La planète Mars va se rapprocher de la Terre comme jamais depuis quinze ans

Durant les six prochaines semaines, le ciel nocturne promet de nous offrir un spectacle aussi rare que fascinant : la possibilité d’observer à l’œil nu notre lointaine voisine : Mars ! Fin juillet, la planète rouge se trouvera en effet sur une position de son orbite qui la placera à un peu moins de 58 millions de kilomètres de nous. Une proximité remarquable qui ne se reproduira pas avant une quinzaine d’années.

Avis à tous les passionnés d’astronomie : les jours à venir s’annoncent particulièrement prometteurs ! Durant pas moins de six semaines, l’une des planètes les plus fascinantes de notre Système solaire va en effet briller dans la nuit comme jamais elle ne l’a fait au cours des quinze dernières années. Cette planète, c’est Mars.

Les origines de cet évènement rare tiennent à l’orbite particulière de la planète rouge, une course centrée sur un point décalé par rapport à la Terre. Résultat, la distance de notre planète avec Mars peut quasiment varier du simple au double, avec une moyenne autour de 225 millions de kilomètres. Tous les quinze ans environ, cette distance atteint toutefois son minimum lorsque les deux planètes se trouvent dans une configuration que les spécialistes nomment « opposition périhélique ».

L’apogée du phénomène aura lieu très précisément le 31 juillet prochain. À cette date, la planète se trouvera à moins de 58 millions de kilomètres de nous, comme le révèle l’agence spatiale américaine. « Si la Terre et Mars possédaient des orbites parfaitement circulaires, leur distance minimale serait toujours la même. Cependant, elles empruntent des chemins elliptiques (ovoïdes) », confirme la NASA.

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Curiosity envoie un nouveau selfie depuis Mars au milieu de la tempête

Même au milieu de la tempête qui fait actuellement rage sur la planète Mars, Curiosity ne manque pas de courage. Le petit rover vient de nous faire parvenir un nouveau selfie ou il s’affiche vaillamment sur fond de nuages de sable.

Une tempête noircit actuellement le ciel martien, menaçant les jours du rover Opportunity lancé il y a 14 ans, et récemment passé en veille. De son côté en revanche, le rover Curiosity affronte vaillamment les tourments. Le petit robot, alimenté au plutonium, n’a pas à redouter la baisse de luminosité qui pèse sur son compère, et vient d’envoyer un nouveau selfie où il s’affiche avec bravoure.

Tandis que les nuages sombres obscurcissant actuellement le ciel martien menacent les jours d’Opportunity, qui se repose sur l’énergie solaire pour garder ses batteries au chaud face aux rudes conditions sur la planète rouge, le rover Curiosity, lui, n’a pas tant à redouter de cette tempête.

Le robot est en effet équipé d’un générateur thermoélectrique à radioisotope (abrégé RTG en anglais). Ce générateur électrique nucléaire utilise la chaleur produite par la désintégration radioactive du dioxyde de plutonium présent dans un conteneur en céramique pour produire de l’énergie. Pas de solaire donc pour Curiosity, qui peut par conséquent continuer de vaquer à ses occupations.

Curiosity selfie tempête Mars

En pleine tempête sur Mars, le rover Curiosity fait un selfie (Source : NASA).

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La matière noire pourrait ne pas être complètement noire

Par définition, la matière noire ne peut pas émettre de lumière. Pour un physicien, elle ne peut pas être couplée à un champ électromagnétique, par exemple en étant chargée. Pourtant, des modèles de matière presque noire, avec des particules possédant une infime fraction de la charge électrique de l’électron, ont été proposés.

Au début des années 2000, beaucoup de physiciens et d’astrophysiciens auraient sans doute parié que la détection directe ou indirecte des particules de matière noire allait survenir au tout début des années 2010 au plus tard. Mais, depuis presque une décennie, les déceptions s’accumulent.

En effet, des détecteurs enterrés sous des kilomètres de roches aux satellites en orbite cherchant des traces d’annihilation des particules de matière noire, en passant, bien sûr, par les détecteurs géants du LHC, aucune de ces particules ne s’est montrée. Nous en avons eu un nouvel exemple récemment avec les derniers résultats de Xenon1T. Pourtant, la matière noire est incontournable en cosmologie pour expliquer les caractéristiques du rayonnement fossile et la naissance des grandes structures regroupant les amas de galaxies ; aucune alternative crédible n’est connue.

