Cancer : un médicament prometteur inspiré des éponges de mer

Des chimistes de Harvard ont trouvé un moyen de fabriquer une halichondrine, une molécule aux propriétés anticancer qui pourrait servir à des essais cliniques. Présente en petite quantité chez les éponges de mer, elle a déjà montré des résultats encourageants dans un modèle animal.

Naturellement présentes chez des éponges de mer, les halichondrines sont des molécules qui ont été identifiées il y a une trentaine d’années. In vivo chez la souris, elles possèdent des propriétés antitumorales. In vitro, elles présentent aussi une bonne activité contre des cellules tumorales humaines.

Les halichondrines inhibent les microtubules de la cellule, des molécules importantes pour la division cellulaire. Il existe déjà des médicaments anticancéreux qui ciblent les microtubules, comme le paclitaxel et la vinblastine. Or, dans un modèle de cancer chez le rat, l’halichondrine B a montré qu’elle était plus efficace que la vinblastine. Les halichondrines ont donc un potentiel énorme pour servir de médicaments contre le cancer.

Mais pour l’instant elles n’ont pas pu être testées chez l’Homme à cause de la difficulté à isoler et à fabriquer suffisamment de molécules. Takashi Owa, qui a participé à ces travaux, a expliqué sur le site de l’université Harvard : « En raison de la structure unique du produit naturel, de nombreuses personnes se sont intéressées au mode d’action et les chercheurs ont souhaité mener une étude clinique. Mais un manque d’approvisionnement en médicaments les a empêchés de le faire. » Il aura donc fallu attendre 30 ans pour arriver à obtenir des quantités suffisantes de la molécule.

Halichondria panicea

Les éponges Halichondria produisent des halichondrines.

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Pollution plastique des océans : « L’urgence est à terre »

La fondation Tara océan – dont la goélette repart en expédition scientifique – défend plusieurs pistes pour endiguer la pollution des eaux par les plastiques.

Les déchets plastiques polluent les océans, et pourtant, c’est sur la terre ferme qu’il faut agir, affirment les responsables de Tara océan. La fondation scientifique (reconnue d’utilité publique) publie, à l’occasion de la journée mondiale des océans ce samedi, un appel à soutenir la recherche afin de réparer voire d’éradiquer cette pollution sur le milieu marin.

L’approche peut surprendre les habitués de ces circumnavigations menées depuis plus de dix ans par de nombreux scientifiques à bord de la goélette Tara. En Arctique, en Méditerranée ou dans le Pacifique, le voilier s’est fait un nom en étudiant les effets des activités humaines sur ces environnements. Il vient de mettre le cap vers les embouchures des dix plus grands fleuves d’Europe.

D’abord attachée aux questions de dérèglement climatique, la goélette enquête plus particulièrement depuis 2014 sur le problème des polymères. Ses missions ont mis en évidence l’omniprésence des particules fragmentées, ou microplastiques, dans toutes les mers.

Déchets plastiques Arctique

Un mélange de plancton et de microplastiques prélevé par l’expédition Tara Oceans (Source : Fondation Tara Expéditions).

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Aliments ultra-transformés et risques pour la santé : cause ou symptôme ?

Deux études montrent un lien entre la forte consommation d’aliments ultra-transformés et des risques pour la santé. Difficile pourtant de dire quelle part du risque est directement causée par ces aliments, et quelle part est due au style de vie souvent associée à cette consommation.

L’abus de plats industriels « ultra-transformés » serait lié à une augmentation du risque cardiovasculaire et de décès, suggèrent deux études européennes menées auprès de plus de 120.000 personnes et publiées le jeudi 30 mai 2019. Ces nouvelles études, même si elles ne permettent pas de démontrer un lien direct de cause à effet, renforcent les arguments de travaux précédents liant les plats hautement transformés à un risque accru d’obésité, d’hypertension artérielle, voire de cancers. Les deux études, respectivement conduites sur plus de cent mille adultes français et près de vingt mille diplômés d’universités espagnoles, sont parues dans le British Medical Journal (BMJ).

Des aliments sont considérés ultra-transformés quand ils ont subi des procédés industriels de transformation (huile hydrogénée, amidon modifié, etc.) et contiennent de nombreux ingrédients, notamment des additifs. Un plat préparé, sans additifs, congelé ou pas, n’en fait pas partie. Mais la plupart des plats prêts à réchauffer, les sodas sucrés ou contenant des édulcorants, les « steaks » végétaux reconstitués avec additifs, les saucisses, les soupes en poudre et les snacks en général en font partie. Ils sont généralement plus riches en sel, graisses saturées, sucre et pauvres en vitamines et en fibres, selon les chercheurs. S’y ajoutent des contaminants provenant des emballages et des contenants en plastique. Ce type d’aliments représente plus de la moitié des apports énergétiques dans de nombreux pays occidentaux, selon l’Inserm.

Aliments ultra-transformés

« Il ne faut pas être alarmiste et dire que si on consomme de temps en temps un plat ultra-transformé ou un soda, on augmente son risque de faire un accident cardiaque de 12%. C’est la consommation régulière qui importe », souligne la Dr Touvier

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Les LED riches en lumière bleue néfastes pour notre santé

Certains types d’éclairages à LED (diodes électroluminescentes), riches en « lumière bleue », ont un effet toxique sur la rétine et perturbent notre rythme de sommeil, a averti mardi l’agence de sécurité sanitaire Anses, qui recommande d’en « limiter l’usage », « tout particulièrement pour les enfants ».

Bon marché, très économes en énergie, à longue durée de vie, les éclairages à LED « connaissent une expansion considérable » mais ne sont pas sans danger, souligne l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dans un avis. Pour obtenir une lumière blanche, ces éclairages couplent une diode bleue à une couche de phosphore jaune. Plus leur lumière est « froide » (semblable au soleil à midi plutôt qu’au soleil couchant), plus la proportion de bleu est grande dans leur spectre.

