Les vaccins contre la Covid-19 ne protègent pas que du SARS-CoV-2 !

À ce jour, près de 50 millions de personnes en France ont reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19. Pour ces personnes, le risque de faire une forme grave de la maladie est très faible. Mais il pourrait bien y avoir d’autres avantages à être vacciné ! Une étude publiée dans la prestigieuse revue Journal of Clinical Investigation suggère que le vaccin protège aussi contre les autres coronavirus, dont le HCoV-OC43, un virus responsable du rhume.

Les virus de la famille des coronavirus sont des virus à fort potentiel épidémique. En 2002, le SARS-CoV-1 est apparu en Chine. Il a généré une épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS en français, SARS en anglais). Environ 8.000 cas et 800 morts ont été recensés. Il existe un vaccin contre ce virus. En 2012, le MERS-CoV a surgi en Arabie saoudite, entraînant la mort dans au moins 30 % des cas (1.219 cas ont été diagnostiqués provoquant 449 morts). Il s’est propagé dans plusieurs pays du Moyen-Orient mais a rapidement pu être contenu. Seulement deux cas ont été détectés en France. En 2019, c’est le SARS-CoV-2 – ou maladie Covid-19 – qui déclenche une épidémie planétaire, toujours en cours. Le Covid-19 a engendré plus de 4,5 millions de morts dans le monde et ce chiffre est certainement sous-estimé.

Plusieurs éléments de la littérature fondamentale soutiennent cette hypothèse. Pour la vérifier, le plasma d’êtres humains a été prélevé avant la vaccination et à différents moments après la vaccination (Pfizer, Moderna, ou J&J). Après la vaccination, de manière attendue, le taux d’anticorps anti SARS-CoV-2 était élevé. De façon très intéressante, les taux d’anticorps anti-SARS-CoV-1 et anti-HCoV-OC43 étaient eux aussi plus importants après la vaccination ! Les taux d’anticorps dirigés contre le virus de la grippe (influenza virus) n’étaient en revanche pas plus élevés après la vaccination contre le Covid-19.

Vaccination Covid-19
Lire la suite

Dix ans après leur traitement de thérapie génique, les enfants soignés vont bien

Dix ans après, comment vont les dix enfants qui ont participé à un essai clinique de thérapie génique ? Les médecins à l’origine de l’essai sur ces jeunes patients atteints d’un déficit immunitaire grave d’origine génétique font le point sur leur état de santé.

En 2009 et 2012, dix enfants ont participé à un essai clinique de phase 2 pour traiter leur maladie génétique incurable, l’ADA-SCID. Les jeunes patients ont un déficit sévère en adénosine désaminase, une enzyme indispensable au développement du système immunitaire, qui cause une immunodépression sévère. Sans traitement, la plupart des enfants décèdent avant l’âge de deux ans des suites d’une infection opportuniste que leur immunité n’a pas su éradiquer.

Les dix patients âgés de 3 mois à 15 ans ont été traités par thérapie génique. Les cellules souches de leur propre moelle osseuse ont été modifiées par un vecteur de thérapie génique en laboratoire. Le vecteur, dérivé d’un gammaretrovirus de souris, transporte le gène ADA de l’adénosine désaminase pour restaurer son activité en s’intégrant dans le génome des cellules prélevées. Comme pour une auto-greffe, les cellules modifiées ont été ensuite réinjectées aux enfants. Voilà presque dix ans qu’ils ont été soignés, les médecins de l’Université de Californie à Los Angeles font le bilan de leur état de santé dans la revue Blood. Les nouvelles sont plutôt bonnes !

Thérapie génique
La thérapie génique a permis de soigner neuf enfants atteints de l’ADA-SCID.
Lire la suite

Le variant Delta est 133 % plus mortel que le coronavirus originel

Selon une étude canadienne de grande ampleur, le variant Delta est 133 % plus mortel que le coronavirus originel. L’émergence des différents variants a ainsi considérablement retardé la sortie de la pandémie, même si les vaccins demeurent efficaces pour prévenir les formes graves.

Le variant Delta, quasi inexistant en janvier, représente désormais 99 % des contaminations en France et 99,3 % des séquences déposées dans la base de données Gisaid au niveau international pour la période du 29 août au 21 septembre 2021, selon une analyse de Santé publique France. Plusieurs études ont déjà attesté de la plus grande contagiosité et de la plus grande virulence du variant Delta (voir schéma ci-dessous). Il a également plus tendance à échapper au vaccin : le taux d’efficacité des vaccins Moderna et Pfizer descend ainsi à 66 % avec ce variant, contre plus de 90 % avec le virus originel.

