Le manque d’eau fait mourir la mangrove australienne

En Australie, dans le Golf de Carpentaria, des conditions climatiques extrêmes ont fait mourir des milliers d’hectares de mangroves. Un milieu très prisé de nombreuses espèces.

Après les coraux victimes d’un épisode inédit de blanchissement, c’est au tour de la mangrove de subir de plein fouet les effets du réchauffement climatique en Australie. Un dépérissement inédit de par son ampleur a été constaté par des scientifiques de l’Université australienne James Cook. Les chercheurs expliquent qu’il s’agit du « plus grave, plus remarquable et plus étendu des cas de dépérissement de végétation de mangrove jamais signalé.

Entre la fin de 2015 et le début de 2016, de vastes étendues de végétations de marécages de mangroves sont mortes sur 1000 km de la rive australe du golfe de Carpentaria. » L’Australie qui compte 7% de l’ensemble de ces écosystèmes de marais marins, a vu périr quelques 7400 hectares. Ce qui correspond à 6% de la végétation de la zone de l’estuaire de la rivière Roper dans le Territoire du Nord, à l’est de Karumba dans le Queensland.

Si les travaux des chercheurs rappellent que la (les) cause (s) de ce dépérissement n’est (ne sont) pas entièrement connue (s), la période coïncide avec des événements météorologiques extrêmes. « À l’époque, est survenue une période anormalement longue de sécheresses sévères, de hautes températures sans précédent et d’une chute temporaire du niveau de la mer (20 cm) », précise l’étude.

Mangrove du Golfe de Carpentaria, Australie

Cette photo prise en 2016 par Norman Duke, chef du centre de recherches sur les mangroves de l’Université James Cook, montre l’étendue des dégâts dans le golfe de Carpentaria (Source : James Cook University/AFP).

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Chili : incendie spectaculaire dans les hauteurs de Valparaiso

Au moins dix-neuf blessés sont à déplorer à la suite d’un incendie qui s’est déclaré lundi dans une zone souvent ravagée par les flammes.

Un gigantesque incendie a commencé lundi 2 janvier à ronger des collines de Valparaiso, ravageant une centaine d’habitations au passage, selon les autorités chiliennes qui ont fait état d’au moins 19 blessés, dans un secteur où plusieurs sinistres ont déjà eu lieu ces dernières années.

Le feu, qui s’est déclaré au sud de Valparaiso, sur la commune de Laguna Verde, s’est ensuite répandu sur la zone de Playa Ancha, détruisant « 100 habitations sur les 500 » de ce secteur, a rapporté le vice-ministre de l’intérieur Mahmud Aleuy lors d’une conférence de presse qu’il a tenue à Santiago.

Dix-neuf personnes ont été blessées, souffrant pour la plupart de problèmes respiratoires, mais, « par chance, nous ne déplorons aucun décès », a-t-il ajouté. Une cinquantaine d’hectares sont déjà partis en fumée, selon la première estimation du Bureau national des situations d’urgence (Onemi).

Incendie Valparaiso 02/01/2017

Incendie sur les hauteurs de Valparaiso le 2 janvier 2017 (Source : AFP).

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En trente ans, le réchauffement climatique a doublé les feux de forêt aux Etats-Unis

A chaque grand feu de forêt, la question se pose du lien avec le changement climatique. Sans que jamais aucun chiffre ne puisse être donné. Dans une étude publiée lundi 10 octobre par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), des chercheurs américains estiment, pour la première fois, la part prise par l’élévation des températures dans l’augmentation récente de fréquence et d’intensité des incendies dans le Grand Ouest américain. En Californie, en juin et en juillet, ils ont provoqué de grandes évacuations ; près de 90 000 personnes ont dû abandonner temporairement leur logement.

Les conclusions des chercheurs sont éloquentes : au cours des trente dernières années, le réchauffement aurait été le principal contributeur à l’augmentation des superficies forestières parties en fumée dans l’ouest des Etats-Unis. La hausse des températures serait responsable « d’un doublement de la superficie totale de forêt brûlée depuis 1984 », écrivent les auteurs – l’équivalent de 40 000 kilomètres carrés cumulés depuis cette date. Soit, peu ou prou, la superficie de l’ancienne Aquitaine… Et ce, notent les auteurs, en dépit des sommes considérables investies par le gouvernement dans la lutte contre les incendies : plus de 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) en 2015.

