L’invasion de criquets en Afrique de l’Est serait une conséquence directe des activités humaines

Alors que l’Afrique de l’Est lutte actuellement contre la pandémie à coronavirus SARS-CoV-2 qui touche durement ses populations, cette partie du monde doit également mener parallèlement une bataille sur un autre front : les criquets. En effet, depuis l’année dernière, des essaims de milliers de milliards de criquets apparaissent, et aujourd’hui, ils ravagent les récoltes sur lesquelles les habitants reposent pour survivre. Selon plusieurs entomologistes, cette recrudescence de criquets est l’une des conséquences directes des activités humaines.

Après l’une des années les plus humides jamais enregistrées, ces insectes voraces rassemblent leurs forces depuis 2019, car les conditions météorologiques leur ont été favorables de manière toujours plus importante. Se déplaçant par essaims de milliards d’individus, ils détruisent de précieux pâturages et cultures dans ce qui est considéré comme la pire peste acridienne régionale depuis des décennies, du Kenya à l’Éthiopie et au Yémen, atteignant des parties du nord de l’Inde.

Alors que beaucoup s’inquiètent à juste titre de la famine et des retombées économiques de ces essaims, l’entomologiste Dino Martins les considère comme un avertissement de la nature. Martins travaille au Centre de recherche de Mpala dans le nord du Kenya, et indique que cela ne fait aucun doute : la dégradation de l’environnement local, le surpâturage, la déforestation et l’expansion des déserts créent des conditions idéales pour que de plus en plus de criquets se reproduisent.

Les premiers grands essaims sont apparus à la fin de l’année dernière, après un temps exceptionnellement chaud et humide, et ils se chiffraient par centaines de milliards. En avril, la prochaine génération a pris son envol, cette fois dans les milliers de milliards. La troisième génération, encore plus nombreuse, devrait décoller en juillet.

Criquet Afrique 17/02/2020

Un criquet faisant partie d’un des essaims qui dévastent des régions entières en Afrique de l’Est, le 17 février 2020 à Otuke, en Ouganda (Source : AFP).

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Finalement, c’est la collision d’un astéroïde avec la Terre qui aurait mis fin au règne des dinosaures

On pense généralement que la disparition des dinosaures et d’autres espèces, il y a 66 millions d’années, est le produit combiné d’un changement climatique produit par la chute d’un astéroïde au Yucatan et des éruptions volcaniques colossales en Inde. Une nouvelle étude soutient la thèse que seul l’astéroïde est responsable et que, au contraire, les volcans ont favorisé la résilience de la biosphère durement impactée.

Cela fait presque 40 ans que Walter Alvarez, alors un jeune géologue fraîchement émoulu de l’université de Berkeley, a amorcé une révolution dans les sciences de la Terre en arpentant vers le milieu des années 1970 la région de Gubbio, une ville italienne. Il fait alors la découverte d’une étrange strate argileuse sombre marquant la disparition subite du plancton marin, pourvoyeur en carbonates, précisément à la fin du Crétacé et au début de l’ère tertiaire. Or, c’est à cette époque charnière que disparaissent aussi les grands reptiles marins, les dinosaures, les ammonites et les bélemnites.

Avec l’aide de son père, le prix Nobel de physique, Luis Alvarez, et surtout des chimistes Frank Asaro et Helen Michel, tous de l’université de Berkeley, il entreprit de faire parler la couche en la datant et en l’analysant précisément.

Les chercheurs découvrirent, à leur grande stupéfaction, que cette strate contenait une quantité anormalement élevée d’un élément rare à la surface de la Terre, l’iridium. Ce métal est en revanche assez abondant dans les comètes et les astéroïdes ; c’est pourquoi Walter Alvarez n’hésita pas à proposer que la crise biologique survenue il y a 66 millions d’années, la fameuse crise du Crétacé-Tertiaire (ou K-T, de l’allemand Kreide-Tertiär), était due à la chute d’un petit corps céleste sur la Planète.

Astéroïde Terre & disparition dinosaures

Une vue d’artiste de l’époque des dinosaures.

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Le changement climatique rendra les océans trop chauds pour 60% des espèces de poissons, qui pourraient bien ne pas y survivre

Après avoir étudié 700 espèces de poissons, des chercheurs ont mis en lumière le fait que les poissons — en particulier les embryons ainsi que les adultes reproducteurs — sont bien plus exposés aux changements climatiques que ce que l’on pensait auparavant : en effet, le réchauffement climatique rendra les océans trop chauds pour environ 60% des espèces de poissons connues d’ici 2100.

