Des nouvelles familles de tigres découvertes en Thaïlande, un « miracle »

Des bébés tigres ont été découverts dans un parc naturel dans l’est de la Thaïlande, ce qui constitue un « miracle » pour cette sous-espèce décimée par la déforestation et le braconnage généralisé, d’après les groupes de défense des animaux.

La Thaïlande, considérée comme une plaque tournante du trafic d’animaux sauvage en Asie, est l’un des treize pays où vivent encore des tigres à l’état sauvage, mais leur nombre a largement chuté ces dernières années. La dernière fois qu’une famille de tigres indochinois avait été aperçue remonte à 15 ans.

La déforestation, l’avancée des villages et le braconnage expliquent le recul du nombre de tigres en Asie. « Le rebond extraordinaire des tigres de l’est de la Thaïlande est un miracle », a expliqué John Goodrich, le directeur du programme tigre à Panthera, un groupe de préservation de ces animaux sauvages. D’après l’organisation, la Thaïlande est le seul pays au monde à avoir de nouvelles familles de tigres indochinois.

Tigre Thaïlande

Photo de deux tigres indonésiens dans une forêt thaïlandaise, prise en 2016 et fournie le 28 mars 2017 par Panthera, une ONG de protection des félins (Source : AFP/HO/DNP-FREELAND)

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Climat : « Nous venons d’observer un évènement inédit en Antarctique »

La surface de banquise dans l’Antarctique, jusqu’alors relativement préservée des effets du réchauffement climatique a brutalement décroché durant les derniers relevés.

C’est un graphique emblématique de la situation d’incertitude dans laquelle se trouve l’Antarctique, au pôle Sud de notre planète. Contrairement aux glaces du Groënland dont les surfaces se réduisent considérablement année après année, la surface de banquise de l’Antarctique demeurait, elle, relativement stable, voire même très légèrement à la hausse depuis des années.

Mais récemment, l’extension de la glace a brutalement décroché, passant de 16 à 14 millions de kilomètres carrés durant le mois de novembre, qui correspond au début du printemps en Antarctique. « C’est un phénomène d’une ampleur inédite, provoqué en partie par des températures supérieures de 2 à 4°C au dessus des normales de saison. Mais l’origine précise de ces températures si élevées est encore inconnue » a déclaré David Salas y Mélia, chercheur au Centre National de Recherches Météorologiques de Météo-France, durant une conférence de presse vendredi 24 mars 2017.

« On est désormais curieux de voir comment la banquise va se réinstaller l’année prochaine, après cette rupture hors norme » précise le climatologue. Une rupture qui marque peut-être la fin d’une tendance légèrement à la hausse de la couverture de la banquise au pôle sud de notre planète, depuis au moins les années 1970 (droite bleue sur le graphique ci-dessous). En effet, contrairement au pôle Nord de notre planète dont la banquise fond chaque année un peu plus à un rythme toujours plus alarmant, le pôle sud (Antarctique) semblait jusqu’à récemment à peu près épargné par les effets du réchauffement climatique. « Cette légère extension de la surface des glaces constatée au Pôle Sud était sans doute imputable à trois facteurs », explique David Salas y Mélia.

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L’arbre généalogique des dinosaures remis en question

Des paléontologues britanniques remettent en cause l’arbre phylogénétique des dinosaures, tandis qu’a été découvert en parallèle le plus grand assemblage d’empreintes en Australie.

Fin mars 2017, ce sont de grosses révolutions qui ont bousculé le petit monde de la paléontologie en quelques jours. Selon une étude de l’Université de Cambridge, l’actuel arbre phylogénétique des dinosaures pourrait bien ne plus être valable. Cette classification qui perdure depuis 130 ans répartit les dinosaures en deux grands groupes, les Saurischiens et les Ornithischiens.

C’est en fonction de leur bassin que les dinosaures sont généralement différenciés. Les Saurischiens, qui regroupent les Théropodes comme le célèbre Tyrannosaurus rex, mais aussi les sauropodomorphes comme le Diplodocus, ont un bassin de reptile avec un pubis dirigé vers le bas et vers l’avant. Les ornithischiens au contraire, ont un bassin d’oiseau avec un pubis également dirigé vers le bas, mais vers l’arrière.

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Les éruptions du jeune Soleil étaient hyperpuissantes

Dans deux météorites, dont celle d’Allende, les abondances de certains isotopes sont inexplicables avec l’activité solaire actuelle. Conclusion : dans sa jeunesse, les colères de notre Soleil étaient beaucoup plus fortes qu’aujourd’hui. Des centaines de milliers de fois, estiment les auteurs de cette étude.

La célèbre météorite d’Allende est tombée près du village du même nom au Mexique, le 8 février 1969. C’est une chondrite carbonée de type CV3, considérée comme la pierre de Rosette de la planétologie tant elle a fourni d’informations sur les premiers temps de la formation du Système solaire. Éparpillée sur plus de 150 kilomètres carrés, dans le district de Chihuahua au Mexique, en plusieurs centaines de fragments totalisant une masse de plus de 2 tonnes, elle a pu être étudiée à loisir par de nombreux cosmochimistes. On peut même en acheter des fragments à des prix raisonnables, de l’ordre d’une centaine d’euros.

L’analyse de ses inclusions riches en aluminium et en calcium (baptisées CAI, pour Calcium Aluminum-rich Inclusions) a révélé l’explosion d’une supernova très peu de temps avant la formation du Système solaire. Au début des années 1970, des chercheurs, notamment Robert Clayton et Jerry Wasserburg, y avaient en effet découvert des anomalies isotopiques de certains éléments, l’oxygène et, surtout, le magnésium, précisément ses isotopes 26Mg et 24Mg. Ces anomalies ne s’expliquaient bien que si un Little Bang, une supernova, avait d’abord injecté dans la nébuleuse protosolaire des éléments radioactifs à courte durée de vie, dont l’aluminium 26 se désintégrant en 26Mg, puis provoqué l’effondrement de cette nébuleuse.

