Mars : des lacs étaient salés et probablement favorables à la vie

Il y avait de l’eau liquide dans certains cratères martiens mais les lacs qu’ils formaient étaient-ils pour autant favorables à la Vie ? Il y a des milliards d’années, celui qui a occupé le cratère Gale sur Mars devait contenir une eau comparable à celle des océans terrestres à un moment. Une bonne nouvelle pour l’exobiologie.

Essentiellement japonaise, une équipe de spécialistes en sciences planétaires a publié dans le journal Nature Communications un article passé un peu inaperçu il y a quelques mois. Il apporte pourtant des éléments supplémentaires quant à la question de l’habitabilité réelle de Mars il y a des milliards d’années, en particulier quand de l’eau coulait indiscutablement à sa surface pendant le Noachien (du nom de Noachis Terra) — selon la terminologie proposée pour décrire l’une des trois époques distinctes de l’histoire géologique de la Planète rouge.

Le Noachien correspond aux terrains les plus anciens depuis la formation de la planète, remontant à plus de 3,7 milliards d’années selon l’échelle de Hartmann & Neukum et qui va se terminer avec le Grand bombardement tardif. Lui succédera l’époque appelée Hespérien, il y a entre 3,7 et 3,2 milliards d’années, (mais il y a entre 3,5 et 1,8 milliard d’années selon une autre échelle) qui marque le début d’un refroidissement et d’un assèchement notable de Mars. Depuis, nous somme dans l’ère de l’Amazonien.

Si de la vie a existé sur Mars, les exobiologistes ont donc plus de chance de la trouver sous forme fossilisée dans les strates les plus anciennes de Mars, donc celles datant plutôt du Noachien ou du début de l’Hespérien. Ce genre de couche peut être étudié par le rover Curiosity de la Nasa puisque celui-ci se trouve dans le cratère Gale qui a été creusé par un astéroïde il y aurait entre de 3,8 à 3,5 milliards d’années.

ratère Gale Mars

Cette mosaïque d’images de l’instrument Mast Camera (Mastcam), sur le rover Curiosity Mars de la Nasa, montre une série de dépôts sédimentaires dans la région de Glenelg du cratère Gale, d’un point de vue dans la baie de Yellowknife en regardant vers l’ouest-nord-ouest. Mastcam a pris les images de cette mosaïque lors du 188e jour martien de Curiosity sur Mars (14 février 2013). L’image a été équilibrée en blanc pour montrer à quoi ressembleraient les roches s’il y en avait sur Terre. (Source : NASA/JPL-Caltech/MSSS)

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Thomas Pesquet repartira à bord de l’ISS à l’été 2021

Ce vol de longue durée sera le deuxième pour l’astronaute français qui avait effectué une première mission à bord de la station spatiale internationale (ISS) de novembre 2016 à juin 2017.

L’astronaute Thomas Pesquet devrait repartir pour une deuxième mission à bord de la station spatiale internationale (ISS) à l’été 2021, pour une durée de six mois, a-t-il annoncé mercredi devant les députés. La date prévue par l’Agence spatiale européenne (ESA), qui finance la mission, « se trouve pour l’instant aux alentours de juin-juillet 2021 », a déclaré Thomas Pesquet lors d’une table ronde sur l’espace organisée par la Commission des affaires étrangères, présidée par Marielle de Sarnez (Modem).

Il devrait s’envoler de Cap Canaveral en Floride, et non de Baïkonour comme la dernière fois, « sans doute » à bord d’une capsule de Space X ou de Boeing, a-t-il précisé. Ce vol de longue durée sera le deuxième pour l’astronaute français qui avait effectué une première mission à bord de l’ISS de novembre 2016 à juin 2017. « On va y travailler très très fort, ça devrait bien marcher », a commenté l’astronaute à l’issue de la réunion.

Thomas Pesquet ISS

Thomas Pesquet dans la station spatiale internationale (ISS).

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Trous noirs supermassifs : on peut les étudier avec des échos de lumière

La technique des échos de lumière est prometteuse pour mesurer notamment les masses et les vitesses de rotation des populations de trous noirs supermassifs. Pour la première fois, cette technique a été utilisée avec le télescope XMM-Newton de l’ESA pour étudier, avec succès, le trou noir au cœur de la galaxie IRAS 13224-3809.

Nous savons que les galaxies et les trous noirs supermassifs qu’elles abritent croissent de pair mais nous ne comprenons pas encore exactement pourquoi ni comment. On le sait parce que le rapport entre la masse d’un tel trou noir et celui de sa galaxie hôte est généralement le même. Si l’on veut donc comprendre comment ont évolué les galaxies et leurs populations d’étoiles, dont on sait également maintenant qu’elles développent généralement un cortège planétaire en naissant, il est nécessaire de mieux connaître les processus d’accrétion qui permettent à ces trous noirs d’avaler de la matière. Il reste encore du travail à faire pour les comprendre, aussi bien théorique qu’observationnel.