En ce qui concerne le réchauffement climatique de la planète, si nous imaginons un scénario incluant une augmentation de 5 °C au-dessus de la température préindustrielle, jusqu’à 60% des espèces de poissons à travers le monde seraient incapables de faire face aux nouvelles températures de leur zone de répartition géographique d’ici 2100. Par ailleurs, même si l’humanité arrive à atteindre l’objectif de l’accord de Paris (maintenir le réchauffement climatique à 1,5 °C « seulement », soit dans le meilleur des cas), cela serait toujours beaucoup trop chaud pour 10% des poissons du monde entier.

De plus, même une perte de 10% des espèces pourrait être très dommageable, car une seule espèce peut être critique pour l’écosystème global. « Considérez la mer du Nord, nous pensons que d’ici la fin du siècle la température sera trop élevée pour que la morue de l’Atlantique puisse se reproduire dans cette région. Si cette espèce est expulsée du système, cela aura un impact important sur l’écosystème lui-même et tous les processus et interactions avec les espèces, car c’est un prédateur important », a expliqué Flemming Dahlke, l’un des auteurs de l’étude parue dans Science.

Petits poissons & réchauffement climatique

Les poissons sont bien plus vulnérables au réchauffement des océans que ce que l’on pensait auparavant, en particulier les embryons (Source : Allnaturalpetcare).

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À quoi ressemble un massif corallien dans les mers froides du Groenland ?

Les récifs coralliens ne se trouvent pas qu’au large de l’Australie ou dans les eaux tempérées. Ils prospèrent aussi dans les eaux froides et sombres du Groenland. Des scientifiques ont mis au jour un jardin sous-marin unique dans la baie de Davis, le premier en son genre dans cette région.

On imagine les coraux comme des communautés colorées qui se développent en récif dans les eaux chaudes et peu profondes. Pourtant, ils existent aussi dans les profondeurs de mers plus froides. Des chercheurs danois et anglais ont identifié au large du détroit de Davis, entre le Groenland et le Canada, un jardin sous-marin exceptionnel. Sous les eaux glacées de l’océan Arctique, une colonie de coraux mous prospère à environ 500 mètres de profondeur. Cet écosystème, unique en son genre dans cette région, a été décrit dans un article paru dans Frontiers in Marine Science.

Grâce à un dispositif peu onéreux composé d’une caméra GoPro, des lumières et lasers fixés, tous protégés par des housses pressurisées, sur une mouture métallique, les chercheurs ont pu identifier les espèces présentes, grâce à une vidéo de ce jardin tapi dans les ténèbres.

Coraux Arctique

Une photo du jardin de corail découvert au large du Groenland (ZSL/GINR).

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Le célèbre diamant Hope vient du plus profond de la Terre

Le diamant Hope est légendaire tant par son apparence que par le récit de ses origines. Les scientifiques ont en effet confirmé que celui-ci proviendrait des profondeurs de la Terre, là où peu de diamants voient le jour.

Le diamant Hope est l’un des joyaux les plus célèbres au monde. Retaillé à partir du Bleu de France, un diamant de la Couronne acheté par Louis XIV, il a inspiré le « Cœur de l’océan », visible dans Titanic et compte aujourd’hui parmi les pièces du muséum d’Histoire naturelle de Washington. Il aurait même, selon certains dires, la réputation d’être maudit — des allégations qui n’ont rien de scientifique. De récentes analyses semblent indiquer que le diamant bleu aurait vu le jour dans les entrailles de la Terre, à une profondeur trois fois supérieure à la distance moyenne à laquelle se forment les autres diamants. Il serait en cela rejoint par Cullinan, le plus gros diamant brut jamais découvert et figurant parmi les joyaux de la Couronne britannique.

« Nous avons examiné les premiers gros diamants provenant de façon sûre du manteau inférieur, à une distance de la surface bien plus importante que dans le cas d’autres diamants. Les résultats viennent en soutien des prédictions passées basées sur des pierres de plus petite taille, suggérant que les diamants aux propriétés similaires à ceux étudiés, dont le Cullinan et le Hope, sont des diamants super profonds », commente Evan Smith, de l’Institut géologique américain. Les diamants se forment sous des pressions intenses à l’intérieur du manteau terrestre. Tandis que la majorité d’entre eux naissent à la base des plaques continentales, à des profondeurs allant de 150 à 200 kilomètres, certains, plus rares, voient le jour plus profondément encore, là où le manteau se déplace lentement dans un mouvement de convection.

