Les éruptions du jeune Soleil étaient hyperpuissantes

Dans deux météorites, dont celle d’Allende, les abondances de certains isotopes sont inexplicables avec l’activité solaire actuelle. Conclusion : dans sa jeunesse, les colères de notre Soleil étaient beaucoup plus fortes qu’aujourd’hui. Des centaines de milliers de fois, estiment les auteurs de cette étude.

La célèbre météorite d’Allende est tombée près du village du même nom au Mexique, le 8 février 1969. C’est une chondrite carbonée de type CV3, considérée comme la pierre de Rosette de la planétologie tant elle a fourni d’informations sur les premiers temps de la formation du Système solaire. Éparpillée sur plus de 150 kilomètres carrés, dans le district de Chihuahua au Mexique, en plusieurs centaines de fragments totalisant une masse de plus de 2 tonnes, elle a pu être étudiée à loisir par de nombreux cosmochimistes. On peut même en acheter des fragments à des prix raisonnables, de l’ordre d’une centaine d’euros.

L’analyse de ses inclusions riches en aluminium et en calcium (baptisées CAI, pour Calcium Aluminum-rich Inclusions) a révélé l’explosion d’une supernova très peu de temps avant la formation du Système solaire. Au début des années 1970, des chercheurs, notamment Robert Clayton et Jerry Wasserburg, y avaient en effet découvert des anomalies isotopiques de certains éléments, l’oxygène et, surtout, le magnésium, précisément ses isotopes 26Mg et 24Mg. Ces anomalies ne s’expliquaient bien que si un Little Bang, une supernova, avait d’abord injecté dans la nébuleuse protosolaire des éléments radioactifs à courte durée de vie, dont l’aluminium 26 se désintégrant en 26Mg, puis provoqué l’effondrement de cette nébuleuse.

L’étude d’Allende, la plus grosse météorite carbonée connue à ce jour, se poursuit toujours, afin d’en tirer de nouvelles informations sur l’origine du Système solaire. De fait, tout récemment des chercheurs de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP), du Muséum national d’histoire naturelle et de l’université de Paris-Diderot ont publié un article dans Nature Astronomy où ils ont encore fait parler les CAI d’Allende ainsi que ceux d’une autre chondrite CV3, Northwest Africa 8616 (NWA 8616).

Météorite Allende

Une coupe d’un échantillon de la météorite d’Allende.

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Journées mondiales des forêts, de l’eau et de la météo : les regards des satellites européens sur notre planète

Chaque année, les 21, 22 et 23 mars se tiennent les journées mondiales des forêts, de l’eau et de la météo. Comme le rappelle le Centre national d’études spatiales, des satellites, leurs yeux rivés sur notre planète, servent à établir des diagnostics et des suivis. Découvrez-les dans cette revue des programmes du CNES, en cours ou en projet, qui surveillent pour nous l’évolution de la végétation, l’humidité des sols, les risques d’inondation ou de sécheresse, etc.

21 mars : journée mondiale des forêts

Refuges de biodiversité, poumons de notre planète, tampons contre le réchauffement climatique, les forêts sont célébrées chaque année, depuis 2013, le 21 mars. Au Cesbio, un laboratoire toulousain sous cotutelle du Centre national d’études spatiales (CNES), elles sont observées et cartographiées depuis bien plus longtemps à l’aide de satellites radars tels que Sentinel-1 et Alos, ou optiques tels la série des SPOT et Sentinel-2 .

« Ces cartographies sont utiles pour suivre l’évolution des couverts forestiers en particulier dans les pays où le suivi depuis le sol est difficile voire impossible, comme dans certaines régions tropicales d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique du Sud, souligne Cécile Vignolles, responsable de la thématique forêts au CNES. [Elles] sont aussi de plus en plus utilisées pour vérifier le respect de traités internationaux ou de programmes comme Redd [Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation, NDLR] qui demande aux pays développés de compenser leurs émissions de carbone en participant, par exemple, à des programmes de plantations. »

Sentinel-2

Sentinel-2 repère très facilement les incendies dans les forêts, comme par exemple ici dans des plantations d’acacias en Indonésie. (Source : Copernicus Sentinel data 2017)

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Admirez cet incroyable survol de Mars

Un photographe finlandais a assemblé des images prises par la sonde MRO en un spectaculaire film qui donne l’impression de survoler la planète Rouge en rase-mottes.

