Fonte massive des glaces du Groenland : « un point de non-retour » selon les experts

Des chercheurs américains affirment que la calotte glaciaire du Groenland fond tellement vite que les chutes de neige ne parviennent plus à la reconstituer. Ces glaciers pourraient ainsi disparaître de façon définitive…

Après avoir étudié quarante années de données satellites concernant plus de 200 grands glaciers de cette zone, des scientifiques de l’Université d’État de l’Ohio sont arrivés à une bien triste conclusion : même si la température terrestre globale cesse d’augmenter, la glace du Groenland continuera à fondre. Sa disparition complète pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur les populations côtières du monde entier.

La calotte glaciaire du Groenland est la deuxième plus grande masse de glace du monde. Habituellement, les chutes de neige régulières permettent de reconstituer la glace disparue lors des saisons chaudes. Mais ce n’est plus le cas, la glace fond bien trop rapidement. « Ce que nous avons constaté, c’est que la glace qui se déverse dans l’océan dépasse de loin la neige qui s’accumule à la surface de la calotte glaciaire », résume Michalea King, auteure principale de l’étude et chercheuse au Byrd Polar and Climate Research Center de l’Ohio State University.

Or, la calotte glaciaire du Groenland a largement contribué à l’élévation mondiale du niveau de la mer au cours des dernières décennies. La masse de glace était relativement stable jusque dans les années 1990, mais les pertes annuelles ne cessent d’augmenter depuis. Une étude publiée dans Nature en décembre 2019 rapporte qu’entre 1992 et 2018 le Groenland a perdu plus de 3 900 milliards de tonnes de glace !

Fonte glaces Groenland

Des chercheurs affirment que les glacier du Groenland pourraient ainsi disparaître de façon définitive.

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Les Malaisiens veulent ressusciter le rhinocéros de Sumatra

Avec la mort en novembre 2019 du dernier rhinocéros de Sumatra de Malaisie, s’est éteint l’espoir de reproduire les animaux de manière naturelle. Les scientifiques comptent à présent sur les cellules souches pour faire revivre l’espèce. Un projet loin d’être gagné.

Le dernier rhinocéros de Sumatra de Malaisie s’est éteint le 25 novembre 2019. La femelle, dénommée Imam, est morte à l’âge de 25 ans d’une hémorragie massive liée à un cancer, dans une réserve de l’île de Bornéo. Son décès faisait suite à celui de Tam, le dernier mâle éteint six mois plus tôt. Les nombreuses tentatives pour les faire se reproduire ont été vaines, et les Malaisiens se tournent donc à présent vers la science pour faire revivre leur rhinocéros.

Le projet, mené par l’université internationale islamique de Malaisie, repose sur l’utilisation de cellules souches provenant d’Imam et de deux autres rhinocéros morts. « Si nous n’avions que des tissus morts, nous ne pourrions rien en faire. Mais nous disposons de cellules qui ont été conservées vivantes, c’est pourquoi je suis assez confiant sur la réussite du projet », assure Muhammad Lokman, dans une interview à CNN. Les cellules souches ont été prélevées dans le cœur, les poumons le cerveau et les reins des animaux juste avant leur décès.

Deux approches sont ensuite possibles : soit convertir les cellules souches en sperme et en ovules, les féconder in vitro, puis implanter l’embryon chez un autre rhinocéros de Sumatra — ou une espèce proche comme le cheval–, soit utiliser un ovocyte d’une mère porteuse, retirer son noyau, et le remplacer par une cellule différenciée d’un des rhinocéros décédés. Cette deuxième technique est celle couramment utilisée pour le clonage d’animaux. Pour augmenter les chances de succès, les deux possibilités seront testées, rapporte CNN.

Dicerorhinus sumatensis

Le rhinocéros de Sumatra n’existe plus à l’état sauvage en Malaisie depuis 2014 (Source : International Rhino Foundation).

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Maurice : du fioul s’écoule à nouveau du bateau échoué

Cent tonnes de fioul restent encore dans le vraquier MV Wakashio qui s’est abîmé au large de l’île Maurice. C’est ce reliquat qui a commencé à s’écouler le 14 août, noircissant l’eau autour du navire.

Du fioul a recommencé à s’écouler vendredi du bateau échoué depuis trois semaines au large de l’île Maurice, ont annoncé les autorités locales, alors que les questions se multiplient sur les raisons pour lesquelles le navire a pu s’approcher aussi près de la côte. Le vraquier MV Wakashio, appartenant à un armateur japonais, s’est échoué le 25 juillet sur un récif à la Pointe d’Esny, au sud-est de l’île Maurice, avec 3.800 tonnes de fioul et 200 tonnes de diesel à bord.