En fait, tous les résultats infructueux de la chasse aux particules de matière noire ne sont pas totalement négatifs, car, à défaut de nous dire ce que seraient ces particules, ils nous disent ce qu’elles ne sont pas. Les chercheurs considèrent donc des modèles parfois de plus en plus exotiques. Un bon exemple est donné dans un article publié dans Nature et dont le contenu peut être étudié grâce à d’autres articles disponibles en accès libre sur arXiv. Il y est question d’une théorie proposée notamment par Julian Muñoz, de l’université Harvard (États-Unis), en compagnie de son célèbre collègue Avi Loeb, du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (CfA), bien connu pour l’originalité de ses idées.

Planck rayonnement fossile

La carte la plus précise du rayonnement du fond diffus cosmologique tracée par le satellite Planck de l’ESA (Source : ESA/collaboration Planck/D. Ducros).

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Une exoplanète dénichée dans un jeune disque protoplanétaire : une grande première

Pour la première fois, des astronomes, utilisant Alma, ont repéré une planète en formation, encore enfouie dans son disque protoplanétaire. Cette découverte majeure vient d’une équipe française qui a pour l’occasion testé avec succès une nouvelle méthode de détection planétaire. Les explications de François Ménard, directeur de recherche au CNRS, également astronome à l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble.

Malgré la découverte de milliers d’exoplanètes, les mécanismes de formation des planètes (telluriques et géantes gazeuses) sont encore mal connus. On sait qu’elles se forment à l’intérieur de grands anneaux de poussières et de gaz, appelés disques protoplanétaires, mais les processus physiques qui transforment des grains micrométriques en planètes sont incomplètement compris.

Deux équipes de chercheurs viennent d’annoncer la découverte de trois protoplanètes, autour de la jeune étoile HD 163296, qui sont encore au sein d’un disque, ce qui n’avait jamais été vu auparavant. Cette étoile se situe à environ 330 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Sagittaire. Deux fois plus massive que le Soleil, elle est âgée de seulement quatre millions d’années, soit un millième de l’âge du Soleil.

Une de ces trois protoplanètes, située loin de l’étoile, à 39 milliards de kilomètres (260 UA), a été découverte par l’équipe de Christophe Pinte, de l’université Monash en Australie et de l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble (France), dont fait partie François Ménard, directeur de recherche au CNRS. Cette équipe a trouvé la protoplanète en « identifiant une perturbation bien localisée dans le disque », nous explique François Ménard.

Protoplanète

Localisation de la protoplanète découverte par l’équipe française. Sur cette image figure une partie de l’ensemble des données d’Alma. La déformation du disque de matière, bien visible, indique clairement la présence de l’une des planètes dont l’emplacement est marqué d’un point. (Source : ESO/Alma/MPint et al.)

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Mars : Opportunity fait face à une énorme tempête de poussière

Une grande tempête s’est levée sur Mars depuis fin mai. Elle a déjà recouvert un quart de la Planète rouge. Situé près de l’équateur martien, le rover Opportunity est au cœur de la tourmente. L’équipe qui prend soin de lui depuis quinze ans est inquiète sur son sort. Survivra-t-il à la plus grande tempête qu’il ait connue ?

La NASA et les équipes en charge d’Opportunity sont inquiètes depuis plusieurs jours. Fin mai, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter sonnait l’alerte à la vue de la levée d’une tempête de poussière sur Mars. Aussitôt, les opérations scientifiques en cours dans la vallée de la Persévérance, sur le bord ouest du cratère Endeavour, qu’explore le rover depuis plusieurs semaines ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre, dans l’espoir que la tempête s’estompe assez vite.

Mais elle a pris de l’ampleur et s’étendait, le 12 juin, sur un quart de Mars, couvrant ainsi une surface de quelque 35 millions de km2 (ce n’était encore que la moitié quatre jours plus tôt), soit l’équivalent de l’Afrique et l’Europe réunies. Opportunity était alors en plein cœur de la tourmente.

Malheureusement pour le rover, les poussières fines dans l’atmosphère ont considérablement obscurci le ciel et lui cachent la lumière du soleil qui lui est vitale. C’est la nuit en plein jour comme le montrent les simulations de la NASA (voir image ci-dessous). Empêché de recharger ses batteries, l’astromobile doit à tout prix éviter d’attraper froid durant les nuits martiennes. Et le problème est que ses radiateurs de survie sont très énergivores. Point positif de ces tempêtes tout de même, la température nocturne ne descend pas trop bas. Il a fait -29 °C le 10 juin. C’est ce qu’ont indiqué les relevés au petit matin envoyés par le rover. Car oui, le rover communiquait encore avec la Terre, il a bien résisté jusque-là… Mais à l’appel du 12 juin, Opportunity n’a pas répondu.