Diamant Hope

Le diamant Hope proviendrait des profondeurs de la Terre (Source : Smithsonian Museum).

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Record météo : un éclair de 700 km dans le ciel brésilien

C’est le plus long éclair jamais enregistré ! L’agence météorologique des Nations Unies vient d’annoncer officiellement ce nouveau record : l’éclair en question avait traversé le ciel brésilien le 31 octobre 2018, sur 709 kilomètres.

La distance équivaut à celle qui sépare les villes de Boston et de Washington DC ou, plus proche de nous, la distance entre Paris et Marseille. Ce nouveau record de « méga éclair » – tel que l’on surnomme ce genre de phénomène – vient d’être validé par les experts de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Ce record de distance s’accompagne d’un record de durée : l’OMM a également relevé un éclair dont le flash lumineux a duré 16,73 secondes ! Cet extraordinaire phénomène s’est déroulé le 4 mars 2019, au nord de l’Argentine. Ces chiffres ont été publiés en prévision de la Journée internationale de la protection contre la foudre, qui se déroulera le 28 juin.

Ces nouveaux records détrônent largement les derniers occupants du podium : ils correspondent à plus du double des derniers chiffres enregistrés ! En effet, le record précédent de la plus longue distance d’un seul éclair était de 321 kilomètres : il s’agissait d’un éclair détecté en juin 2007, dans l’Oklahoma. Concernant le record de durée, la première place était jusqu’à présent occupée par un flash de 7,74 secondes, enregistré dans le sud de la France en août 2012.

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Une gigantesque tempête de sable saharienne s’étendant à travers l’océan Atlantique observée depuis l’espace

Le Sahara et d’autres déserts d’Afrique du Nord sont fréquemment la source de grandes tempêtes de poussière s’étalant à travers l’océan Atlantique pour finir leur course en Amérique du Nord et du Sud. Ces phénomènes ont différents impacts sur les environnements qu’ils touchent. Dans certaines régions, ils peuvent endommager les écosystèmes, tandis que dans d’autres ils les aident à se renouveler. Dans tous les cas, ces tempêtes de poussière font généralement l’objet de remarquables photos prises depuis l’espace.

Les satellites de la NASA ont repéré un énorme panache brun de poussière du désert provenant du Sahara et s’étendant à travers l’océan Atlantique. Le vaste nuage de poussière, observé le 18 juin, a été repéré par l’Observatoire climatique de l’espace de la NOAA et le satellite Suomi NPP de la NASA-NOAA. Les images montrent le panache qui s’étend sur plus de 3200 km dans l’océan Atlantique Nord.

Une vue globale de la tempête de poussière de la caméra d’imagerie polychrome de la terre (EPIC) de DSCOVR montre l’ampleur du panache par rapport aux continents qui bordent l’Atlantique, selon le site de l’Observatoire de la Terre de la NASA. Le 18 juin également, le satellite Terra de la NASA a pu obtenir un aperçu détaillé de la tempête au-dessus des îles du Cap-Vert, au large de la côte ouest de l’Afrique, à l’aide de l’instrument MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer).

Tempête sable Sahara 06/2020

La taille gigantesque de la tempête de sable en provenance du Sahara est clairement visible sur cette vue satellite prise par le NOAA’s Deep Space Climate Observatory le 18 juin 2020 (Source : ASA/Joshua Stevens/MODIS).

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Pour quelles raisons les chauves-souris sont-elles si souvent impliquées dans l’émergence de maladies ?

Maladies se transmettant des animaux vertébrés à l’Homme, et vice-versa, les zoonoses sont étudiées par les biologistes depuis des siècles. Au cours des dernières décennies, leur nombre a toutefois augmenté ; la déforestation, la destruction d’écosystèmes et les perturbations des chaînes alimentaires n’étant que quelques-uns des facteurs impliqués dans cette recrudescence. Les chauves-souris sont notamment souvent pointées du doigt comme origine de nombreuses zoonoses. Pour quelles raisons ces animaux sont-ils si souvent impliqués dans l’émergence de telles maladies ?

De nombreux virus passent des animaux aux humains, un phénomène connu sous le nom de « débordement zoonotique ». Bien que les chercheurs ne sachent toujours pas avec certitude quel animal était à l’origine de la pandémie actuelle de coronavirus, l’attention se porte particulièrement sur les chauves-souris.

