La plus grande batterie de stockage électrique du monde s’installe en Guyane

En Guyane, cette centrale solaire exploite un stockage sous forme de batteries et d’hydrogène comprimé, de capacité exceptionnelle, afin de lisser la production. L’installation sera compétitive face aux autres sources d’électricité, comme l’explique Sylvain Charrier, responsable de HDF Energy.

Plus grosse que celle de Tesla : Hydrogène de France (HDF Energy) va construire en Guyane la plus grosse centrale du monde de production et stockage d’électricité renouvelable. Son parc de panneaux photovoltaïques de 55 MW sera couplé avec une capacité de stockage de 120 MWh à base d’hydrogène, plus un stockage d’appoint par batteries lithium-ion de 20 MWh. Soit 140 MWh au total, contre 129 MWh pour celle de Tesla, située en Australie.

« L’alliance de deux technologies de stockage permet de profiter des avantages de chacune, détaille Sylvain Charrier, le directeur du développement de HDF pour l’Outre-mer. L’hydrogène stocke l’énergie sur de longues périodes, tandis que les batteries sont capables de restituer l’électricité très rapidement, dans la milliseconde. » L’électricité solaire sert à hydrolyser de l’eau, produisant de l’hydrogène (et de l’oxygène), stocké sous forme de gaz comprimé dans de grands conteneurs de 12 mètres de long. L’opération inverse produit de l’électricité dans une pile à combustibles. Ainsi, « la centrale ne rejettera que de l’oxygène et de la vapeur d’eau », assure Sylvain Charrier.

Container HDF Energy

L’électricité solaire est stockée sous forme de gaz comprimé dans des bouteilles empilées à l’intérieur de conteneurs de 12 mètres de long (Source : HDF Energy).

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Intelligence artificielle : un regard neuf sur l’évolution des galaxies

L’intelligence artificielle vient en renfort aux astronomes. À leurs côtés, elle déchiffre les secrets des galaxies dans les simulations cosmologiques et dans les images de Hubble, avec un objectif : comprendre comment ces machines à étoiles évoluent. Cette collaboration originale donne des résultats impressionnants, comme l’explique l’astrophysicien Marc Huertas-Company, qui l’a mise en place avec ses collègues.

Les galaxies, ces impressionnantes structures de l’Univers, ne vivent que pour transformer le gaz d’hydrogène, élément le plus abondant depuis le Big Bang, en étoiles. En résumé, « les galaxies sont des usines à fabriquer des étoiles », déclare Marc Huertas-Company, astrophysicien à l’Observatoire de Paris et à l’université Paris Diderot. Mais cette vie n’a rien d’un long fleuve tranquille…

Les galaxies traversent des phases très actives, pendant lesquelles elles forment énormément d’étoiles, et d’autres plus calmes. Un de ces épisodes de forte activité, appelé phase blue nugget, intéresse particulièrement les astronomes car il conduit à la formation du bulbe galactique, cette concentration d’étoiles au cœur des galaxies. Mais, cependant, « cette phase caractéristique où la galaxie arrive à créer un bulbe a été identifiée dans les simulations », indique Marc Huertas-Company, mais pas dans les observations. Jusqu’à maintenant.

En mobilisant de façon novatrice les techniques d’apprentissage profond, branche de l’intelligence artificielle, lui et ses collègues ont réconcilié les simulations cosmologiques et les données observationnelles. Dans le cadre du projet « Deep learning for galaxies », ils ont en effet entraîné un réseau neuronal convolutif à classer les galaxies générées par ordinateur selon leur stade d’évolution. L’outil a ensuite reproduit l’exploit avec les images prises par le télescope spatial Hubble. Ces résultats plus que prometteurs ont été publiés dans The Astrophysical Journal.

Intelligence artificielle évolution galaxies

Des chercheurs ont entraîné une intelligence artificielle à classer les galaxies suivant leur stade d’évolution. Cela peut les aider à mieux comprendre l’histoire et la vie des galaxies. (Source : NASA/ESA/Legus Team)

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Des déchets alimentent Perpignan en électricité et en chaleur

L’usine de Calce, qui produit de l’électricité grâce aux déchets, s’est dotée d’un outil supplémentaire de valorisation : celle de la « chaleur fatale », issue de l’unité de traitement. Acheminée par un réseau de 15 km, cette chaleur sert à des activités industrielles, à des écoles et au centre hospitalier, qui l’utilise également pour produire du froid.

Depuis 2003, à une dizaine de kilomètres de Perpignan, l’usine de valorisation des déchets de Calce fournit au réseau EDF 100.000 MWh par an. Les déchets ménagers non recyclables sont acheminés vers l’installation de combustion, unité qui produira de l’électricité et de la chaleur. Les déchets de collectes sélectives sont, eux, destinés au centre de tri pour valorisation matière.

L’écopôle de Calce, construit et exploité par Tiru, filiale de Dalkia, pour le compte du Sydetom66 (Syndicat départemental de transport, de traitement et de valorisation des ordures ménagères des Pyrénées-Orientales) réunit sur un même site l’Unité de Valorisation Énergétique des déchets (UVE) et un centre de tri de la collecte sélective.

Valorisation déchets Perpignan

À Perpignan, la valorisation des déchets sert à la production d’électricité et fournit aussi de la chaleur.

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Panneaux solaires : des cellules photovoltaïques plus efficaces grâce à un colorant

Nouveaux matériaux, nouveaux designs : tout est bon pour améliorer l’efficacité des panneaux solaires photovoltaïques, y compris, comme le proposent aujourd’hui des chercheurs américains, de les recouvrir de nanoparticules « réverbérantes » dopées aux colorants organiques.