Jan Fröjdman est un photographe amateur finlandais. C’est aussi un passionné d’espace, et un utilisateur habile des logiciels de montage et d’effets spéciaux.

Fasciné par les images de la planète Mars, prises par la caméra HiRise montée sur la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), le photographe a décidé de les sublimer. Il s’est attelé à la tâche de collecter de multiples clichés de plusieurs zones pour les assembler. Résultat : un film de 4 minutes 30 qui donne l’illusion de survoler la surface de la planète Rouge de si près que le relief des dunes et des collines nous apparaît très nettement.

Film Mars Jan Fröjdman

Image extraite du film du photographe Jan Fröjdman, qui a assemblé les images de la planète Mars capturées par la sonde MRO (Source : Jan Fröjdman/NASA).

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Ces étoiles sœurs naissent presque avec le même axe de rotation

Grâce au satellite Kepler, des astrophysiciens ont pu étudier des étoiles situées dans de vieux amas ouverts. Ils ont découvert qu’un nombre anormalement élevé de ces étoiles avaient des axes de rotation presque parallèles. Cela contredit les modèles classiques de naissance des étoiles.

Tout comme son cousin européen (le défunt CoRot), le satellite Kepler n’est pas seulement en mesure de chasser les exoplanètes par la méthode des transits. Il peut aussi être utilisé pour faire de l’astérosismologie, c’est-à-dire pour étudier les mouvements sismiques (aussi appelés « oscillations ») des étoiles.

En effet, les étoiles sont des boules de plasma autogravitant. Elles sont donc susceptibles d’être parcourues par des ondes pouvant être analysées comme des combinaisons de modes propres d’oscillations. Il en est d’ailleurs de même pour la Terre, qui peut se comporter comme un corps élastique vibrant en réponse à des ondes sismiques. (Les caractéristiques de ces ondes nous permettent de voir des structures à l’intérieur de la Terre et d’en déterminer la composition. C’est de cette manière, par exemple, que la Danoise Inge Lehmann a découvert la graine de la Terre.)

Les astrophysiciens entreprirent donc, il y a des dizaines d’années, d’appliquer l’équivalent de la sismologie de leurs collègues géophysiciens (qui, après tout, étudient un astre, la Terre) aux étoiles. Ce fut d’abord le cas avec l’étoile la plus proche de la Terre, le Soleil, ce qui, tout naturellement, donna naissance à l’héliosismologie.

Télescope Kepler

Télescope Kepler

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Voie lactée : des chercheurs ont percé le mystère du déplacement de notre galaxie

Une équipe internationale de chercheurs est parvenue à comprendre pourquoi notre galaxie, la Voie lactée, se déplace à quelque 2,3 millions de kilomètres par heure. Ceci proviendrait d’une immense région vide jouant un rôle de « repousseur » : le Dipole Repeller.

Notre galaxie n’est pas immobile sur la toile cosmique. La Voie lactée tourne en effet sur elle-même et se déplace aussi à travers l’espace, comme sa compagne la galaxie d’Andromède. Les astrophysiciens ont découvert l’existence de ce mouvement depuis quelque 40 ans mais son origine restait indéterminée. Du moins jusqu’ici.

Grâce à une étude publiée le 30 janvier dans la revue Nature Astronomy, des scientifiques pensent avoir résolu le mystère. Ils ont découvert dans notre voisinage extragalactique, l’existence d’une immense région vide qui jouerait un rôle de « repousseur » sur notre galaxie. Son nom : le Dipole Repeller.

D’après les estimations des scientifiques, la Voie lactée se déplace dans l’espace à la vitesse vertigineuse de 630 kilomètres par seconde, soit 2,3 millions de kilomètres par heure. Pour expliquer ce déplacement, les recherches se sont portées par le passé sur la possibilité d’un excès de galaxies situées dans la direction générale de ce mouvement.