L’Anses avait déjà souligné les risques pour la rétine de cette lumière bleue lors d’un premier avis, en 2010. Depuis, « les nouvelles données scientifiques confortent » cette toxicité pour l’œil, pouvant conduire à « une baisse de la vue », alors que dans le même temps, les LED sont de plus en plus présentes: éclairage domestique et extérieur, phares automobiles, écrans des téléphones portables, tablettes et ordinateurs…

LEDs

Certains types d’éclairages à LED (diodes électroluminescentes), riches en « lumière bleue », ont un effet toxique sur la rétine et perturbent notre rythme de sommeil, selon l’Anses (Source : AFP).

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Zika : des séquelles neurologiques lourdes

Une étude française pointe les conséquences neurologiques à long terme de l’épidémie du virus Zika aux Antilles en 2016.

Trois ans après l’épidémie du virus Zika aux Antilles en 2016, les scientifiques prennent conscience des conséquences neurologiques graves sur le long terme dû au parasite. Pour preuve, une étude récemment parue dans Neurology et menée par des chercheurs des CHU de Guadeloupe et de Martinique. Très vite en 2016, après le début de l’épidémie, dans les premières semaines, des études avaient mis en évidence les complications neuro-développementales sur les fœtus des mères enceintes et infectées pendant leur grossesse.

Mais cette fois l’étude s’est intéressée aux effets tardifs. Elle a suivi près de 90 patients infectés –dont 6 enfants–, tous présentant des manifestations neurologiques (dites neuro Zika) et avaient été pour la plupart hospitalisés (95%). Aujourd’hui, environ un quart de ces malades souffre encore de problèmes résiduels, comme une marche altérée, de troubles de l’équilibre, d’instabilité.

Infection virale cerveau

Infection virale provoquant des troubles cérébraux (Source : AFP).

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Allergies : interdire ou limiter un millier de substances chimiques dans les vêtements

Plus d’un millier de substances allergisantes dans les textiles d’habillement seraient la cause d’allergies cutanées. L’agence de sécurité sanitaire française (Anses) et l’Agence suédoise des produits chimiques (KemI) suggèrent d’interdire ou de limiter leurs usages.

« Limiter la présence des substances sensibilisantes cutanées dans les articles textiles, cuirs, fourrures et peaux, vendus au grand public », voici la proposition adressée à l’Echa (Agence européenne des produits chimiques). Elle vise à « mieux protéger les consommateurs », a expliqué lundi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement (l’Anses). En juin 2018, conduite par cette dernière, une expertise avait permis d’identifier les substances chimiques présentes dans certains articles incriminés.

Elle avait alors recommandé d’abaisser le maximum réglementaire du chrome 6 dans les articles en cuir et de fixer un niveau maximum pour le nickel dans les textiles. Une évaluation des risques pour « déterminer les concentrations maximales à ne pas dépasser pour ces substances afin de protéger les consommateurs » a été réalisée par les agences française et suédoise qui, au vu de ces travaux, proposent d’interdire dans ce type de produits, « 25 substances de la famille des colorants dispersés ayant des propriétés sensibilisantes ». Les colorants dispersés sont des colorants non solubles dans l’eau utilisés pour teindre les fibres synthétiques.

Allergies vêtements

Nos vêtements contiennent plus de 1.000 substances chimiques à l’origine d’allergies cutanées.

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Le dioxyde de titane interdit début 2020 dans les denrées alimentaires

Après des tergiversations, le gouvernement a décidé mercredi d’interdire en janvier 2020 le dioxyde de titane, un additif controversé, dans les denrées alimentaires, une décision qui laisse les ONG sur leur faim.

Cette décision intervient deux jours après la publication d’un avis de l’agence sanitaire Anses qui disait ne pas pouvoir lever les incertitudes sur l’innocuité de cette substance, signalée sur les étiquettes par TiO2 ou E171 et utilisée principalement comme colorant. Après avoir pris connaissance de cet avis, « François de Rugy, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, ont décidé, par précaution, d’interdire la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant cet additif dès le 1er janvier 2020 », selon un communiqué. « Un arrêté suspendant la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant l’additif E171 à partir du 1er janvier 2020 a été signé et sera publié dans les meilleurs délais », précise-t-il.

Cet arrêté sera notifié à la Commission européenne et aux autres Etats membres car le dioxyde de titane bénéficie d’une autorisation délivrée au niveau de l’Union européenne. Cette décision « n’est que dans l’ordre des choses », a réagi Stephen Kerckhove au nom des associations Agir pour l’environnement et Foodwatch. « On voit apparaître un délai dont il n’a jamais été question », a-t-il regretté.

Le fait que cette substance contienne des nanoparticules – d’une taille inférieure à 100 nanomètres facilitant leur pénétration dans l’organisme – soulève depuis plusieurs années l’inquiétude des associations de défense des consommateurs et de l’environnement. Face à ces doutes, Brune Poirson avait annoncé en mai 2018 la suspension de son utilisation dans les produits alimentaires d’ici fin 2018. La disposition avait été reprise dans la loi alimentation promulguée en novembre mais elle ne pouvait s’appliquer sans un arrêté du ministère de l’Economie. Mais Bruno Le Maire avait refusé de signer cet arrêté dans un premier temps, avant de se dire prêt à interdire le colorant, sous réserve d’un nouvel avis de l’agence sanitaire Anses.

Bons dioxyde de titane

L’additif alimentaire E171 est très utilisé dans l’agroalimentaire comme colorant blanc. Il est composé pour l’essentiel de particules de dioxyde de titane.

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