Les causes de la contribution du réchauffement au risque d’incendies sont bien connues. Les auteurs mettent en avant la prévalence accrue de la sécheresse et l’allongement de la saison à risque – celle-ci est passée de dix-neuf jours au début de la période étudiée à vingt-huit jours en moyenne. Les variations de ces paramètres au cours de la période étudiée « permettent d’expliquer la grande majorité de la tendance observée », explique Park Williams, chercheur au Lamont-Doherty Earth Observatory (Université Columbia à New York) et coauteur de ces travaux.

En réalité, les auteurs ont probablement, de leur propre aveu, sous-estimé la contribution du changement climatique aux feux de forêt. En particulier, leur étude n’a pas tenu compte des insectes xylophages qui, grâce à l’augmentation des températures, peuvent s’installer à des latitudes plus hautes. L’augmentation de la mortalité des arbres due à ces ravageurs conduit à une accumulation de bois sec, présumée favorable aux départs de feu.

Incendie Californie 26/07/2016

Incendie en Californie le 26 juillet 2016 (Source : Los Angeles Time).

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La Californie face à une multiplication d’incendies dantesques

Vents violents, températures caniculaires et végétation desséchée contribuent à une série d’incendies dantesques en Californie forçant des dizaines de milliers de personnes à fuir les flammes.

« L’activité des feux a bondi ces dernières semaines, en nombre mais aussi en dangerosité », remarque Daniel Berlant, porte-parole de Calfire, l’agence de prévention et d’information californienne sur les incendies. Le redoutable feu de Blue Cut, dans la forêt nationale Angeles au sud de la Californie, ceux de Soberanes et Chimney au centre de cet Etat de l’ouest américain, le plus peuplé du pays, et enfin le « Clayton fire » au nord, font actuellement rage, déplaçant des communautés entières. Deux jours après avoir démarré pour des raisons encore inconnues, l’incendie de Blue Cut s’étendait sur 12.545 hectares et n’était maîtrisé qu’à 4%. Caractérisé par une vitesse fulgurante à cause de rafales de vent à 50 km/h, il semble « courir vers vous », remarque Michael Lopez, porte-parole d’Inciweb, site d’information sur les incendies.

Il a placé plus de 82.500 personnes sous ordre d’évacuation obligatoire, dont tous les habitants des petites villes de Wrightwood et Lytle Creek. Jeudi 18 août au soir, une petite partie des résidents d’Hesperia, Oak Hills ou de Phelan allaient être autorisés à retourner chez eux, a indiqué le bureau du shérif de San Bernardino. Beaucoup des évacués avaient trouvé refuge chez des proches. Alors que les motels de la région sont pleins, ou ont doublé leurs prix, et que les résidents n’ont pas le droit de retourner chez eux, certains se trouvent forcés de recourir aux centres d’hébergement d’urgence. Colette Martinez, 50 ans, réfugiée avec son mari et son fils dans le centre de la Croix-Rouge installé dans le lycée Sultana à Hesperia, oscillait entre soulagement d’être en sécurité et angoisse : « on ne sait pas si on aura une maison dans laquelle retourner », a-t-elle expliqué à l’AFP, les larmes aux yeux.

Incendie Californie 16/08/2016

Un incendie s’est déclaré dans la matinée, mardi 16 août, à l’est de Los Angeles (Source : AP).

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En Californie, un incendie entraîne l’évacuation de 82 000 personnes

L’incendie parti de Blue Cut, à l’est de Los Angeles, se propageait rapidement, mardi 16 août, entraînant l’évacuation de plus de 82 000 personnes, selon les autorités. Le gouverneur de la Californie a déclaré l’état d’urgence dans le comté de San Bernardino, à environ 100 kilomètres à l’est de Los Angeles, ce qui permet de mobiliser toutes les agences gouvernementales pour lutter contre les flammes. Plus de 34 000 bâtiments seraient menacés, selon le site d’information sur les incendies Inciweb.