L’étude d’Allende, la plus grosse météorite carbonée connue à ce jour, se poursuit toujours, afin d’en tirer de nouvelles informations sur l’origine du Système solaire. De fait, tout récemment des chercheurs de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP), du Muséum national d’histoire naturelle et de l’université de Paris-Diderot ont publié un article dans Nature Astronomy où ils ont encore fait parler les CAI d’Allende ainsi que ceux d’une autre chondrite CV3, Northwest Africa 8616 (NWA 8616).

Météorite Allende

Une coupe d’un échantillon de la météorite d’Allende.

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Des vidéos de l’embryon humain d’une précision inouïe

Une équipe française a filmé tissus et organes d’embryons humains âgés de 6 à 14 semaines, des zones jusque-là inaccessibles.

Voir en vidéos les premiers stades de la vie, à l’échelle de la cellule : c’est la prouesse d’une équipe coordonnée par des chercheurs de l’Inserm et de l’Institut de la vision, qui a réalisé photos et films en 3D de plusieurs tissus et organes d’embryons et fœtus humains âgés de 6 à 14 semaines. Pour y parvenir, ils ont combiné trois techniques innovantes, racontent-ils dans la revue Cell.

D’abord, l’immunofluorescence : elle consiste à utiliser des anticorps fluorescents qui se fixent spécifiquement sur des protéines exprimées par certaines cellules, permettant ainsi de les localiser. Pour visualiser le signal, ils ont rendu les tissus embryonnaires transparents grâce à une technique mise au point chez la souris en 2011 : plonger les tissus dans plusieurs solvants pour débarrasser les cellules de leurs membranes et permettre ainsi à la lumière de passer. Une fois la tâche accomplie, ils ont utilisé un microscope spécial à feuillet de lumière : un laser épais de deux micromètres scanne les échantillons transparents permettant de prendre une photo de chaque plan puis l’image 3D de l’organe est restituée par informatique.

Poumons embryonnaires

Image 3d du poumon humain embryonnaire. Les futures bronches et bronchioles en bleu et vert sont visibles ainsi que les vaisseaux sanguins en rouge. (Source : Institut de la vision)

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Journées mondiales des forêts, de l’eau et de la météo : les regards des satellites européens sur notre planète

Chaque année, les 21, 22 et 23 mars se tiennent les journées mondiales des forêts, de l’eau et de la météo. Comme le rappelle le Centre national d’études spatiales, des satellites, leurs yeux rivés sur notre planète, servent à établir des diagnostics et des suivis. Découvrez-les dans cette revue des programmes du CNES, en cours ou en projet, qui surveillent pour nous l’évolution de la végétation, l’humidité des sols, les risques d’inondation ou de sécheresse, etc.

21 mars : journée mondiale des forêts

Refuges de biodiversité, poumons de notre planète, tampons contre le réchauffement climatique, les forêts sont célébrées chaque année, depuis 2013, le 21 mars. Au Cesbio, un laboratoire toulousain sous cotutelle du Centre national d’études spatiales (CNES), elles sont observées et cartographiées depuis bien plus longtemps à l’aide de satellites radars tels que Sentinel-1 et Alos, ou optiques tels la série des SPOT et Sentinel-2 .

« Ces cartographies sont utiles pour suivre l’évolution des couverts forestiers en particulier dans les pays où le suivi depuis le sol est difficile voire impossible, comme dans certaines régions tropicales d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique du Sud, souligne Cécile Vignolles, responsable de la thématique forêts au CNES. [Elles] sont aussi de plus en plus utilisées pour vérifier le respect de traités internationaux ou de programmes comme Redd [Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation, NDLR] qui demande aux pays développés de compenser leurs émissions de carbone en participant, par exemple, à des programmes de plantations. »

Sentinel-2

Sentinel-2 repère très facilement les incendies dans les forêts, comme par exemple ici dans des plantations d’acacias en Indonésie. (Source : Copernicus Sentinel data 2017)

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Le cadavre d’un marsouin du Pacifique retrouvé : l’extinction se rapproche encore

En mars 2017, le corps d’un jeune marsouin du Pacifique a été trouvé sur une plage mexicaine. Un coup dur pour cette espèce qui ne compte plus qu’une trentaine d’individus.

Le cadavre d’un jeune marsouin du Pacifique (Phocoena sinus), possédant encore le cordon ombilical, a été découvert mi-mars 2017 par la célèbre organisation de protection des écosystèmes marins, Sea Sheperd, au large de la côte Mexicaine. Des analyses vont être effectuées sur le corps afin de déterminer la cause de la mort.

Chaque fois que le cadavre d’un individu de cette espèce est découvert, c’est un pas de plus vers l’extinction de cet animal qui se trouve être le plus petit cétacé du monde. Une étude publiée en février 2017 avait révélé que seulement 30 Phocoena sinus sont encore en vie, d’où le risque d’une extinction complète de cette espèce d’ici 2022. Une précédente étude réalisée entre septembre et décembre 2015 avait dénombré au total 60 marsouins. Et ils étaient une centaine en 2014 et encore le double en 2012. Des chiffres qui révèlent l’extraordinaire rapidité du déclin de cette population, causé par une pêche aussi accidentelle qu’illégale.

Marsouin du Pacifique

Marsouin du Pacifique

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