Les astronomes assistent à la naissance d’une planète dans une cascade de gaz

La théorie l’avait annoncé. Et c’est finalement autour d’une jeune étoile baptisée HD 163296 que les astronomes ont fait la découverte. Des sortes de cascades de gaz qui s’écoulent dans des espaces libres vraisemblablement causés par des planètes en formation.

Depuis longtemps maintenant, les astronomes savent que les planètes se forment autour des étoiles à partir d’un disque dit protoplanétaire. Un disque formé de poussières, mais surtout de gaz. Des gaz qu’ils étudient dans l’espoir de mieux comprendre justement comment naissent les planètes. Ainsi, l’année dernière, des chercheurs avaient localisé des perturbations dans les mouvements de monoxyde de carbone (CO) — un gaz qui émet une lumière très distincte aux longueurs d’onde millimétriques — dans le disque protoplanétaire qui entoure la jeune étoile HD 163296. Laissant imaginer la présence de planètes naissantes.

Aujourd’hui, grâce à de nouvelles données recueillies par le grand réseau d’antennes (sub) millimétriques de l’Atacama (Alma) et plus précisément par le projet de Substructures de Disques à Haute Résolution Angulaire (DSHARP), les astronomes ont pu étudier plus en détail la vitesse du gaz dans ce disque. « Pour la première fois, nous avons eu accès à des informations en trois dimensions », précise Richard Teague, chercheur à l’université du Michigan (États-Unis).

Cascades gaz planètes

Une vue d’artiste des cascades de gaz observées par des chercheurs de l’université du Michigan (États-Unis) dans des espaces libres probablement formés par des planètes naissantes (Source : S. Dagnello/NRAO/AUI/NSF).

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Exoplanètes : la Terre est loin d’être unique en son genre !

Des astronomes ont analysé les restes désintégrés d’exoplanètes lointaines consumées par leurs étoiles. Ils en concluent que notre Terre est loin d’être unique en son genre.

Vous voyez notre Planète comme une exception de la nature ? Vous vous trompez, affirment des astronomes de l’université de Californie à Los Angeles (Ucla – États-Unis). « Nous venons juste de faire exploser la probabilité selon laquelle de nombreuses exoplanètes rocheuses ressemblent à la Terre. Et il existe un très grand nombre d’exoplanètes rocheuses dans l’univers », déclare ainsi Edward Young, chercheur à l’Ucla.

Remarquez qu’il est très difficile de déterminer la composition des planètes extrasolaires. Les chercheurs de l’Ucla ont même été contraints d’inventer une méthode bien à eux, pour cela. Une méthode basée sur l’étude de l’atmosphère des naines blanches et qui leur a donné accès à la géochimie des roches que l’on peut trouver en dehors de notre Système solaire.

Terre pas unique

Après avoir englouti les planètes qui orbitaient autour d’elles, les naines blanches gardent la trace de leur composition (Source : Mark Garlick/Université de Californie).

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La longue chevelure d’une galaxie-méduse scrutée par le VLT et Alma

Des astronomes ont cartographié dans son gaz moléculaire ESO137-001, une des galaxies-méduses des plus proches de la Terre. Elle montre de longues queues de gaz contenant des grumeaux appelés boules de feux : des éclats de formation d’étoiles. Cette carte offre la vue la plus complète d’une traînée de gaz et d’étoiles induite par l’effet de pression dynamique au sein de galaxies.

À l’aide du radiotélescope Alma et du VLT de l’ESO au Chili, une équipe scientifique comprenant une astronome à l’Observatoire de Paris – PSL a cartographié les queues intenses d’une « méduse cosmique ». C’est la photo de la semaine sur le site de l’ESO.

Une galaxie peut voir son gaz balayé par pression dynamique lorsqu’elle voyage à grande vitesse dans un amas de galaxies. Le résultat ressemble à une « méduse », où la tête est la galaxie ; et la queue, le gaz balayé. Dans l’amas de galaxies de Norma, l’une des galaxies-méduses les plus proches, ESO137-001, a été cartographiée dans son gaz moléculaire à haute résolution avec l’interféromètre Alma (Atacama Large Millimeter/Sub-Millimeter Array) et comparée avec la carte du gaz ionisé faite par Muse, sur l’un des grands télescopes (Very Large Telescope) de l’ESO : un certain nombre de filaments et nuages de gaz moléculaire ont été détectés, s’étendant sur 60 kpc de long et 25 kpc de large.

La majeure partie de la masse visible d’un amas riche de galaxies est constituée d’une atmosphère gazeuse très chaude, diffuse et ionisée, qui émet des rayons X. Ce gaz est en équilibre hydrostatique dans le puits potentiel de l’amas et peut être 10 fois plus massif que l’ensemble des galaxies.

Galaxie-méduse ESO 137-001

La galaxie-méduse ESO137-001 est représentée ici avec de superbes détails. En utilisant les yeux détaillés d’Alma et du VLT d’ESO, les astronomes ont cartographié les queues intenses d’une méduse cosmique. (Source : ESO)

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Trou noir : de violents flashs observés en détail pour la première fois

Grâce à des instruments ultramodernes, des astronomes ont recueilli des données très précises sur les violents flashs émis par un trou noir en expansion. Ils nous proposent aujourd’hui un film qui détaille le phénomène à un niveau jamais vu auparavant. De quoi mieux comprendre ce qui se joue dans l’environnement immédiat de ces étonnants objets.