Le brasier a démarré mardi vers 10 h 30 (heure locale) et a déjà brûlé plus de 3 600 hectares. Deux des sept cents pompiers mobilisés ont été légèrement blessés. Il présente « une menace immédiate pour le grand public, le trafic ferroviaire et les habitations (…) des environs », avertit Inciweb. Après cinq années d’une sécheresse record, le désert californien connaît une vague de chaleur avec des températures qui dépassent les 40 °C par endroits.

C’est la saison des incendies en Californie, et parallèlement à celui à Blue Cut, le nord de l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis faisait face à un autre brasier. A quelque 160 kilomètres au nord de San Francisco, région déjà durement touchée par un énorme incendie en 2015, les flammes terrorisent à nouveau la population depuis samedi 13 août.

Incendie Californie 16/08/2016

Un incendie s’est déclaré dans la matinée, mardi 16 août, à l’est de Los Angeles (Source : AP).

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Château d’eau de l’Afrique du Sud, le Lesotho souffre de la sécheresse

Le Lesotho, subit sa pire sécheresse depuis 35 ans, mais l’essentiel de ses abondantes réserves en eau est exporté en Afrique du Sud.

Mohlakoana Molise vit au-dessus de l’immense lac artificiel de Katse, véritable supplice de Tantale pour ce petit agriculteur : son pays, le Lesotho, subit sa pire sécheresse depuis 35 ans, mais l’essentiel de ses abondantes réserves en eau est exporté en Afrique du Sud. « C’est décourageant, parce que ça pourrait nous servir, on pourrait irriguer nos cultures quand il ne pleut pas. Si seulement ils pouvaient partager avec les villages… Mais ce n’est pas le cas », se lamente ce veuf de 65 ans. Emmitouflé dans une épaisse couverture marron, il trie un à un ses grains de maïs devant sa maison ronde au toit de chaume. L’opération ne sera pas longue cette année : il n’a récolté que deux gros sacs, au lieu d’une douzaine d’ordinaire.

A cause du phénomène climatique El Niño, qui bouleverse le régime des pluies, les récoltes de maïs au Lesotho se sont effondrées à 25 000 tonnes en 2016, contre 78 000 en 2015, d’après le Programme alimentaire mondial (PAM). Le petit royaume enclavé dans l’Afrique du Sud doit importer de la nourriture de son voisin, aussi affecté par la sécheresse, et le prix du maïs a déjà augmenté de 60% en un an. « En septembre, il ne nous restera plus rien », constate M. Molise. « Et je ne sais pas comment on pourra acheter à manger au magasin ».

En contrebas, l’immense lac bleu sombre le nargue entre les chaînes de montagnes brunes et pelées. Dans les années 1990, la vallée a été inondée au moment de la construction du barrage de Katse (centre) qui sert à produire de l’électricité et à approvisionner les villes de Pretoria et Johannesburg, au point que le Lesotho a été surnommé le château d’eau de l’Afrique du Sud. « Avant, en bas, il y avait des champs et des arbres, on pouvait cultiver du sorgho, des haricots, des légumes », se souvient Molise. « Depuis qu’il y a le barrage, même les pâturages, ce sont des déserts ».

Barrage de Katse

Barrage de Katse au Lesotho

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Les indicateurs clés du changement climatique ont atteint des niveaux record en 2015

Les températures, la montée des eaux et les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux record l’an dernier, faisant de 2015 la pire année de l’histoire moderne pour une série d’indicateurs clés sur le climat, révèle mardi 2 août un rapport international de référence.

Recul des glaces, sécheresse, inondations… c’est un sombre portrait de la Terre que donne le rapport annuel sur l’état du climat (« State of the Climate »), un document de 300 pages auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier.

Le phénomène météorologique El Niño, particulièrement vigoureux en 2015, a « exacerbé » la tendance au réchauffement l’an dernier selon les experts, qui notent que « la Terre a enregistré des records de chaleur pour la seconde année consécutive ».

Zone particulièrement sensible au changement climatique, l’Arctique a continué à se réchauffer et a atteint des « niveaux enregistrés en 2007 et 2011, soit des records depuis le début des relevés au début du XXe siècle, avec une augmentation de 2,8 °C depuis cette époque. »

Réchauffement climatique Lire la suite