Une semaine après, entre 800 et 1.000 tonnes de fioul se sont échappées de ses flans éventrés et ont souillé les côtes, notamment des espaces protégés avec des forêts de mangrove et des espèces menacées. Les équipes d’intervention ont mené une course contre la montre pour pomper le reste du carburant, alors que le bateau menaçait de se briser à tout moment.

Mercredi soir, les autorités mauriciennes ont annoncé que tout le fioul contenu dans les réservoirs avait été pompé et qu’il n’en restait plus que 100 tonnes sur le bateau, notamment dans la cale. C’est ce reliquat qui a commencé à s’écouler vendredi. « Selon les experts, ce genre de fuite était prévisible et est dû à la manière dont le bateau se tord et se déforme », a indiqué dans un communiqué le comité de crise mis en place pour gérer la marée noire.

Echouage MV Wakashio île Maurice

Le vraquier MV Wakashio échoué au large des côtes de l’Ile Maurice, le 11 août 2020 (Source : L’Express Maurice/AFP)

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Des chercheurs ont trouvé un talon d’Achille au coronavirus

Les interactions entre les protéines S virales de surface et leur récepteur cellulaire sont un élément clé pour que le coronavirus puisse entrer dans la cellule. Une étude américaine a identifié une zone de la protéine S qui, si elle est modifiée, réduit la force de ces interactions.

Depuis son émergence, le coronavirus SARS-CoV-2 est étudié sous toutes les coutures par des scientifiques du monde entier. Parmi les structures de ce virus, la protéine S est sûrement l’une des plus étudiées. En effet, c’est cette protéine qui se lie au récepteur cellulaire ACE2 et qui autorise l’entrée du virus dans la cellule hôte. Une région bien précise de la protéine S est l’objet de recherches, la région RBD pour receptor binding site, qui correspond au petit bout de la protéine S qui est physiquement en contact avec ACE2.

Pourtant, deux chercheurs de l’université Evanston de l’Illinois ont identifié une autre région de la protéine S, située à quelques nanomètres du domaine RBD qui, si elle est modifiée, affaiblit la liaison RBD-ACE2, ce qui aurait un effet sur la capacité du virus à entrer dans la cellule.

Covid-19

La protéine S recouvre le coronavirus et lui permet d’infecter les cellules humaines.

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Indonésie : alerte aérienne après une nouvelle éruption du Sinabung

Le volcan indonésien du mont Sinabung est à nouveau entré en éruption jeudi, avec une série d’explosions qui ont envoyé des cendres à deux kilomètres de haut, déclenchant une alerte aérienne et des craintes de coulées de lave.

Il s’agit de la huitième éruption en moins d’une semaine de ce volcan situé sur l’île de Sumatra mais aucune victime ni dégât majeur n’ont été signalés. La dernière éruption meurtrière du volcan remonte à 2016.

Les autorités ont émis une alerte pour les avions circulant près du volcan. « La possibilité d’autres éruptions existe et les compagnies aériennes se voient demander d’être en alerte », a expliqué Raditya Jati, un porte-parole de l’agence chargée des catastrophes naturelles.

Eruption Mont Sinabung Indonésie 13/08/2020

Des villageois observent l’éruption du volcan indonésien du mont Sinabung le 13 août 2020 depuis la localité de Karo, sur l’île de Sumatra (Source : AFP).

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Un sosie de la Voie lactée découvert aux confins de l’Univers défie les astronomes par son calme

Aussi surprenant que cela peut paraître, cette galaxie, bien que semblable à un anneau de lumière, ressemble à la Voie lactée ! Baptisée SPT0418-47, cette galaxie est déformée gravitationnellement par une galaxie voisine, ce qui explique qu’elle apparaît sous cette forme d’anneau. Elle a été découverte grâce à l’observatoire submillimétrique Alma. Son intérêt n’est pas seulement artistique. C’est la première fois que des astronomes découvrent une galaxie aussi jeune que calme.

Des astronomes utilisant l’observatoire Alma de l’ESO ont découvert une galaxie extrêmement lointaine. Baptisée SPT0418-47, cette galaxie est si distante que sa lumière a mis plus de 12 milliards d’années à nous parvenir : « nous l’apercevons telle qu’elle était lorsque l’Univers n’était âgé que de 1,4 milliard d’années », explique Francesca Rizzo, doctorante à l’Institut Max-Planck dédié à l’Astrophysique en Allemagne, qui a piloté l’étude publiée ce jour au sein de la revue Nature.