Les télescopes à rayons X comme l’États-unien Chandra, le Russe Spektr-RG et l’Européen XMM-Newton de l’ESA sont très utiles en ce qui concerne le versant observationnel. En effet, lorsque de la matière, par exemple sous forme de filaments froids d’hydrogène et d’hélium gazeux, tombe en direction de l’horizon des évènements d’un trou noir, elle forme d’abord un disque d’accrétion où le gaz spirale en direction de la surface du trou noir. Ce qui le conduit à s’échauffer à cause de processus de frottement liés à la viscosité du gaz. Les températures atteintes deviennent très élevées, le gaz s’ionise en produisant un plasma particulièrement turbulent, comme le montre la vidéo dans cet article issue d’une simulation numérique savante. Plasma qui rayonne alors dans le domaine des rayons X.

Ce plasma forme également l’équivalent de la couronne solaire étudiée dans le cas du Soleil en ce moment par la sonde Parker Solar Probe, et c’est de cette couronne associée au disque d’un trou noir qu’émanent les rayons X les plus énergétiques. Elle est constituée essentiellement d’électrons à une température de l’ordre du milliard de degrés.

Trou noir & couronne

Ces illustrations montrent l’environnement d’un trou noir alimenté en gaz ambiant tel que cartographié à l’aide de rayons X par le satellite XMM-Newton (Source : ESA).

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Une nouvelle classe d’astres au centre de notre galaxie intrigue les astronomes

Une nouvelle classe d’astres – riche de six spécimens – dans l’environnement proche du trou noir supermassif de la Galaxie intrigue les astronomes.

Ils sont au nombre de six qui tournent autour du centre de notre Galaxie, à proximité du trou noir supermassif de la Voie lactée. Six objets inclassables parmi de nombreuses étoiles qui forment une nouvelle classe d’astres. Ils ont été pour l’instant appelé G suivi d’un numéro. Leur particularité a été résumée par l’astrophysicienne Andrea Ghez : « Ils ont l’aspect d’un nuage de gaz et de poussières tandis que leur comportement s’apparente à celui d’une étoile ». Et leur véritable identité intrigue les chercheurs.

Les résultats de ces observations ont été publiés dans la revue Nature du 16 janvier. Les chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) décrivent ces étranges intrus dans les régions centrales de la Voie Lactée, à proximité de SgrA*, (Sagittarius A étoile), le trou noir supermassif de notre galaxie, un astre dont la masse équivaut à 4 millions de fois celle du Soleil.

Nouvelle classe astres Voie lactée

Une nouvelle classe d’astres, baptisés G1 à G6, identifiée dans l’environnement proche du trou noir supermassif de la galaxie (Source : Jack ciurlo).

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Voie lactée : la composition et la température du halo surprennent les astronomes

La Voie lactée est entourée d’un halo de poussière, de gaz et de matière noire. Et des chercheurs nous apprennent aujourd’hui que celui-ci est plus chaud que les astronomes le pensaient jusqu’alors. Il est aussi composé d’éléments chimiques différents de ceux qu’ils imaginaient.

XMM-Newton. C’est le nom d’un télescope lancé en 1999 par l’Agence spatiale européenne (ESA) et destiné à observer l’espace dans le domaine des rayons X dits mous. Et grâce à cet instrument, des astronomes viennent de découvrir que le gaz qui se cache dans le halo de notre Voie lactée atteint des températures bien plus chaudes que ce qu’ils pensaient. Sa composition chimique serait également différente. De quoi remettre en question ce que nous savons sur notre Galaxie.

Pourquoi ? Parce que les caractéristiques du halo d’une galaxie – cette vaste région de gaz, d’étoiles et de matière noire qui nous relie à l’Univers – sont réputées dépendre de sa masse et jouer un rôle important dans son évolution.

Les travaux reposant sur les données de XMM-Newton montrent que le halo de notre Voie lactée renferme non pas un, mais trois composants différents de gaz chauds. Le plus chaud d’entre eux apparaissant dix fois plus chaud que ce que les astronomes pensaient jusqu’alors. « Une partie du gaz du halo de notre Galaxie atteint les 10 millions de degrés », commente Sanskriti Das, dans un communiqué de l’ESA. Jamais une telle structure n’a encore été observée ailleurs dans l’Univers.

