De la soie d’araignée pour doper les vaccins

On admire généralement sa souplesse et sa résistance ou encore sa légèreté. Mais aujourd’hui, des chercheurs s’intéressent à d’autres de ses propriétés. Selon eux, la soie d’araignée pourrait aider à concevoir des vaccins plus efficaces.

Pour lutter contre certaines maladies infectieuses telles que la tuberculose – ou même contre le cancer -, il faut réussir à activer les lymphocytes T. Et ce n’est pas une mince affaire. Car les peptides, des petits morceaux de protéines utilisés pour cela, ont la fâcheuse tendance à être dégradés par le corps avant même d’avoir atteint leur cible.

Pour remédier au problème, des chercheurs ont imaginé utiliser de la soie d’une araignée commune à nos jardins, l’épeire diadème. Cette soie – une longue chaîne de protéines légère, résistante, mais surtout biocompatible et biodégradable – a pu être recréée en laboratoire. De quoi permettre aux scientifiques d’y intégrer un peptide aux propriétés vaccinales.

Soie araignée lymphocyte

En vert sur cette image, des cellules immunitaires ayant ingéré des nanoparticules de soie d’araignée. Les endosomes – la partie de la cellule dans laquelle les nanoparticules relâchent le vaccin – apparaissent en bleu. (Source : Carole Bourquin/UNIGE)

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Une inhabituelle pollution estivale prend New Delhi à la gorge

Déjà transformée en chaudron par la chaleur brûlante de juin, la capitale indienne New Delhi toussait jeudi dans un brouillard de poussière inhabituel pour cette saison, aggravant l’air d’une des villes les plus polluées de la planète.

Depuis plusieurs jours, la mégapole d’une vingtaine de millions d’habitants enregistre des niveaux de qualité de l’air exécrables et dangereux pour la santé. Une épaisse brume à l’odeur âcre, rappelant les hivers de pollution extrême, jette un voile sur le ciel et les rues. Un film de sable tapisse les surfaces des appartements.

« Si une telle situation survenait dans le monde occidental, les villes auraient été évacuées mais tout ce que nous pouvons faire c’est prier pour la pluie et que la poussière retombe », s’alarme Arvind Kumar, un chirurgien pulmonaire. Alors que les mois de chaleur sont normalement plus respirables, avec un mercure pouvant monter à plus de 45 degrés Celsius, les concentrations de matières particulaires PM10 atteignaient en début d’après-midi jeudi jusqu’à 1300 microgrammes par mètre cube (μg/m3). Soit plus de 25 fois la limite de 50 μg/m3 sur 24h recommandée par l’OMS.

Pollution New Delhi 14/06/2018

Un train à Ghaziabad, dans la banlieue de New Delhi, le 14 juin 2018 (Source : AFP)

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Pourquoi le plastique noir pollue la planète et menace notre santé

Utilisé massivement dans l’industrie électronique, le plastique noir contenant des substances toxiques se retrouve mélangé à d’autres plastiques lors du recyclage, utilisé pour des biens de consommation alimentaire ou des jouets.

Le plastique est partout. Chaque jour, nous en produisons 400 millions de tonnes dans le monde. Mais tous les plastiques ne sont pas équivalents. Selon leur usage, on leur ajoute parfois des additifs pour les colorer, les rendre résistants à la chaleur, plus solides ou plus souples, etc. Certains résidus chimiques proviennent même du processus de polymérisation lui-même.

Parmi tous ces plastiques, celui de couleur noire pose un problème majeur, met en avant une étude publiée dans la revue Environment International. Car ce plastique provient principalement de produits électroniques, qui contiennent de nombreux additifs chimiques : antimoine, cadmium, chrome, mercure, plomb, ou retardateurs de flammes. Or, ce plastique est mélangé à tous les autres lors du processus de recyclage et se retrouve donc dans une multitude d’objets, dont certains potentiellement en contact avec la bouche comme les emballages alimentaires, les ustensiles de cuisine ou les jouets.

15 % du plastique arrivant dans les centres de recyclage est du plastique noir, d’après Andrew Turner, qui a mené l’étude. Car outre ses qualités esthétiques, le plastique noir est plus facile à fabriquer à partir de matériaux recyclés, puisqu’on peut mélanger différentes couleurs, contrairement aux bouteilles transparentes par exemple, qui ne peuvent pas être fabriquées à partir de bouteilles rouges, vertes ou opaques.

Après avoir analysé plus de 600 échantillons de plastique de différents objets noirs (pince à cheveux, écouteur, tournevis, capuchon de feutre, mug thermos, clé USB, boîtier de CD, pique à cocktail…), le chercheur a détecté une présence plus ou moins élevée de substances toxiques dans ces objets. La moitié contient du brome, un quart du plomb et de l’antimoine et 7 % de cadmium. Si les concentrations ne posent pas de véritable danger pour les produits électroniques, il n’en n’est pas de même pour ceux prévus pour un contact alimentaire.

Déchets électroniques

Le plastique noir provient souvent de déchets électroniques recyclés contenant des additifs chimiques.

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Le gouvernement annonce un plan de 10 millions d’euros contre les sargasses

Nicolas Hulot et Annick Girardin ont annoncé lundi en Guadeloupe un plan de 10 millions d’euros sur deux ans pour lutter contre les sargasses, ces algues brunes nauséabondes et toxiques qui polluent les rivages des Antilles depuis plusieurs mois.