Simulation ciel Mars juin 2018

Simulation du ciel de ces derniers jours au-dessus d’Opportunity. Le Soleil a progressivement disparu derrière d’épais nuages de poussière. (Source : NASA/JPL-Caltech/TAMU)

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Le mystère du rayonnement micro-ondes autour de la Voie lactée sur le point d’être percé

Des astronomes sont parvenus à expliquer l’origine des étranges rayonnements irréguliers de micro-ondes observés dans la Voie lactée. Ceux-ci seraient produits par des nanoparticules de diamant hydrogénées en rotation sur elles-mêmes.

Les résultats d’une étude qui vient de paraître dans Nature Astronomy pourraient bien s’avérer cruciaux pour les spécialistes qui étudient l’Univers par ses rayonnements micro-ondes. Elle révèle ainsi que l’anomalie d’émission micro-onde de l’ordre de 10 gigahertz observée depuis des décennies autour de certaines étoiles de notre galaxie résulterait de la présence de nanoparticules de diamant tournant très vite sur elles-mêmes.

« Si l’on en croit la méthode par élimination de Sherlock Holmes, on peut affirmer que la cause la plus probable de ce rayonnement micro-onde est la présence de nanoparticules de diamant autour de ces étoiles nouvellement formées », explique l’astronome Jane Greaves de l’Université de Cardiff, coauteure de l’étude.

Ce constat fait suite à la détection d’une émission micro-onde anormale dans trois disques protoplanétaires sur les quatorze que la chercheuse et son équipe ont observés grâce à deux radiotélescopes : l’Australian Compact Telescope Array (ATCA) et le Green Bank Telescope (GBT). Or, il se trouve que ces trois systèmes sont les seuls connus pour abriter des nanoparticules de diamant hydrogénées. Ces particules sont capables d’émettre des micro-ondes lorsqu’elles sont en rotation sur elles-mêmes. Elles seraient, ainsi, à l’origine du rayonnement observé en provenance de la Voie lactée.

Voie lactée Antilles

La Voie lactée saisie dans toute sa splendeur depuis les Antilles françaises (Source : J. Blanchard ).

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Alpha du Centaure : des étoiles proches du Soleil favorables à la vie ?

Bonne nouvelle pour la recherche de la vie ailleurs, dans d’autres systèmes solaires : il ferait plutôt bon vivre autour des deux étoiles les plus brillantes d’Alpha du Centaure. Les deux étoiles sont des voisines, elles ne sont qu’à quelque 40.000 milliards de kilomètres de la Terre.

L’environnement des deux étoiles les plus brillantes d’Alpha du Centaure, un système à trois étoiles, semble plutôt paisible comme l’ont montré les observations réalisées avec Chandra durant plus d’une décennie. Le télescope spatial qui épie nos plus proches voisines tous les six mois depuis 2005 n’a en effet rien remarqué de significatif et de menaçant, du point de vue des émissions de rayonnements X, durant tout ce temps – le temps d’un cycle solaire. Ces deux soleils se sont même montrés calmes. Point de bombardements dévastateurs qui ruineraient toute entreprise de la vie pour se développer à la surface d’un monde (protégé par un champ magnétique et une atmosphère). C’est bien sûr une bonne nouvelle pour la recherche d’une vie extraterrestre autour des étoiles les plus proches de notre Système solaire.

On ne peut pas en dire autant pour Proxima du Centaure (aussi désignée Alpha du Centaure C), l’étoile la plus proche du Soleil. Hélas, l’activité de cette naine rouge fait craindre aux astronomes que Proxima b (découverte en 2016), qui pourtant a tout pour plaire – elle est rocheuse, gravite dans la zone habitable de son étoile et elle est à deux pas de chez nous… à 4,2 années-lumière soit quelque 40.000 milliards de kilomètres seulement -, soit trop agressée par son étoile. En temps normal, la planète serait en effet arrosée 500 fois plus de rayons X que la Terre… et quand survient une éruption, la « dose » bondit pour être alors jusqu’à 50.000 fois supérieure ! Bref, difficile d’imaginer que ce monde soit habitable sur le long terme.

Alpha du Centaure

Visible à l’œil nu dans le ciel austral, Alpha du Centaure. Dans l’encadré, Alpha du Centaure A et Alpha du Centaure B vues par le télescope spatial Chandra. (Source : NASA/CXC/Université du Colorado/ESO)

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