Une grande partie de l’Europe est en proie à la sécheresse

L’Europe est loin d’être un continent aride ; pourtant, les phénomènes de sécheresse sont devenus récurrents dans une grande partie de l’Europe et se renouvellent d’année en année, touchant la France, l’Espagne, l’Allemagne, les pays baltes, la Pologne.

Depuis un an, la situation ne s’arrange pas en France comme en Europe. Plusieurs régions de l’Est et du Centre souffrent d’un criant manque de pluie, selon les services de météorologie. Et les températures élevées de juin ont aggravé la situation, notamment dans un large quart nord-est et sur la côte méditerranéenne. Dans les Vosges (Est), de plus en plus de sapins meurent sur pied, tués par la chaleur et la sécheresse de 2018 à laquelle a succédé le déficit hydrique de ce début d’été. Le vert de la forêt se teinte désormais de la couleur rouille des épines séchées.

Mardi, 61 départements sur les 96 de la France métropolitaine étaient placés en restriction d’eau, selon le site internet Propluvia, avec les interdictions en découlant : remplir les piscines, laver les véhicules en dehors des stations professionnelles, arroser, etc.

« Depuis septembre, le déficit pluviométrique reste de 20 % en moyenne sur la France », résumait récemment Météo France. Mais des zones de la Côte d’Azur atteignaient un déficit de pluie de 70 %, voire 90 %. Les quelques orages tombés depuis début juillet sur le Sud-Est de la France ne suffisent pas à imbiber les sols. Sans atteindre de tels déficits, l’Espagne a reçu environ 25 % de pluie en moins que la moyenne enregistrée entre 1981 et 2010. Et cette année est la 3e plus sèche enregistrée au XXIe siècle, selon l’agence nationale de météorologie Aemet.

Sécheresse Europe

Les phénomènes de sécheresse deviennent de plus en plus récurrents dans une bonne partie de l’Europe.

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Sécheresse : les forêts des Vosges sont en train de rougir

Non, il ne s’agit pas de l’été indien, cette période ensoleillée à l’automne lorsque la forêt se pare de rouge et d’or. Ces taches rouges sur tapis vert sont les conséquences de la sécheresse. De plus en plus de sapins des Vosges se meurent sur pied, la chaleur accélérant leur mort à grande vitesse. Tout un patrimoine forestier est en péril, appelant la mise en œuvre de mesures d’urgence.

Vert est la couleur qui domine sur les hauteurs de Masevaux dans le Haut-Rhin. D’habitude, et tout au long de l’année. Aujourd’hui, nul besoin d’aller très loin dans le bois pour découvrir des sapins aux épines couleur rouille, certains avec des pans d’écorce à terre. Ces arbres meurent de soif, victimes de la sécheresse de 2018. La canicule précoce et le déficit hydrique de ce début d’été ne font qu’accélérer le mécanisme. Ce constat augure du pire pour le printemps 2020 à venir, explique Cédric Ficht, directeur de l’agence de Mulhouse de l’Office national des forêts (ONF).

« On pense qu’on est au début du phénomène plutôt qu’au milieu », avec une fréquence accentuée de sécheresses importantes comme signe clair du réchauffement climatique, avertit le forestier. L’arbre peut mourir en quelques semaines dès que la cime commence à rougir, puis les sapinières affaiblies font la joie des parasites. «Je n’ai jamais vu la forêt comme ça », s’inquiète le maire de Masevaux, Laurent Lerch. Pour le natif de la commune, c’est un crève-cœur, un patrimoine qui disparaît.

En six mois, 100.000 m3 de sapins ont séché sur la moitié sud du Haut-Rhin. En Suisse, dans l’Ajoie, les hêtres ont déjà dépéri ou sont en passe de l’être sur une surface identique, a prévenu le canton du Jura que le gouvernement helvète décrit officiellement comme « catastrophe forestière » et qui parle d’un phénomène « grave et inédit ». La cause étant due à cette année 2018, la plus chaude de l’histoire ; cela ne manque pas d’inquiéter nos voisins et spécialistes suisses que l’extrême rapidité du dépérissement surprend et qui dépasse leurs projections.

Sapins rouges Vosges juillet 2019

La forêt vosgienne souffrant de sécheresse près de Masevaux (Source : AFP).

