Le recyclage des plastiques en France a encore une grande marge de progrès

100% de plastiques recyclés en France ? L’objectif semble encore lointain, en dépit du système de « bonus-malus » souhaité par le gouvernement pour 2019.

La secrétaire d’État à la Transition écologique, Brune Poirson, avait annoncé en août 2018 la mise en place en 2019 d’un bonus-malus sur les emballages plastiques pour inciter à choisir du plastique recyclé. Le gouvernement français avait alors en outre fixé un objectif de 100% de plastiques recyclés d’ici 2025, qui vise à « créer un électrochoc pour sortir du ronronnement du système actuel », expliquait Brune Poirson. Car 100% du plastique n’est pas, même aujourd’hui, recyclé : pour 2016, ce taux plafonnait à seulement 26%. État des lieux des filières de tri et de recyclage.

Les consignes de tri nationales ne concernent pas encore l’ensemble des emballages plastiques. Les bouteilles et flacons sont recyclables depuis 1993, selon le Comité technique pour le recyclage des emballages plastiques (Cotrep). Mais l’organisme de collecte Citeo a prévu de généraliser progressivement d’ici 2022 le tri à l’ensemble des emballages plastiques, dont les pots, barquettes et films plastiques. L’effort doit aussi se poursuivre sur les plastiques déjà triés aujourd’hui : à Paris ou Marseille, moins d’une bouteille sur dix est collectée, a rappelé Brune Poirson.

Fin 2016, un quart des Français étaient en mesure de recycler l’ensemble des plastiques (y compris les films, sachets, pots et barquettes), soit plus de 15 millions de personnes contre 3,7 millions en 2014. Pour améliorer la collecte, la secrétaire d’État à la transition écologique, Brune Poirson, a annoncé au Journal du Dimanche la volonté du gouvernement d' »uniformiser la couleur des poubelles pour créer des automatismes ». Elle prévoit aussi de « clarifier l’étiquetage » des produits pour aider les consommateurs à trier. D’ici 2020, la généralisation du logo Triman, lancé en 2015, permettra de savoir si un produit a été fabriqué avec du plastique recyclé, et s’il est recyclable. Ce logo est souvent utilisé avec l' »Info-Tri Point Vert », qui indique clairement si un produit est à jeter ou à recycler.

Logo Triman

Le logo Triman d’Eco Emballages.

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L’ESA va installer une vigie des tempêtes solaires à 1,5 million de km de la Terre

L’Agence spatiale européenne souhaite mettre en place un système d’alerte précoce pour la météorologie spatiale. L’idée est d’installer sur le point de Lagrange numéro 5 un satellite qui sera en mesure de surveiller le Soleil en permanence, de façon à détecter une activité solaire dangereuse avant qu’elle ne se déclenche en direction de la Terre. Provisoirement baptisé L5, ce satellite pourrait être lancé en 2025. Sa réalisation et celle des instruments qu’il embarquera s’annoncent d’ores et déjà comme un défi technologique.

Devenus indispensables dans notre quotidien, les systèmes spatiaux sont sensibles aux phénomènes météorologiques que génère l’activité solaire.

De la même manière que la chaleur du Soleil détermine la météorologie sur la Terre, l’activité solaire est responsable des perturbations de notre environnement spatial. En plus d’émettre un flux continu de particules chargées, connu sous le nom de vent solaire, le Soleil produit parfois des éruptions appelées éjections de masse coronale (CME), expulsant des milliards de tonnes de matériaux liés à des champs magnétiques, souvent dans des volumes plus grands que la Terre. Ces éjections de particules peuvent endommager l’électronique et les composants électriques des satellites, les cellules des panneaux solaires et détériorer la qualité des informations qu’ils transmettent (signaux TV, télecom, navigation). Ces éruptions solaires et les orages géomagnétiques provoquent aussi le réchauffement de la haute atmosphère qui peut s’étendre jusqu’à des altitudes empruntées par les satellites. La pression qui s’exerce sur les satellites les contraint à changer de trajectoire.

La météorologie spatiale a aussi des effets sur Terre. Les orages géomagnétiques peuvent perturber les réseaux de distribution d’électricité, les communications radio, civiles ou militaires et le fonctionnement des téléphones mobiles peuvent être perturbés par les émissions radio solaires et l’activité de la ionosphère. L’aviation commerciale est aussi exposée au rayonnement qui provoque des radiations. En moyenne, les passagers des vols long-courriers reçoivent l’équivalent en rayon X d’une radio du poumon et sont aussi susceptibles d’être soumis à des doses de radiation de cinq à dix fois plus élevées que celles au sol.