Halo voie lactée

Des chercheurs nous apprennent aujourd’hui que le halo de la Voie lactée — ici en vue d’artiste — est plus chaud que prévu. Sa composition chimique est également inattendue (Source : ESA).

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Proxima Centauri c : y a-t-il une superterre à 4,2 années-lumière du Soleil ?

L’existence d’une deuxième exoplanète autour de l’étoile Proxima centauri, à seulement 4,2 années-lumière du Soleil environ, a été annoncée. La découverte de Proxima Centauri c demandera sans doute à être consolidée mais il s’agirait d’une superterre, malheureusement pas dans la zone d’habitabilité comme c’est le cas pour Proxima Centauri b.

En 2012, des astrophysiciens annonçaient la découverte de l’exoplanète Alpha Centauri Bb en orbite autour d’une des composantes du système triple d’Alpha du Centaure. Il est constitué de deux étoiles proches l’une de l’autre au point de former une étoile binaire, Alpha du Centaure A et B (à 4,36 années-lumière de la Terre), et d’une troisième étoile, Alpha du Centaure C, à 4,22 années-lumière du Système solaire. Cette dernière est également appelée Proxima du Centaure. L’existence de l’exoplanète Alpha Centauri Bb, qui devait orbiter autour d’Alpha Centauri B, comme on l’appelle aussi, a été depuis remise en cause. Mais, en 2016, c’est celle toujours admise d’une autre exoplanète, autour de Proxima Centauri cette fois-ci, qui a été annoncée : Proxima Centauri b.

Aujourd’hui, l’existence d’une deuxième exoplanète, Proxima Centauri c (déjà suspectée il y a quelques années), est suggérée sérieusement par l’analyse des données collectées à l’observatoire La Silla, au Chili, à l’aide du fameux spectrographe Harps (High Accuracy Radial Velocity Planet Searcher) qui permet de détecter des exoplanètes en utilisant la méthode des vitesses radiales et qui équipe le télescope de 3,6 mètres sur ce site de l’ESO. C’est une large équipe internationale d’astronomes qui le fait savoir via un article publié dans le journal Nature et en accès libre. Il s’agirait d’une superterre en orbite à 1,5 unité astronomique de son étoile dont la masse serait d’environ la moitié de celle de Neptune, laquelle est d’environ 17 fois celle de la Terre — il faudrait observer un transit pour lever l’ambigüité dans l’estimation de la masse de Proxima Centauri c.

Rappelons que le système triple d’Alpha du Centaure a fait rêver les exobiologistes et en particulier les auteurs de science-fiction depuis longtemps, car il s’agit des étoiles les plus proches du Soleil, et surtout en raison des caractéristiques des étoiles de son système double. Alpha Centauri A est en effet une étoile de type spectral G2, c’est-à-dire une naine jaune très semblable au Soleil, et Alpha Centauri B, un peu moins lumineuse, est de type spectral K1 donc d’un type proche du Soleil. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux récits de SF fassent état de planètes habitables avec des formes de vie extraterrestres autour d’une des étoiles d’Alpha du Centaure.

Exoplanète autour naine rouge

Une vue d’artiste d’une exoplanète rocheuse désertique autour d’une naine rouge (Source : ESO/M. Kornmesser).

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Les magnifiques aurores de Saturne dévoilées par Cassini

Une nouvelle et magnifique image de Saturne a été dévoilée. Elle a été prise par la sonde Cassini qui a exploré la planète et ses lunes pendant 13 ans.

Le 15 septembre 2017, Cassini pénétrait à plus de 100.000 km/h dans l’atmosphère de la planète Saturne : la manœuvre lui a été fatale car après quelques minutes la sonde s’est disloquée dans les nuages saturniens. C’était ainsi que les ingénieurs de la NASA avaient prévu qu’elle achève sa mission d’exploration de ce coin du système solaire. Ils savaient aussi que longtemps après sa destruction, les données de l’engin continueraient à épater les scientifiques et le grand public. Pour preuve, cette sublime image reconstituée par l’Université de Lancaster, au Royaume-Uni.

Lors de la dernière étape de son exploration de Saturne, la sonde Cassini a plongé entre les anneaux de la planète : elle s’est approchée comme jamais de sa surface nuageuse. A cette occasion, l’engin a pu photographier un phénomène déjà observé : la présence d’aurores polaires. Comme sur Terre, ces aurores qui colorent notre ciel sont causées par l’interaction entre la magnétosphère (zone où dominent les champs magnétiques générés par un astre) et les vents de particules solaires. Des aurores ont aussi été aperçues sur Jupiter, la géante du système solaire.

Aurores Saturne

Une des dernière image composite de Saturne obtenue grâce aux données de Cassini (Source : NASA/JPL-Caltech/Space Science Institute).

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