Une nouvelle vaste étude, réalisée au Canada, vient confirmer l’extrême virulence de ce variant. Menée sur 212.326 personnes entre février et juin 2021, cette dernière a examiné les risques d’hospitalisation, d’admission aux urgences et de décès liés aux différents variants alors en circulation (Alpha, Bêta, Gamma et Delta) par rapport au virus originel. Résultat : les risques d’hospitalisation, d’admission aux urgences et de décès sont accrus de respectivement 108 %, 235 % et 133 % avec le variant Delta. Autrement dit, là où une personne sur 100 décédait du SARS-CoV-2 originel, 2,33 personnes meurent lorsqu’elles sont infectées avec le variant Delta.

Cas Cvid-19 Delta
Part du variant Delta dans différents pays (Source ; Our World In Data).
Lire la suite

Un composé présent dans le basilic aurait des vertus protectrices contre la maladie d’Alzheimer

Des chercheurs de l’Université de Floride du sud ont découvert qu’un composé naturel présent dans certaines plantes, notamment le basilic, pourrait aider à préserver le cerveau contre la maladie d’Alzheimer. Ce composé, le fenchol, interviendrait favorablement dans un mécanisme moléculaire reliant le microbiote intestinal et le cerveau, préservant ce dernier du déclin cognitif lié à l’âge.

L’une des deux pathologies caractéristiques de la maladie d’Alzheimer sont les dépôts durcis du peptide β-amyloïde (Aβ), qui s’agglutinent entre les cellules nerveuses et forment des plaques de protéines amyloïdes dans le cerveau. L’autre est liée à l’enchevêtrement neurofibrillaire de protéine tau à l’intérieur des cellules cérébrales. Toutes deux contribuent à la perte et à la mort des neurones, qui conduisent à l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Des preuves récentes indiquent que les acides gras à chaîne courte (AGCC) — des métabolites produits par certaines bactéries du microbiote intestinal — contribuent à la santé du cerveau. L’abondance des AGCC est ainsi souvent réduite chez les patients âgés atteints de troubles cognitifs légers et de la maladie d’Alzheimer. Cependant, la manière dont cette baisse du taux d’AGCC contribue à la progression de la maladie reste largement inconnue. L’équipe du Dr Hariom Yadav, professeur de neurochirurgie et de réparation cérébrale et directeur de l’USF Center for Microbiome Research, s’est penchée sur la question. Les détails de leur étude ont été publiés le 5 octobre dans la revue Frontiers in Aging Neuroscience.

Les AGCC sont des molécules produites par les bactéries lorsqu’elles fermentent des composants alimentaires, notamment des fibres (glucides non digestibles), dans le côlon. Certains de ces AGCC demeurent et agissent directement dans l’intestin (c’est la principale source d’énergie des cellules du côlon), tandis que d’autres migrent à travers l’organisme, où elles participent à plusieurs mécanismes complexes. Les AGCC qui voyagent dans le sang jusqu’au cerveau peuvent se lier au récepteur d’acide gras libre 2 (FFAR2) et l’activer ; ce récepteur est une molécule de signalisation cellulaire exprimée par les neurones.

Basilic Alzheimer
Un composé naturel présent dans le basilic pourrait aider à préserver le cerveau contre la maladie d’Alzheimer.
Lire la suite

Le Covid long serait en partie dû à une surcharge de molécules inflammatoires piégées dans des micro-caillots sanguins

Le Covid long est désormais un sujet d’inquiétude majeur durant cette pandémie, étant donné qu’environ 20 à 30% des personnes guéries du Covid-19 en sont atteintes. Les scientifiques tentent encore de comprendre à quoi sont dus les symptômes associés, parfois très invalidants, allant de l’essoufflement à la fatigue chronique, en passant par le brouillard cérébral. Les causes seraient multiples, mais récemment, des chercheurs ont montré pour la première fois que des microcaillots inflammatoires étaient présents dans le sang de patients souffrant de Covid long.

Ces micro-caillots sanguins, dont le corps parviendrait difficilement à se débarrasser, pourraient expliquer certains des symptômes persistants ressentis par les personnes atteintes de Covid long. Une nouvelle étude indique qu’un grande quantité de molécules inflammatoires serait littéralement « piégée » à l’intérieur de ces caillots sanguins microscopiques et insolubles.

Cette découverte inattendue a été faite par le professeur Resia Pretorius, chercheuse au département des sciences physiologiques de l’université de Stellenbosch (SU), lorsqu’elle a commencé à examiner les microcaillots et leur contenu moléculaire dans des échantillons de sang provenant de personnes atteintes de Covid long. Les résultats ont depuis été examinés par des pairs et publiés dans la revue Cardiovascular Diabetology.