Pour améliorer les performances des panneaux solaires photovoltaïques (PV), les chercheurs déploient des trésors d’ingéniosité. Parmi les pistes qu’ils explorent : offrir aux cellules PV le moyen de convertir en électricité un spectre plus large de la lumière solaire reçue. Pour ce faire, des chercheurs américains du Lawrence Berkeley National Laboratory (Berkeley Lab) proposent aujourd’hui une idée nouvelle qui repose sur des nanoparticules pour ainsi dire « réverbérantes ».

Les nanoparticules « réverbérantes », quèsaco ? Les anglophones les appellent upconverting nanoparticles (UCNP), comprenez « nanoparticules à conversion ascendante ». Ce sont des lanthanides (comme l’ytterbium ou l’erbium) capables d’absorber des photons de relativement faible énergie (comme les photons du proche infrarouge) pour réémettre des photons de plus grande énergie (comme les photons du domaine visible).

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Inédit : la Terre filmée en couleurs et en HD par un satellite commercial

À l’imagerie spatiale, il faudra bientôt ajouter la vidéo spatiale ! Earth-i, une entreprise britannique, vient de rendre publiques les premières vidéos de la Terre filmées par un satellite précurseur de sa future constellation. En manque d’idées pour monter votre start-up et créer un service innovant ? Alors pourquoi ne pas utiliser des clips à 50 images par seconde ?

À l’ère du New Space, l’observation de la Terre et le marché de la commercialisation et de l’utilisation des données ont ouvert un nouveau chapitre de la conquête de l’espace. Aujourd’hui, les constellations sont capables de la photographier sous toutes ses coutures avec des résolutions proches de celles des satellites militaires, des temps et fréquences de revisite de plus en plus courts et des restitutions d’images quasiment en temps réel.

Pour compléter ce marché de l’imagerie commerciale et se démarquer des services existants, la société britannique Earth-i parie sur l’acquisition de vidéos depuis l’orbite à l’aide d’une constellation qui serait formée de cinq satellites dans un premier temps, puis quinze en cas de succès commercial. Ce serait inédit au niveau mondial pour des satellites civils. Les satellites militaires, bien sûr, le font déjà, avec des résolutions meilleures et un champ d’image plus large (celui de Earth-i est limité à un carré de 5 kilomètres de côté).

Dubaï Pléiades

Le quartier du Burj Khalifa à Dubaï photographié par Pléiades (Source : Airbus Intelligence).

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Ce robot-poisson explore les fonds marins sans déranger la faune

Des ingénieurs du MIT ont développé un poisson-robot afin d’explorer les océans sans déranger la faune environnante.

Elle s’appelle SoFi et c’est un robot-poisson. SoFi est l’œuvre d’une équipe du laboratoire d’informatique et d’intelligence artificielle du Massachusetts Institute of Technologie, le fameux MIT. SoFi est un exemple de robotique molle (des robots qui comprennent des parties souples ou déformables), ce qui lui permet de nager comme un poisson dans l’eau. Elle ondule de la queue naturellement, grâce à un système de pompe à eau alimenté par un moteur et une batterie similaire à celle que l’on trouve dans nos smartphones. La flexibilité de ses composants lui permet d’avoir l’air suffisamment à l’aise pour que les autres animaux marins pensent qu’elle est l’une des leurs, et ainsi elle peut explorer les milieux marins sans déranger la faune.

SoFi peut plonger jusqu’à 18 mètres de profondeur et se pilote par télécommande jusqu’à 21 mètres de distance. Vu que les ondes radio passent très mal dans l’eau, les chercheurs ont utilisé des ondes sonores pour transmettre les instructions permettant de diriger le robot poisson. Elle peut prendre des photos et des vidéos en haute résolution et pourrait donc devenir un reporter des fonds marins.

Poisson-robot SoFi

SoFi est un robot développé par des ingénieurs du MIT pour explorer les océans.

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Energies marines, la nouvelle vague

Alors que la France veut 40% d’énergies renouvelables en 2030, la mer pourrait fournir des solutions. Revue des projets.

« J’ai voulu ne demander qu’à la mer, elle-même, les moyens de produire mon électricité. » La vision de Jules Verne dans Vingt mille lieues sous les mers n’a jamais été autant d’actualité. Le changement climatique presse les Etats de se libérer de leur dépendance aux combustibles fossiles et le rêve de l’écrivain, rédigé voilà plus de cent cinquante ans, est devenu un enjeu de recherche autant qu’un levier pour la transition énergétique. Reste à savoir comment extraire ces énergies marines renouvelables (EMR). Aujourd’hui, plusieurs technologies coexistent à des stades plus ou moins avancés.

La plus développée demeure indéniablement l’éolien offshore, dont la capacité de production a bondi de 25% à l’échelle européenne l’année dernière (16 gigawatts). Il a deux avantages sur son équivalent terrestre : la taille et la puissance.

Placés à une quarantaine de kilomètres en moyenne des côtes, les moulins à vent ne sont plus une pollution visuelle. A ce jour, avec 260 mètres de hauteur (50 de plus que la Tour Montparnasse), l’éolienne la plus élevée est maritime. Elle s’appelle Haliade-X et va être produite principalement en France par l’électricien américain GE Renewable Energy. Un gigantisme qui lui permettra, à l’horizon 2019, de produire 45% d’énergie de plus que les turbines actuelles, tout en profitant – autre intérêt de l’éolien en mer – des vents plus soutenus et plus réguliers que ceux du continent.

Hydrolienne Paimpol-Bréhat

Une photo de l’hydrolienne qui a été immergée sur le site de Paimpol-Bréhat, dans les Côtes d’Armor (Source : AFP).

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