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Dans la région de Santiago au Chili, la sécheresse fait disparaître la nature et les hommes

Dans les environs de Santiago, le lac d’Aculeo, qui jadis attirait un foule de vacanciers, n’est aujourd’hui plus qu’une vaste étendue de terre craquelée.

Des squelettes de chevaux et de vaches, venus brouter les ultimes brins d’herbe, sont étendus sur le sol craquelé. Principale attraction touristique des environs de Santiago, le lac d’Aculeo a disparu, victime de la sécheresse et de la surconsommation d’eau.

Avec une superficie de près de 12 km2 et une profondeur d’environ six mètres, le lac fut pendant des décennies l’une des principales attractions touristiques de la capitale chilienne, située à 70 km de là. Chaque été, les 10.000 habitants de la région attendaient avec impatience l’arrivée des vacanciers qui venaient y nager ou pratiquer des sports nautiques. Hôtels, campings et restaurants ne désemplissaient pas.

Mais l’eau n’est aujourd’hui plus qu’un lointain souvenir. Le paysage se résume à un sol couvert de poussière, à des carcasses d’animaux, des bateaux abandonnés, des arbustes secs. Le soleil ardent de l’été austral frappe le sol aride qui libère une odeur de terre brûlée. La végétation disparaît jour après jour, pour ne laisser place qu’à un terrain craquelé. « Nous subissons la sécheresse depuis dix ans. Et maintenant le lac a disparu, il a emporté avec lui le tourisme, le camping, le business, tout », déplore Marcos Contreras, un employé du camping du village de Pintué, situé sur les berges de l’étendue d’eau. Ici plus de vacanciers, seulement des canoës qui prennent la poussière.

Lac d’Aculeo

Principale attraction touristique des environs de Santiago, le lac d’Aculeo a disparu, victime de la sécheresse et de la surconsommation d’eau (Source : AFP).

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Les deux tiers des glaciers de l’Himalaya pourraient fondre d’ici à 2100

Les deux tiers des glaciers de l’Himalaya et de l’Hindou Kouch pourraient fondre d’ici à la fin du siècle si la planète restait sur la même trajectoire d’émissions de gaz à effet de serre, risquant de déstabiliser les grands fleuves d’Asie, selon une étude rendue publique lundi.

S’étendant sur 3.500 kilomètres de l’Afghanistan à la Birmanie, la région montagneuse de l’Hindou-Kouch-Himalaya (HKH) est qualifiée de « troisième pôle » par les scientifiques pour ses gigantesques réserves de glace. Celles-ci alimentent dix cours d’eau majeurs d’Asie, du Gange au Mékong en passant par le fleuve Jaune, le long desquels sont structurés des bassins de populations.

Or le réchauffement climatique menace les glaciers en altitude de cette ligne montagneuse qui compte les plus hauts sommets du monde comme l’Everest et le K2, selon une vaste étude, fruit de cinq ans de travail et qui a mobilisé plus 350 chercheurs et experts, dirigée par l’International Centre for Integrated Moutain Development (ICIMOD), une organisation intergouvernementale établie à Katmandou (Népal). « C’est la crise climatique dont vous n’avez pas entendu parler », a déclaré le responsable du rapport Philippus Wester, de l’ICIMOD, cité dans le communiqué de presse.

Même si les nations de la planète parvenaient à contenir le réchauffement climatique du globe à +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle d’ici à 2100, la cible basse de l’accord de Paris sur le climat de 2015, l’Hindou-Kouch-Himalaya perdrait tout de même un tiers de ses glaciers. Une fonte qui ne sera pas sans conséquences pour les 250 millions d’habitants de ces montagnes et les 1,65 milliard d’autres qui vivent dans les bassins fluviaux en aval.

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Australie : 1 million de poissons retrouvés morts

Une véritable hécatombe de poissons a eu lieu dans le sud-est de l’Australie. Les universitaires accusent le gouvernement de mauvaise gestion de l’eau alors que ce dernier assure qu’il s’agit là d’une conséquence de la sécheresse.

Un million de poissons ont été retrouvés morts au début de l’année 2019 dans des fleuves du sud-est de l’Australie, une hécatombe imputée par le gouvernement à la sécheresse, et par des universitaires à la mauvaise gestion des cours d’eau.