Ce qui fait l’intérêt de cette découverte n’est pas la distance à laquelle se situe cette galaxie. Des galaxies encore plus lointaines ont déjà été découvertes. Son intérêt s’explique par ses similitudes avec la Voie lactée. Bien que SPT0418-47 semble dépourvue de bras spiraux, elle présente au moins deux des caractéristiques typiques de notre Voie lactée : un disque en rotation et un bulbe, caractérisé par une forte densité d’étoiles autour du centre galactique. C’est en effet la toute première fois que la présence d’un bulbe est détectée dans un Univers si jeune, ce qui confère à SPT0418-47 le statut de sosie le plus distant de la Voie lactée. Cela dit, les astronomes s’attendent à ce qu’elle évolue différemment de la Voie lactée et qu’elle se joigne à la classe des galaxies elliptiques, un autre type de galaxies qui, aux côtés des spirales, peuplent l’Univers actuel.

Galaxie SPT0418-47

Grâce à Alma, les astronomes ont découvert une galaxie extrêmement lointaine qui ressemble étonnamment à notre Voie lactée. Baptisée SPT0418-47, la galaxie est amplifiée gravitationnellement par une galaxie voisine et nous apparaît sous la forme d’un anneau de lumière quasi parfait sur fond de ciel noir. (Source : Alma/ESO/NAOJ/NRAO/Rizzo et al.)

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Covid-19 : que sait-on de Spoutnik V, le candidat vaccin russe ?

Le président russe Vladimir Poutine a surpris le monde en annonçant que la Russie avait achevé la mise au point d’un vaccin contre Covid-19. Coup de com’ dans la course au vaccin ou avancée inédite ? Voici ce qu’on en sait.

Le président russe Vladimir Poutine a surpris le monde en annonçant, mardi 11 août 2020, que la Russie avait achevé la mise au point d’un vaccin contre le Covid-19. Une déclaration reçue avec scepticisme par la communauté scientifique. Et pour cause, celui qu’il convient encore d’appeler « candidat-vaccin » n’a été testé que chez 76 volontaires à en croire le Dr Denis Logunov qui a dirigé les travaux. Parmi les personnes ayant reçu le « Spoutnik V » – V pour vaccin, c’est son petit nom -, on trouve Denis Logunov lui-même, mais aussi le chef du Fonds d’investissement direct russe, Kirill Dmitriev, principal investisseur, et… l’une des filles du président russe, comme l’a expliqué Vladimir Poutine lors de son annonce.

Selon le Dr Logunov, chacun des participants « a tenu un ‘journal des volontaires’, dans lequel des effets secondaires ont été notés : fièvre, éruption cutanée, rougeur au site d’injection. » Des effets courants lors d’une vaccination qui ne s’accompagneraient d’aucun autre signal. Reste que le Spoutnik V, développé au Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa, qui dépend du ministère russe de la santé, ne fait à l’heure actuelle l’objet d’aucune publication scientifique.

Comme au moins six autres candidats vaccins, le Spoutnik V utilise un vecteur viral chargé de présenter au système immunitaire un élément clé du coronavirus contre lequel il doit se défendre. En l’occurrence c’est un adénovirus de type 5 qui est utilisé. Déjà peu dangereux, il est rendu plus sûr par édition génétique de façon à le rendre incapable de se reproduire dans des cellules humaines. Il peut y pénétrer, mais sa réplication sera impossible.

Candidat vaccin russe Covid-19

Des fioles du candidat vaccin russe mis au point au Gamalei Scientific Research Institute of Epidemiology and Microbiology du ministère de la santé russe (TASS/SIPA).

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C’est confirmé : Cérès, dans la ceinture d’astéroïdes, abrite un océan d’eau liquide

De nouvelles études confirment l’existence d’un océan d’eau salée à l’état liquide sous la surface de Cérès. Une découverte qui montre que l’eau est un élément bien plus courant dans le Système solaire qu’on ne le pense et renforce l’intérêt d’envoyer une mission sur la surface de cette planète naine. Les explications de Patrick Michel, spécialiste mondial des petits objets du Système solaire, directeur de recherches au CNRS et membre des équipes scientifiques des missions Hayabusa et Osiris-Rex.

Cérès n’en finit pas d’étonner et d’intriguer les scientifiques qui l’étudient depuis sa découverte en 1801. Fossile d’une époque aujourd’hui disparue, celle qui a vu naître les planètes du Système solaire, Cérès a tour à tour été considérée comme une planète à part entière, puis comme un astéroïde, avant d’être classée comme une planète naine. Depuis la mission Dawn de la NASA, qui a exploré Vesta de juillet 2011 à juillet 2012, et Cérès de février 2015 à octobre 2018, l’histoire de sa formation commence à être mieux comprise, bien que des questions soient encore en suspens.