Le ministre de la Transition écologique et sa collègue chargée des Outre-mer, arrivés dimanche en Guadeloupe, se sont ensuite rendus en Martinique, fortement touchée également par ce phénomène. Ils doivent notamment visiter mardi une entreprise spécialisée dans la valorisation des sargasses.

Lundi, M. Hulot et Mme Girardin ont constaté l’ampleur des dégâts dans les îles de Guadeloupe, La Désirade, Marie-Galante et les Saintes, dont les ports et les rivages sont envahis par les sargasses. Début mai, ces îles avaient été partiellement coupées du monde par des algues trop nombreuses à l’entrée du port, bloquant les hélices des bateaux.

Depuis février, ces algues brunes, dont l’origine reste incertaine, s’amoncellent sur les rivages, salissent plages et ports, mais surtout dégagent, en séchant, de l’hydrogène sulfuré et de l’ammoniac, qui peuvent provoquer maux de tête, nausées et vomissements. Ce n’est pas la première fois que ces algues envahissent le littoral antillais depuis leur apparition massive, en 2011. Mais le phénomène n’a « jamais été aussi important que cette année », selon Annick Girardin.

Sargasses Sainte-Anne Guadeloupe mars 2018

Sargasses à Sainte-Anne en Guadeloupe en mars 2018.

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5.000 milliards de sacs par an : le monde malade de sa consommation de plastique

Environ 5.000 milliards de sacs en plastique sont consommés chaque année dans le monde et, comme l’essentiel du plastique, une infime proportion est recyclée, affirme mardi l’ONU dans un rapport pointant un défi d’une ampleur « décourageante ».

Dans ce document rendu public à l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement, l’ONU relève que si les modes de consommation actuels et les pratiques de gestion des déchets se poursuivent, on comptera environ 12 milliards de tonnes de déchets plastiques dans les décharges et l’environnement à l’horizon 2050. « L’ampleur du défi est décourageante », indique l’ONU. « Depuis les années 1950, la production de plastique a dépassé celle de presque tous les autres matériaux. »

« Nos océans ont été utilisés comme une décharge, ce qui provoque l’étouffement de la vie marine et transforme certaines zones marines en soupe plastique », déclare dans le rapport le chef d’ONU Environnement, Erik Solheim. « Dans certaines villes, les déchets plastiques bouchent les canalisations, ce qui provoque des maladies. Consommés par le bétail, ils trouvent leur chemin jusque dans la chaîne alimentaire. »

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Œil : une cornée imprimée en 3D pour la première fois

Pour la première fois, des chercheurs ont imprimé une cornée en 3D, en utilisant comme encre un mélange de cellules de cornée, d’alginate et de protéines de collagène. Cette innovation pourrait offrir une solution face au manque de cornées disponibles pour des greffes.

La cornée est la couche transparente externe située à l’avant de l’œil. Elle joue un rôle important dans la vision. Or le nombre de cornées disponibles pour des greffes est insuffisant. Dans le monde, environ 10 millions de personnes auraient besoin d’une chirurgie pour éviter de devenir aveugles à cause d’infections affectant la cornée (trachomes).

Dans un article paru dans Experimental Eye Research, les chercheurs de l’université de Newcastle expliquent comment ils ont mélangé des cellules de cornée de donneurs, avec de l’alginate et du collagène pour créer une solution, une « bio-encre », pouvant servir à une impression 3D. Grâce à une bioimprimante, c’est-à-dire une imprimante 3D capable d’utiliser des cellules, ils ont obtenu en moins de 10 minutes une cornée en réalisant des cercles concentriques. 90 % des cellules étaient toujours vivantes un jour après l’impression et 83 % une semaine après l’impression.

Cornée oeil

La cornée est la couche la plus externe de l’œil.

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Des alternatives non chimiques possible pour les néonicotinoïdes

Après deux années d’études, l’Anses a dévoilé son rapport final sur les risques et les bénéfices des produits phytopharmaceutiques à base de néonicotinoïdes ainsi que leurs alternatives chimiques et non chimiques.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire nationale a publié le 30 mai 2018 un rapport dévoilant les résultats d’une évaluation lancée depuis 2016 à la demande des ministères en charge de l’Agriculture, de la Santé et de l’Ecologie. Il s’agissait de jauger les risques et les bénéfices des produits phytopharmaceutiques à base de néonicotinoïdes ainsi que leurs alternatives chimiques et non chimiques. 130 usages autorisés de néonicotinoïdes ont été étudiés et selon l’Agence 78% des cas analysés ont au moins une solution alternative non chimique efficace et opérationnelle.

Cependant, « il n’a pas été possible d’identifier des substances ou familles de substances chimiques qui présenteraient de façon globale un profil de risque moins défavorable que les néonicotinoïdes », estime l’Anses, avant d’ajouter que « l’impact sur l’activité agricole de l’interdiction des néonicotinoïdes est difficile à anticiper”.

Pour rappel, les néonicotinoïdes s’attaquent au système nerveux des insectes, participent au déclin des abeilles et désorientent les pollinisateurs. En polluant l’eau et les sols, la substance touche également les invertébrés terrestres et aquatiques.

Abeille Lire la suite