Les berges de l’immense bassin hydrographique Murray-Darling empestent désormais la pourriture, et on ne compte plus le nombre de vidéos tournées par des élus locaux ou des riverains pour alerter l’opinion sur cette catastrophe écologique. Les autorités ont évalué le bilan à plusieurs centaines de milliers de poissons morts, et le chiffre du million pourrait même être déjà dépassé, alors que le gouvernement de l’État de Nouvelle-Galles du Sud redoute une aggravation de la crise, avec des températures annoncées à la hausse. Outre la sécheresse, la baisse du niveau des cours d’eau et la montée des températures pourrait avoir aussi favorisé la propagation d’une algue qui priverait les poissons d’oxygène et libérerait des toxines. « Nous nous attendons à voir davantage de poissons morts dans certains secteurs de l’extrême-ouest de l’État de Nouvelle-Galles du Sud et sur le plateau de Northern Tablelands », a déclaré le ministre de l’Eau de l’État, Niall Blair.

Poissons morts Australie

Des milliers de poissons ont été retrouvés morts dans le sud-est de l’Australie (Source : AFP).

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Avec la pluie, le gigantesque incendie en Californie a pu être maitrisé

Après plus de deux semaines de lutte, les pompiers américains ont réussi à maîtriser « à 100% » le « Camp fire », l’incendie le plus meurtrier de l’histoire de la Californie qui a tué au moins 85 personnes.

Les pompiers ont annoncé dimanche 25 novembre 2018 être venus à bout de ce feu appelé « Camp Fire » qui a brûlé quelques 620 km2 dans le nord du « Golden State », rasant notamment la petite ville de Paradise. Les pluies des derniers jours sur cette région de la côte Ouest des Etats-Unis ont aidé à éteindre le feu mais ont également rendu difficile la recherche de restes humains par les secours.

L’incendie, qui s’était déclenché le 8 novembre, a détruit près de 14.000 habitations, 530 commerces et 4.500 autres bâtiments, ont précisé les pompiers californiens (Cal Fire). Des milliers de pompiers ont été mobilisés et des dizaines de milliers de personnes ont été forcées d’évacuer. Trois personnes ont par ailleurs trouvé la mort dans un autre incendie d’ampleur plus au sud, touchant la célèbre station balnéaire de Malibu. Ce feu, le « Woolsey fire », qui a dévasté plus de 390 km2, est lui aussi entièrement maîtrisé. L’origine des deux incendies n’a pas encore été identifiée mais plusieurs victimes ont lancé une action en justice à San Francisco contre le fournisseur local d’électricité Pacific Gas & Electricity (PG&E). Selon la plainte, l’incendie aurait été causé par des « étincelles » sur une ligne à haute tension de la société.

Paradise Californie 09/11/2018

Dans la ville de Paradise, en Californie, le 9 novembre 2018 (Source : AFP)

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Pendant que l’Aude se noie, le Grand Est de l’hexagone fait face à une sécheresse historique

Si le Sud de la France a connu un épisode d’inondations meurtrières ces derniers jours, le Grand Est fait face à une situation inverse avec une sécheresse dramatique qui met à mal l’agriculture et perturbe la navigation fluviale.

« On souffre d’une sécheresse sans précédent, les animaux sont affamés. Depuis la mi-juillet, il n’y a plus un brin d’herbe dans les pâtures. Pour les éleveurs, c’est une véritable catastrophe », s’alarme Thierry Chalmin, exploitant et président de la chambre d’agriculture de Haute-Saône.

« J’ai 58 ans, j’ai vécu 1976, je m’en souviens comme si c’était hier. C’était une sécheresse historique mais c’est incomparable avec ce qu’on vit aujourd’hui. Nos champs, c’est le Sahel ! On se demande même si ça va repousser l’année prochaine », poursuit-il. « J’espère que le nouveau ministre de l’Agriculture va faire quelque chose parce que les gens perdent pied, ils sont désespérés. »

Les données de Météo-France permettent de mieux apprécier la situation: la station de Besançon, qui mesure précipitations et températures depuis 1885, « vient de battre un record : depuis le 13 juin, il n’est tombé que 135 millimètres d’eau », dit Bruno Vermot-Desroches, le chef de la station. « Depuis le 13 juin, on est en déficit chronique », poursuit-il, notant que la situation est identique en Bourgogne, en Alsace ou en Lorraine.

Doubs 12/10/2018

Vue aérienne de la rivière le Doubs, à Villers-le-Lac dans l’est de la France le 12 octobre 2018 (Source : AFP).

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