Voie lactée Antilles

La Voie lactée saisie dans toute sa splendeur depuis les Antilles françaises (Source : J. Blanchard ).

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Quand l’atmosphère de la Terre ressemblait à celle de Titan

Juste avant le début de l’oxygénation de l’atmosphère de la Terre, il y a 2,4 milliards d’années, notre Planète bleue aurait ressemblé à Titan pendant un million d’années. En effet, son atmosphère aurait alors contenu d’importantes quantités de méthane, à l’instar de la plus grande lune de Saturne.

Comme toute chose ou presque dans l’univers observable (la question de la variabilité des lois fondamentales se pose encore), l’atmosphère de la Terre a profondément évolué au cours des milliards d’années de son existence. Elle n’a commencé à contenir des quantités notables d’oxygène qu’il y a environ 2,4 milliards d’années, à un moment critique de l’histoire de la biosphère, appelé la Grande oxydation (ou encore la Crise de l’oxygène). C’est à ce moment que l’oxygène produit depuis un certain temps par des cyanobactéries photosynthétiques, comme celles construisant les stromatolites, a commencé à quitter les océans après les avoir saturés.

Les géochimistes et les géologues cherchent bien sûr à en savoir plus sur cet événement et sur ceux qui l’ont précédé. Il y a de bonnes raisons de penser que durant l’Archéen, c’est-à-dire la période géologique qui a occupé l’histoire de notre planète il y a entre 4 et 2,5 milliards d’années, l’atmosphère de la Terre primitive était constituée essentiellement d’azote, de vapeur d’eau et de gaz carbonique, lequel allait rapidement se trouver piégé sous forme de carbonates.

S’il n’y a jamais eu d’importantes quantités d’ammoniac de méthane dans l’atmosphère de la Terre, à l’instar de celles de Jupiter et Saturne et comme le supposait initialement l’expérience de Miller, elles ont dû disparaître rapidement du fait de la photochimie produite par le rayonnement solaire au cours de l’Hadéen.

Titan

Titan photographiée par la sonde Cassini (Source : NASA)

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Le sursaut radio rapide, un mystérieux signal cosmique venu d’une technologie extraterrestre ?

Dans une nouvelle étude, des chercheurs américains s’interrogent sur l’origine des sursauts radio rapides (FRB), ces flashs d’ondes radioélectriques intenses mais très brefs détectés dans l’espace. D’après eux, il serait possible qu’ils proviennent d’une technologie extraterrestre avancée.

D’où viennent les sursauts radio rapides ? Voilà un mystère qui intrigue les astronomes depuis la découverte de ces signaux cosmiques, il y a une décennie. Les sursauts radio rapides (en anglais Fast Radio Bursts ou FRB) se manifestent sous la forme d’un flash d’ondes radioélectriques très énergétiques et très brefs.

Selon les astronomes, les FRB libèrent plus d’énergie que notre Soleil ne le fera en 10.000 ans mais ils durent à peine quelques millisecondes. Ce qui les rend particulièrement difficile à détecter et étudier. Au total, 18 signaux ont pu être repérés depuis 2007. Récemment, l’un d’entre eux a même pu être retracé directement jusqu’à son origine : une galaxie localisée à trois milliards d’années-lumière de la Terre.

La source réelle de ces signaux reste en revanche une énigme. Les théories évoquées jusqu’ici suggèrent que les FRB pourraient provenir de l’explosion d’une étoile en supernova, d’un magnétar, une étoile à neutrons produisant un champ magnétique très intense, ou peut-être d’un trou noir supermassif. Toutefois, une nouvelle étude présente aujourd’hui une théorie plus inattendue.

Antennes VLA

En faisant de la synthèse d’ouverture par interférométrie, il est possible de combiner plusieurs radiotélescopes comme si on en avait un géant de plusieurs dizaines de kilomètres, et même mille fois plus. Ce dessin d’artiste représente ainsi les antennes du VLA, dont les observations à hautes résolutions ont permis de préciser la localisation d’un sursaut radio rapide. (Source : D. Futselaar)

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