Un trou noir se nourrit des étoiles proches de lui. C’est alors comme s’il siphonnait les gaz de ces étoiles qui alimentent alors un disque d’accrétion. Un disque qui, sous l’effet combiné des forces magnétiques et gravitationnelles, chauffe à des millions de degrés et peut alors émettre des flashs de rayonnements. Et ce sont ces flashs que des astronomes ont étudiés avec une précision sans précédent grâce à l’instrument HiPERCAM situé sur le Gran Telescopio Canarias (visible) et à l’observatoire Nicer de la NASA installé à bord de la Station spatiale internationale (rayons X).

L’équipe dirigée par des chercheurs de l’université de Southampton (Royaume-Uni) a travaillé sur le trou noir baptisé Maxi J1820+070 qui a connu un épisode d’accrétion rapide en mars 2018. Maxi J1820+070 se trouve à quelque 10.000 années-lumière de nous, dans notre Voie lactée. Sa masse est d’environ 7 fois celle du Soleil, mais son volume, inférieur à celui de la ville de Londres.

Flash trou noir

Sur cette vue d’artiste, on visualise bien le trou noir se nourrissant d’une étoile voisine en entraînant sa matière vers son disque d’accrétion. En se rapprochant du cœur du trou noir, une partie de cette matière est éjectée dans des flashs qui s’étendent au-dessus et en dessous du disque. (Source : John Paice/Université de Southampton)

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Sur la Lune, de la glace âgée de milliards d’années

La glace d’eau sur la Lune est un objectif pour les prochaines missions lunaires. Elle pourrait être utilisée en cas d’installation d’une base permanente.

Aux pôles nord et sud de la Lune règne une obscurité quasi totale et un froid sidéral : aucun rayon de Soleil n’y darde et la température ne dépasse jamais -150°C. Dans les cratères disséminés dans ces zones, les scientifiques ont récemment acquis la certitude qu’on pouvait trouver d’importantes quantités de glace d’eau. Une information qui pourrait s’avérer cruciale pour les futures missions lunaires, surtout en cas d’établissement de colons qui pourraient s’y approvisionner. Il est donc très important d’en savoir plus sur cette ressource dont l’origine reste encore mystérieuse.

En utilisant les données de la sonde LRO (Lunar reconnaissance orbiter) de la NASA, une équipe de l’Université Brown, aux États-Unis, a examiné les grands cratères du pôle sud afin de déterminer leur âge ainsi que celui des dépôts qu’ils contiennent. Globalement, les scientifiques ont une idée assez complète de l’histoire des bombardements de météorites sur la Lune et ils ont ainsi déterminé que la majorité des gisements de glace se situent dans les plus grands cratères qui sont âgés de 3,1 milliards d’années. Étant donné que la glace ne peut être plus ancienne que le cratère, on connaît donc son âge maximal. En revanche, ce n’est pas parce que le cratère est vieux que son contenu l’est également.

Cratère de Shackleton Lune

Le cratère de Shackleton, dont le sol est ombragé en permanence par le soleil, semble abriter des dépôts de glace d’eau (Source : NASA/GSFC/Arizona State University).

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Découverte d’une deuxième comète interstellaire dans notre système solaire

Et de deux ! Une comète venue d’ailleurs a été repérée au sein de notre système solaire, selon une étude publiée lundi dans Nature Astronomy. C’est la deuxième du genre après la découverte en 2017 d’Oumuamua, un étrange objet en forme de cigare.

Tout a commencé le 30 août, quand Gennady Borisov, un astronome amateur, repère un bolide dans le ciel. Alertés, des astronomes se penchent sur l’objet inconnu. Ils sont alors formels : l’analyse des données recueillies montre que son orbite ne peut pas avoir son origine à l’intérieur de notre système solaire. Il vient d’un autre système stellaire. Mais lequel ? Cela reste un mystère.

« Nous avons rapidement organisé des observations avec le William Herschel Telescope (WHT) et l’observatoire Gemini », raconte à l’AFP Piotr Guzik, de l’université de Jagiellonian à Cracovie en Pologne. Coauteur de l’étude, il se souvient d’un mélange de d’excitation et stupéfaction. Alors qu’Oumuamua avait tour à tour été qualifié d’astéroïde, de sonde extra-terrestre et de comète, la nature de la petite dernière laisse peu de doutes : les astronomes ont pu voir sa coma (« chevelure ») et sa queue, caractéristiques des comètes connues.

Comète 2I/Borisov

Portrait de la comète interstellaire 2I/Borisov réalisé dans la nuit du 9 au 10 septembre 2019 par le télescope Gemini North, à Hawaï. (Source : Gemini Observatory/NSF/AURA)

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Mars Express photographie une ancienne rivière sur la planète Rouge

La sonde Mars Express a pris des vues détaillées de Nirgal Vallis qui laissent clairement apparaître la trace d’une ancienne rivière.

La sonde Mars Express de l’Agence spatiale européenne a photographié la région de Nirgal Vallis qui est située juste au sud de l’équateur de la planète rouge. Cette zone est connue pour avoir été façonnée par les eaux qui coulait sur Mars il y a plus de 3,5 milliards d’années et de nombreux impacts d’astéroïdes. Une histoire qui se lit sur les clichés de la sonde.

Nirgal Vallis tire son nom du terme babylonien « Nirgal » qui désignait Mars, le Dieu de la guerre. C’est un vaste réseau fluvial qui s’étend sur près de 700 kilomètres ce qui en fait l’un des réseaux de vallées les plus longs sur la planète. L’eau y coulait à foison autrefois, il y a 3,5 à 4 milliards d’années. Les images présentées ici correspondent à l’extrémité ouest de la vallée qui est très ramifiée, contrairement à l’est qui se termine par une vallée unique et profonde de 200 mètres environ.

Nigal Vallis Mars

Les traces d’une ancienne rivière dans la vallée de Nirgal sur Mars (Source : ESA).

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