Météo Soleil

L’activité du Soleil pourrait perturber des infrastructures spatiales et terrestres.

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Système solaire : il y a plusieurs anneaux de poussière autour du Soleil

Trois anneaux de poussière formant des sortes de tores autour des orbites de la Terre, Vénus et maintenant Mercure ont été découverts ces dernières années. L’étude de ces anneaux et de leur origine devrait permettre de mieux comprendre la cosmogonie du Système solaire et des exoplanètes.

Une courte allusion dans Bohemian Rhapsody, le biopic consacré au groupe Queen et à son chanteur emblématique Freddie Mercury, nous apprend qu’avant de devenir le guitariste que l’on connaît, Brian May avait entrepris des études d’astrophysique. Il avait en effet laissé en plan une thèse sur la poussière zodiacale, c’est-à-dire la poussière interplanétaire que l’on trouve dans le plan de l’écliptique autour du Soleil et qui est à l’origine de la lumière zodiacale. Brian May a terminé sa thèse en 2008 et désormais docteur en astrophysique, il a même contribué, modestement, à la mission New Horizons en produisant la première image en relief de Pluton.

On peut penser que May avait été intéressé à l’époque par la confirmation de l’existence d’un anneau de poussière zodiacale enveloppant l’orbite de Vénus. On peut à nouveau penser qu’il est intéressé par l’annonce de la découverte d’un anneau similaire associé à l’orbite de Mercure. Au total, pour le Système solaire interne, nous en connaissons même trois puisque l’on sait qu’un tore de poussière est aussi présent autour de l’orbite de la Terre.

La poussière dans le Système solaire a une origine et des sources diverses. Il peut s’agir de celle laissée par sa formation ou provenant de l’espace interstellaire mais nous savons que le dégazage des comètes en approche du Soleil et les collisions entre astéroïdes dans la fameuse ceinture principale entre Mars et Jupiter apportent des contributions très importantes.

Anneaux poussières système solaire

Une vue d’artiste des anneaux de poussière zodiacale associés aux orbites des planètes internes du Système solaire (Source : NASA’s Goddard Space Flight Center/Mary Pat Hrybyk-Keith).

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Insight : la foreuse de l’instrument HP3 tombe sur un os

La foreuse de l’instrument conçu pour mesurer les flux de chaleur sous la surface de la planète Mars peine à atteindre la profondeur visée. Probablement bloquée par de la roche.

Après un début de mission qui a connu un quasi-sans-faute, la mission Insight rencontre ses premières véritables difficultés. Après avoir déployé avec succès son sismomètre SEIS et son dôme de protection, les difficultés pointent le bout de leur nez depuis le 28 février 2019. L’instrument HP3 (Heat and Physical Properties Package), peine en effet à atteindre la profondeur requise pour remplir sa mission.

En quoi consiste cette mission ? À forer le sol de la planète Mars afin d’y plonger une sonde pour mesurer très précisément les flux de chaleur qui pourraient être liés à une activité géologique souterraine, ou à de la radioactivité naturelle. Théoriquement, cette foreuse est censée plonger à 5 mètres sous la surface de la planète rouge. Après avoir parcouru quelques dizaines de centimètres, la foreuse a soudain cessé sa descente le 2 mars, relate la NASA sur le site consacré à la mission.

Foreuse Insight

L’instrument HP3 à la surface de Mars, le 12 février 2019 (Source : NASA/JPL-Caltech/DLR).

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Le Web a 30 ans : les quatre grandes phases de son évolution

Il y a 30 ans, le 12 mars 1989, Tim Berners-Lee, chercheur britannique au Cern (laboratoire européen pour la recherche nucléaire) décidait d’ouvrir au plus grand nombre, l’échange d’informations jusque-là réservé aux scientifiques, militaires et autres universitaires. C’est ainsi qu’est né le World Wide Web.

C’est le 12 mars 1989, il y a 30 ans, jour pour jour, que Tim Berners-Lee, un scientifique britannique du CERN, a soumis un texte intitulé « Gestion de l’information : une proposition ». Internet occupait déjà une place de plus en plus importante pour les échanges d’informations, notamment dans les milieux universitaires. Certaines des technologies, associées à tort aujourd’hui au Web, existaient déjà à l’époque. L’e-mail date de 1965, tandis que les newsgroups, les premiers systèmes de forums électroniques, ont été inventés dès 1979.