« Nous avons trouvé des niveaux élevés de diverses molécules inflammatoires piégées dans les microcaillots présents dans le sang des personnes atteintes de Covid long. Certaines des molécules piégées contiennent des protéines de coagulation telles que le fibrinogène, ainsi que l’alpha(2)-antiplasmine », explique Pretorius.

Covid long
Des chercheurs ont montré pour la première fois que des microcaillots inflammatoires étaient présents dans le sang de patients souffrant de COVID long.
Lire la suite

Un anticorps hautement neutralisant capable de s’attaquer à tous les variants du SARS-CoV-2

Deux nouveaux anticorps neutralisants, découverts par deux équipes distinctes, sont de taille face aux variants du coronavirus ! L’un d’entre eux est même capable de neutraliser tous les variants testés par les scientifiques.

On dénombre actuellement quatre variants d’inquiétude (VOC) et quatre variants d’intérêt (VOI) du SARS-CoV-2. Ces variants ont en commun une transmission accrue et une résistance partielle aux vaccins et à certains traitements à base d’anticorps. Alors que la pandémie ne ralentit pas, d’autres émergeront dans le futur.

Pour faire face à ce problème, la Haute Autorité de santé préconise l’injection d’une troisième dose vaccinale pour les 65 ans et plus, et celles et ceux qui ont un risque important de déclarer une forme grave du Covid-19. La troisième dose devra être espacée d’au moins six mois de la deuxième. Mais ce n’est pas la seule stratégie en cours d’investigation.

Deux publications, parues à quelques jours d’écart dans Immunity, présentent chacune un anticorps hautement neutralisant efficace contre les variants du SARS-CoV-2.

SARS-CoV-2 microscopie électronique
Le coronavirus SARS-CoV-2 vu au microscope électronique (Source : Scripps).
Lire la suite

Covid-19 : les variants du variant Delta, une course pour la conquête de la planète

Le variant Delta s’est emparé du globe : il représente désormais la presque totalité des nouveaux cas en France et dans le monde. Mais cette situation cache une course entre plusieurs descendants du Delta originel.

Un variant peut en cacher un autre ! Comme toutes les deux semaines, Santé publique France a publié sa nouvelle analyse de risque sur les variants émergents du SARS-CoV-2 (publiée le 13 août 2021). Montrant une situation très différente de celle observée à la fin du mois de mai, quand Alpha était encore largement majoritaire et Delta débutait à peine sa conquête de la France.

Aujourd’hui, la situation est complètement inversée : Delta représente 98 % des nouveaux cas répertoriés dans l’Hexagone, alors que les autres variants qui inquiétaient la France en mai, notamment Beta, Gamma et 20I/484K (variant du variant Alpha), ont presque disparu du territoire.

Covid-19 variants
L’évolution du coronavirus n’est pas encore finie et maintenant même les variants se mettent à avoir des variants ! (Source : AFP)
Lire la suite

À quel point les anticorps bloquent-ils la propagation du coronavirus dans le corps ?

Des chercheurs ont filmé en temps réel l’avancée du virus dans le corps de souris infectées, traitées ou pas avec des anticorps issus de personnes ayant eu le Covid-19.

Les anticorps protègent bien contre le coronavirus, la preuve en image ! Des chercheurs de l’université de Yale ont réussi à filmer la propagation du virus à l’intérieur de souris infectées, montrant la vitesse à laquelle cet intrus s’infiltre dans le corps jusqu’à causer la mort des animaux. Dans leur étude, publiée dans le journal Immunity le 18 août 2021, ils mettent aussi en évidence que les anticorps neutralisants produits chez les humains après avoir eu le Covid-19 parviennent à bloquer la progression du virus dans le corps de ces souris, évitant la maladie et le décès.

Les chercheurs ont utilisé des souris modifiées génétiquement pour exprimer le fameux récepteur ACE2 humain, que le virus utilise pour s’accrocher à nos cellules et s’y infiltrer. Ces souris ont ensuite été exposées à une version modifiée du virus Sars-CoV-2 qui exprime une bioluminescence pouvant être observée par des techniques d’imagerie en temps réel. Une fois à l’intérieur de ces appareils d’imagerie, les souris émettent cette bioluminescence là où le virus se faufile, permettant de le suivre à la trace à l’intérieur de ces souris.

SARS-CoV-2 & récepteur cellule humaine
Le SARS-CoV-2 (en rouge), virus responsable du Covid-19, au moment de se lier au récepteur d’une cellule humaine (en jaune). (Source : AFP)
Lire la suite

Moderna entame les essais cliniques de son vaccin anti-VIH

Pour lutter contre le SARS-CoV-2, les laboratoires Pfizer-BioNTech et Moderna ont tous deux développé des vaccins dits à ARN messager ; pour rappel, le principe de ces vaccins est d’inciter les cellules de l’organisme à fabriquer le composant (une protéine virale) contre lequel l’organisme doit apprendre à se défendre. En parallèle, Moderna a mis au point un autre vaccin à ARNm contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et s’apprête à débuter ses essais cliniques. S’il s’avère efficace, ce sera peut-être bientôt la fin d’une pandémie qui dure depuis près de 40 ans.