Lundi 10 août, une série d’articles publiés par différentes revues scientifiques ont fait le point sur l’état des connaissances de cette planète et accrédité la thèse selon laquelle cette planète naine est un monde océanique. La découverte d’un vaste réservoir de saumure, une solution aqueuse saturée en sel, caché sous le cratère Occator et la présence de chlorure de sodium hydraté sur la plus grande zone brillante de ce cratère accréditent cette hypothèse.

C’est ce que confirme Patrick Michel, astrophysicien, directeur de recherches au CNRS et membre des équipes scientifiques des missions Hayabusa et Osiris-Rex qui tient à préciser que, parlant de Cérès, « nous allons de découverte en découverte et donc, de surprise en surprise ». La confirmation de l’existence de cet océan n’en est pas vraiment une car « on soupçonnait déjà qu’il pouvait y avoir un océan liquide dans la sous-surface de Cérès ». Mais ces publications fournissent des « données très robustes dans ce sens, et montrent que si de telles structures existent sur Mars et sur certains satellites glacés, c’est la première fois qu’on les met en évidence sur une planète naine, d’à peine 950 kilomètres de diamètre ».

Cérès

La planète Cérès et ses taches blanches brillant au fond de plusieurs cratère, photographiée par la sonde Dawn (Source : NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA).

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Des experts de l’ONU sur l’Ile Maurice pour aider à la lutte contre la marée noire

Une équipe d’experts de l’ONU est arrivée le 11 août 2020 sur l’île Maurice. Elle doit participer aux efforts pour empêcher la fuite d’hydrocarbures d’endommager encore plus son environnement, de nouvelles fissures étant apparues dans la coque du bateau échoué.

Des équipes d’intervention étaient engagées dans une course contre-la-montre pour pomper les hydrocarbures qui se sont échappées du vraquier MV Wakashio. Le bateau, appartenant un armateur japonais, et qui transportait 3.800 tonnes de fioul et 200 tonnes de diesel, a heurté le 25 juillet un récif à Pointe d’Esny. L’équipe composée d’experts de différentes agences des Nations unies apportera son « soutien aux efforts pour atténuer l’impact de la fuite de pétrole sur les ressources naturelles et la population », a indiqué un communiqué du bureau de l’ONU à Maurice.

Les autorités ont prévenu que le bateau pourrait se scinder en deux à tout moment, des fissures dans la coque s’élargissant de jour en jour. Le Japon a dépêché lundi une équipe de six membres, dont des gardes-côtes, pour aider les autorités mauriciennes. Selon la Mitsui OSK Lines, la société japonaise qui exploite le navire, 1.180 tonnes de fioul se sont déjà déversées dans les eaux d’un bleu surnaturel qui font la réputation de l’île Maurice. Il reste encore quelque 1.800 tonnes de fioul à bord du navire, a ajouté Mitsui OSK Lines.

Echouage MV Wakashio île Maurice

Le vraquier MV Wakashio échoué au large des côtes de l’Ile Maurice, le 11 août 2020 (Source : L’Express Maurice/AFP)

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Le calcium de nos os est né d’une explosion stellaire rare

Le calcium est le constituant principal de nos os et de nos dents. Produit par les étoiles, il est ensuite dispersé dans l’Univers. Et notamment lors d’explosions stellaires rares. Tellement rares qu’elles restaient, pour les astronomes, extrêmement mystérieuses. Mais, aujourd’hui, une équipe dévoile quelques-uns des secrets de ces supernovae riches en calcium.

L’oxygène, le carbone ou encore l’azote qui entrent dans la composition de nos cellules sont nés au cœur des étoiles. Et même le calcium essentiel à nos os. Tous ces éléments ont ensuite été éjectés dans l’espace par de violentes explosions d’étoiles en supernovae. Certaines d’entre elles sont qualifiées par les astronomes de supernovae riches en calcium. Mais elles restent rares. D’où la difficulté jusqu’alors pour les chercheurs à expliquer l’abondance en calcium observée dans notre Voie lactée, par exemple.

Aujourd’hui, des travaux menés dans plusieurs observatoires à travers le monde par une équipe de 70 scientifiques pourraient bien éclairer le problème d’une lumière nouvelle. Car, pour la première fois, des chercheurs ont pu observer aux rayons X une supernova riche en calcium, baptisée SN 2019ehk. « Aucune théorie n’avait imaginé que ces phénomènes pourraient s’accompagner d’une émission X », note Raffaella Margutti, astronome à l’université Northwestern (États-Unis), dans un communiqué de l’université de Californie.

Supernova riche en calcium

Des chercheurs expliquent comment l’explosion d’une étoile en supernova peut produire le calcium essentiel à nos os. Sur cette vue d’artiste, la supernova SN 2019ehk. Le matériau riche en calcium apparaît en orange. En violet, une couche de gaz rejetée par l’étoile juste avant son explosion. (Source : Aaron M. Geller/Université Northwestern)

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