Le projet de Tim Berners-Lee a permis d’associer les liens hypertextes avec un format de documents universels qui seraient liées entre eux. Il a ainsi créé le World Wide Web, en publiant le premier site Web en 1991, qui est encore accessible. Le premier navigateur Web ne fonctionnait que sur les ordinateurs NeXT, mais dès 1992, de nouveaux navigateurs ont vu le jour. D’abord Erwise et ViolaWWW sur Unix, puis est arrivé Lynx fonctionnant sur Unix et DOS, et qui existe toujours aujourd’hui. Tous les outils étaient alors en place pour le développement du Web.

Le 30 avril 1993 marque un tournant important pour le Web. Le CERN a placé les programmes du Web, soit le navigateur, le serveur et une bibliothèque de code, sous licence libre. Dès lors, n’importe qui pouvait l’installer et créer son propre serveur afin d’héberger son site Web. Le Web était composé d’une cinquantaine de serveurs au début de l’année 1993, et de plus de 500 à la fin de l’année. Le nombre de sites Web a explosé, passant de 10 sites en 1992, à 130 en milieu d’année 1993, puis 2.738 en 1994. La barre d’un million de sites web est alors dépassée en 1997.

Web 30 ans

En trente ans, les sites Web sont devenus des marques populaires et reconnues de tous comme Twitter, YouTube, Facebook ou encore Yahoo! et bien sûr, Google.

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La pollution de l’air serait deux fois plus meurtrière que prévu

C’est ce qu’affirme une nouvelle étude, qui chiffre à 800.000 le nombre de morts qu’elle provoquerait par an en Europe et 8,8 millions dans le monde.

La pollution de l’air pourrait être deux fois plus meurtrière que ce que l’on pensait : une étude parue mardi 12 mars 2019 la juge responsable de près de 800.000 morts par an en Europe et 8,8 millions dans le monde. Entre 40 et 80% de ces décès prématurés sont dus à des maladies cardiovasculaires, estime une équipe de chercheurs, qui publient leurs travaux dans la revue European Heart Journal. « Cela veut dire que la pollution de l’air fait plus de morts chaque année que le tabac, responsable de 7,2 millions de décès en 2015 selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) », a affirmé l’un des auteurs, le professeur Thomas Münzel de l’université de Mayence (Allemagne). « On peut éviter de fumer, mais on ne peut pas éviter d’être soumis à un air pollué », a-t-il ajouté.

Les chercheurs estiment à 790.000 le nombre de morts dus à la pollution de l’air en 2015 dans l’ensemble de l’Europe, dont 659.000 dans les 28 états de l’Union européenne. Cette estimation est nettement supérieure à celle de l’Agence européenne de l’environnement (AEE). Dans son rapport annuel publié en octobre 2018, elle jugeait que la pollution de l’air aux particules très fines (PM2,5), au dioxyde d’azote (NO2, émis par les moteurs diesel) et à l’ozone (O3) était responsable en 2015 de 518.000 décès prématurés dans 41 pays d’Europe, et 480.000 dans l’UE.

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Du métal liquide transformé en plasma pour la première fois

Le plasma est la forme de matière la plus abondante dans notre univers. Pourtant, à l’état naturel, mis à part dans les éclairs ou les aurores boréales, on en rencontre peu sur Terre. Pour l’étudier, les chercheurs en créent alors de manière artificielle. Et aujourd’hui pour la première fois, à partir d’un métal liquide !

Solide, liquide et gazeux. Ces trois états de la matière sont familiers au commun des mortels. Les scientifiques, eux, s’intéressent tout particulièrement à un autre état de la matière qui peut nous sembler un peu plus « exotique » : le plasma. Dans notre univers pourtant, la plus grande part de la matière se trouve sous cette forme. Mais ses propriétés restent encore mystérieuses.

Aujourd’hui pour la première fois, des chercheurs de l’université de Rochester (États-Unis) annoncent être parvenus à transformer un métal liquide en plasma. Ils ont ainsi pu observer la température à laquelle, dans des conditions de haute densité, il passe à l’état de plasma. Des travaux qui pourraient avoir des implications dans l’étude des étoiles et des planètes, mais qui pourraient aussi aider à atteindre, enfin, les conditions d’une fusion nucléaire contrôlée, source d’énergie alternative dont rêvent depuis longtemps les chercheurs.

Métal plasma

Des chercheurs américains sont parvenus, pour la première fois, à produire un plasma — ici, en vue d’artiste — à partir d’un métal liquide (Source : TheDigitalArtist).

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