Il est a priori plus « facile » de se protéger contre le VIH que contre le Covid-19 ; en effet, le virus du VIH ne se transmet que par le sang, le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel. Mais depuis le premier cas identifié en 1981, il a tout de même causé la mort de près de 33 millions de personnes dans le monde. Il existe aujourd’hui des traitements antirétroviraux efficaces, qui réduisent la transmission, limitent la réplication du virus et améliorent la qualité de vie des personnes infectées.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, on estimait à 38 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH à la fin de 2019. À ce jour, il n’existe cependant aucun traitement permettant d’éliminer le virus ni aucun vaccin. Le produit formulé par Moderna est donc un nouvel espoir d’éradiquer définitivement le sida. C’est également l’opportunité de confirmer que la technologie à ARNm peut véritablement aider l’humanité à lutter contre de nombreux virus.

Malgré des décennies de recherche, aucun vaccin n’a permis d’initier une réponse immunitaire efficace contre le VIH. Ce dernier est connu pour être l’un des virus les plus difficiles à cibler avec un vaccin, notamment parce qu’il évolue constamment en différentes souches pour échapper au système immunitaire. Cela fait plusieurs années que les scientifiques étudient le potentiel des vaccins à ARNm ; pourtant, aucun n’avait jamais été utilisé sur l’Homme avant ceux développés par Pfizer et Moderna pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

Couche externe VIH
Image de la couche la plus externe du VIH, recouverte de molécules de sucre (en violet). (Source : Sergey Menis/IAVI)
Lire la suite

Le Covid-19 pourrait devenir une maladie infantile

Une étude américano-norvégienne, basée sur des modélisations mathématiques de l’évolution de la pandémie, suggère que le Covid-19 pourrait devenir à terme une maladie typiquement infantile, à l’instar d’autres coronavirus, tels que ceux à l’origine du rhume. Le phénomène a en effet déjà été observé par le passé dans le cas d’autres virus associés à des maladies respiratoires, dès lors qu’ils sont devenus endémiques au niveau mondial.

À mesure que les campagnes de vaccination progressent, les adultes sont moins exposés au risque de contracter le Covid-19 ; du moins, leur système immunitaire est « armé » pour lutter efficacement contre la maladie. Ainsi, les jeunes enfants — non concernés par la vaccination à ce jour — pourraient devenir les plus vulnérables face au SARS-CoV-2. « Nos résultats suggèrent que le risque d’infection se déplacera probablement vers les jeunes enfants à mesure que la communauté adulte deviendra immunisée soit par la vaccination, soit par l’exposition au virus », résume Ottar Bjornstad, chercheur au Centre pour la dynamique des maladies infectieuses de l’Université d’État de Pennsylvanie.

À titre de comparaison, le spécialiste souligne que des travaux génomiques ont montré que la pandémie de 1889-1890, connue sous le nom de grippe asiatique ou russe, pourrait avoir été causée par l’apparition du virus HCoV-OC43, qui est aujourd’hui un virus du rhume courant et bénin, affectant principalement les enfants âgés de 7 à 12 mois. Avant d’en arriver là, ce virus aurait pourtant provoqué la mort d’un million de personnes, essentiellement âgées de plus de 70 ans.

De plus en plus de preuves suggèrent que le Covid-19 deviendra inévitablement endémique. L’une des caractéristiques de la maladie, identifiée dès l’émergence du virus, est qu’elle touche plus sévèrement les personnes âgées. En sera-t-il de même dans les années à venir ? Pas si sûr, car des archives historiques des infections respiratoires aiguës montrent que les schémas d’incidence selon l’âge au cours d’une épidémie émergente peuvent être très différents de ceux associés à une circulation endémique. « Pour de nombreuses maladies respiratoires infectieuses, la prévalence dans la population augmente au cours d’une épidémie vierge, mais recule ensuite selon un schéma de vague décroissant à mesure que la propagation de l’infection se déroule au fil du temps vers un équilibre endémique », a déclaré Ruiyun Li, du Centre de synthèse écologique et évolutive de l’Université d’Oslo et co-auteur de l’étude.

Covid-19 future maladie infantile
Le Covid-19 pourrait devenir à terme une maladie typiquement infantile, à l’instar d’autres coronavirus, tels que ceux à l’origine du rhume.
Lire la suite