La transmission de virus des chauves-souris aux humains ne se résume pas à une morsure de chauve-souris. C’est souvent un scénario beaucoup plus complexe qui peut impliquer un hôte intermédiaire. De nombreux autres animaux sont également connus pour être des réservoirs de maladies humaines. Les rongeurs sont porteurs de la peste, les porcs transmettent la grippe et les oiseaux transportent le virus du Nil occidental. Alors, pourquoi les chauves-souris sont-elles si souvent accusées de transmettre des maladies ?

L’une des raisons pour lesquelles les chauves-souris sont accusées de transmettre des maladies n’a rien à voir avec la science. Les chauves-souris sont associées aux vampires et aux histoires d’horreur, ce qui provoque la peur et l’incompréhension envers ces créatures volantes selon Livia O. Loureiro, zoogénéticienne à l’université de Toronto.

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Le confinement permettrait de mieux comprendre les interactions en les humains et les animaux

Avec une bonne partie de la population mondiale coincée à la maison durant le confinement et la réduction significative des déplacements humains, les animaux sauvages réinvestissent les villes et les campagnes. Les scientifiques spécialistes des interactions humains-faune sauvage veulent profiter de cette parenthèse pour collecter des données précieuses permettant de mieux comprendre l’impact des activités de l’Homme sur la nature.

Pendant que les humains étaient confinés pour limiter la propagation de la Covid-19, la nature a repris ses droits. Derrière leur fenêtre, les citadins ont remarqué le retour des oiseaux, certains ont surpris des renards ou des cervidés au milieu des rues désertes et des tortues ont pu pondre leurs œufs en toute tranquillité sur une plage du Brésil.

Cette respiration pour le monde sauvage intéresse les chercheurs en environnement. En effet, comme on inactive un gène pour comprendre son rôle, « l’anthropause », c’est-à-dire la diminution globale des activités humaines, notamment les déplacements, pourrait offrir un aperçu inédit du lien qui unit la société humaine à la nature. Dans un commentaire publié par Nature Ecology & Evolution, 15 chercheurs européens et américains espèrent que les différents projets d’étude sur l’impact de l’humain sur la biodiversité se coordonneront pour collecter des données précieuses.

Pour certaines espèces animales, le confinement a été une véritable bouffée d’oxygène. Avec la diminution des menaces anthropiques comme la pollution sonore et le trafic terrestre et maritime, elles se sont déplacées plus librement. Ainsi, des rencontres rares ont pu être faites comme les dauphins dans le port de Trieste ou des chacals dans les rues de Tel Aviv en pleine journée.

Renard ville

Des renards et d’autres espèces plutôt discrètes ont été observés en ville durant le confinement.

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Voici comment les écoulements pyroclastiques des volcans provoquent de redoutables tsunamis

Les tsunamis, quand ils ne sont pas provoqués par des séismes sous-marins, peuvent tirer leurs origines des écoulements pyroclastiques, ces « avalanches » de roches et de gaz volcaniques qui dévalent les flancs d’un volcan côtier en éruption. L’impact et la dynamique de l’entrée en mer de ces coulées ont été étudiés car ce type de tsunamis, moins fréquents, causent néanmoins d’importants dégâts humains et matériels en raison de la proximité des zones densément peuplées.

Les écoulements pyroclastiques sont des mélanges de gaz et de particules (fragments de lave solidifiée) à haute température provoqués par l’effondrement d’un dôme de lave ou d’une colonne éruptive. Ces écoulements sont très mobiles et peuvent rapidement atteindre des zones situées à plusieurs kilomètres des centres éruptifs. Des exemples récents montrent que des tsunamis volcaniques peuvent être générés lorsque ces écoulements entrent dans la mer (ex. Montserrat 1997 et 2003, Stromboli 2019).

Le nouveau dispositif expérimental construit au LMV (Laboratoire Magmas et Volcans) permet de générer un écoulement granulaire fluidisé qui vient impacter l’eau à grande vitesse. Chaque expérience est filmée à partir de caméras à haute vitesse (250 images par seconde). L’objectif est de déterminer l’influence des différents paramètres dans la génération des tsunamis.

Ecoulement pyroclastique & tsunami

Les écoulements pyroclastiques lors des éruptions volcaniques génèrent des tsunamis.

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