moderne de l’humanité. Une éruption d’une puissance colossale qui a rayé 600 km2 de la carte. Un événement qui a permis aux chercheurs d’acquérir de nombreuses connaissances utiles à prédire ce genre d’éruptions.

C’était le 18 mai 1980, à 8 h 32, heure locale. Un tremblement de terre de magnitude 5,1 sur l’échelle de Richter secoue la face nord du mont Saint Helens, un stratovolcan actif situé dans l’État de Washington aux États-Unis, quelque part entre Seattle et Portland. Le flanc du volcan cède. Près de 3 km3 de roche s’en détachent en un impressionnant glissement de terrain qui progresse à 250 km/h. Il recouvre tout sur son passage d’une couche de gravats allant par endroits jusqu’à 150 mètres d’épaisseur.

Dans le même temps, le magma jusqu’alors emprisonné explose. La quantité d’énergie dégagée est colossale : l’équivalent de 100 bombes atomiques ! La déflagration est entendue jusqu’en Californie, à environ 300 km de là. Le souffle est dévastateur. Le sol est littéralement arraché. Des millions d’arbres et de poissons, des dizaines de milliers d’oiseaux et des milliers de grands animaux sont déchiquetés. Sur une surface de 600 km2 !

En moins de 15 minutes, des cendres et des gaz s’élèvent jusqu’à plus de 20 km de haut. Un incroyable nuage qui se déplace à plus de 500 km/h. La chaleur extrême qui se dégage fait fondre la neige. Des boues déferlent alors sur les vallées environnantes. Routes, ponts, maisons sont détruits par ce que les spécialistes appellent un lahar aux allures de tsunami.

Eruption Mont Saint-Helens

Après deux mois de tremblements de terre et de petites éruptions, le mont Saint Helens — ici vu du sud-ouest — a connu une éruption cataclysmique. C’était le 18 mai 1980. (Source : Robert Krimmel/U.S. Geological Survey)

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Première éruption de l’année 2020 pour le Piton de la Fournaise

L’un des volcans les plus actifs du monde est enté en éruption à la Réunion.

Le Piton de la Fournaise, le volcan de l’île de la Réunion est entré en phase éruptive, lundi 10 février 2020, pour la première fois de l’année, a annoncé la préfecture. Une importante crise sismique a débuté à 10H27 heure locale (07H27 heure de Paris) et « le trémor volcanique, synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface, (est) enregistré depuis 10H50 environ heure locale », a précisé la préfecture.

Située dans la caldeira du volcan, cette zone est totalement inhabitée il n’y a donc pas de danger pour les personnes et les biens. L’éruption a été constatée par une équipe de l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF). Les observateurs ont constaté « plusieurs fissures qui se sont ouvertes sur le flanc est du volcan entre la zone sommitale et 2.000 m d’altitude et des fontaines de lave qui ne dépassent pas 10 m de hauteur ».

Eruption Piton de la Fournaise 10/02/2020

Plusieurs fissures se sont ouvertes sur le flanc est du Piton de la Fournaise entre la zone sommitale et 2000 m d’altitude. Les fontaines de lave ne dépassent pas 10 m de hauteur. (Source : OVFP/IPGP)

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