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Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle de la Guadeloupe

Découverte d’un curieux pliosaure, terreur de la Volga du Crétacé

En Russie, le crâne d’un grand animal datant du Crétacé est celui d’un petit pliosaure. Avec son long rostre, il ressemble à un dauphin d’eau douce, et c’est bien là qu’il vivait il y a 130 millions d’années. Ce « maître de l’esprit de la Volga », comme l’ont baptisé ses découvreurs, est un exemple de convergence évolutive. Lui et ses cousins ont disparu bien avant les dinosaures.

Les plésiosaures, ces grands tétrapodes marins à quatre larges nageoires, hantaient les océans à l’époque où les dinosaures régnaient sur les terres émergées. Les plus grands dépassaient les dix mètres et beaucoup avaient un cou immense (qui n’a pas manqué d’inspirer les adorateurs du monstre du loch Ness). Parmi les plésiosaures, certains, les pliosaures, avaient au contraire un cou plutôt court et surtout un énorme crâne, jusqu’à deux mètres, agrémenté d’une mâchoire armée de dents souvent géantes. Elles auraient fait pâlir de jalousie le célèbre T-rex s’il n’avait pas vécu bien plus tard, au Crétacé, contrairement à ce que peut laisser croire Jurassic Park.

Les pliosaures, eux, ont eu en effet leurs heures de gloire au Jurassique et semblaient même n’avoir jamais atteint le Crétacé, quand le supercontinent Pangée finissait de se découper en grands morceaux et que le climat se refroidissait sévèrement. Pourtant, en 2008, une équipe présentait « Predator X », ensuite officiellement baptisé Pliosaurus funkei et âgé de seulement 147 millions d’années, ce qui le situe à la fin du Jurassique. Avec ses 12 m et ses dents de 30 cm, il devait faire bonne figure dans les océans de l’époque.

Luskhan itilensis

Une représentation possible du pliosaure Luskhan itilensis qui vivait dans les eaux douces, au Crétacé (Source : Andrey Atochin).

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Au Chili, démarre la construction du plus grand télescope du monde

La présidente chilienne Michelle Bachelet a lancé vendredi 26 mai 2017 la construction du plus grand télescope du monde, dans le nord du pays, capable de capter des images en direct de planètes hors du système solaire.

Les vents puissants soufflant sur le site, à 3.000 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama, ont empêché la présidente de poser symboliquement la première pierre de l’European Extremely Large Telescope (E-ELT), le télescope géant européen, dont le chantier a démarré vendredi 26 mai 2017. Il sera construit par l’Observatoire européen austral (ESO) et devrait être opérationnel dès 2024.

Bénéficiant d’un ciel totalement dégagé une grande partie de l’année, dans un air sec et froid, le nord du Chili abrite déjà les plus importants télescopes au monde, espérant concentrer 70% de l’infrastructure astronomique mondiale d’ici 2020. Ce « saut géant de capacité est aussi grand que celui qu’a expérimenté Galilée quand il a regardé le ciel nocturne avec un petit télescope », a affirmé le directeur général de l’ESO, Tim de Zeeuw. « Il est d’ailleurs possible que l’ELT trouve des preuves de vie ailleurs », a-t-il ajouté.

E-ELT

Avec son miroir de 39 m de diamètre, l’E-ELT sera le plus grand télescope au monde à l’horizon 2024 (Source : ESO).

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Le niveau de la mer monte plus vite que prévu

Avant 1990, les scientifiques ne disposaient pas encore des satellites altimétriques et les mesures de la vitesse moyenne d’accroissement du niveau de la mer étaient donc moins précises qu’aujourd’hui. Une étude suggère que cette hausse aurait été surestimée à cette époque. Résultat : le niveau des mers pourrait avoir crû plus rapidement que prévu depuis les années 1990.

Une équipe de chercheurs européens s’est intéressée à la vitesse de l’accroissement du niveau des mers entre 1902 et 1990. Selon les résultats de l’étude, cette vitesse aurait été moins élevée que ce que suggéraient jusqu’alors les modèles. Preuve pour les chercheurs que depuis environ 30 ans, les niveaux des océans montent encore plus rapidement que prévu.

Rappelons qu’avant 1990, les chercheurs évaluaient le niveau de la mer à l’aide de marégraphes. Les mesures étaient alors sujettes à caution, compte tenu des différents facteurs (élévation ou affaissement des terres, vents, etc.) susceptibles de les impacter. Depuis le début des années 1990, les satellites altimétriques réalisent des mesures remarquablement précises.

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Phytothérapie : 59 % de plantes médicinales supplémentaires répertoriées en 2017

Le centre de recherche botanique des Kew Gardens, jardins botaniques londoniens, a publié jeudi 18 mai 2017 son rapport annuel « Etat des lieux dans plantes mondiales ». Il répertorie 28.187 plantes possédant des vertus médicinales, versus 17.810 en 2016.

Pour la deuxième année consécutive, le centre de recherche botanique des Kew Gardens dresse l’inventaire des plantes mondiales reconnues comme possédant des vertus médicinales. Il se base sur plus de 140 sources de type pharmacopées, bases de données et dictionnaires de plantes médicinales ainsi que publications et législations sanitaires. En 2017, il recense ainsi 28.187 plantes aux propriétés médicinales, soit un chiffre en progression de 59 % par rapport à 2016.

Les plantes sont utilisées pour se soigner dans de nombreuses régions du monde : Afrique, Asie, Amérique centrale et du Sud… En Chine, les autorités sanitaires prévoient même de fusionner médecine moderne (maladies aigües) et médecine traditionnelle à base de plantes (maladies chroniques) dans leur système public de santé.

Et les pays occidentaux montrent un véritable engouement pour la phytothérapie : le rapport nous apprend que 90% de la population allemande, par exemple, utilise des médicaments à base de plantes. Les pharmacopées européennes s’étoffent d’ailleurs régulièrement de plantes issues de médecines traditionnelles chinoise ou ayurvédique, une forme de médecine traditionnelle indienne.

Herboresterie Paris

Herboristerie à Paris (Source : SIPA)

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Himalaya : comment les Sherpas ont évolué en surhommes

La physiologie des Sherpas a évolué pendant des milliers d’années, leur permettant de devenir les guides exceptionnels qu’ils sont aujourd’hui et qui accompagnent des alpinistes jusqu’à l’Everest. Une recherche montre que leur organisme est particulièrement efficace pour produire de l’énergie dans des conditions de déficit d’oxygène (hypoxie).

En altitude, la pression diminue, et avec elle, la pression de l’oxygène inspiré. À cause de ce déficit d’oxygène (hypoxie), du mal des montagnes, de nombreux alpinistes échouent dans leur ascension du sommet de l’Everest. À leurs côtés, les Sherpas de l’Himalaya sont très adaptés à la vie à haute altitude et surmontent plus facilement ces difficultés. Comment l’expliquer ?

Lorsque des alpinistes qui vivent habituellement à basse altitude passent du temps à haute altitude, leur organisme s’adapte dans une certaine mesure grâce à plusieurs mécanismes : augmentation de la ventilation, du rendement cardiaque, production supplémentaire de globules rouges pour transporter l’oxygène. Mais cela ne suffit pas pour atteindre l’efficacité de l’organisme des Sherpas.

Dans une étude parue dans Pnas, des chercheurs britanniques ont voulu comprendre les bases métaboliques de l’adaptation des Sherpas à l’altitude. Pour cela, ils ont comparé la physiologie de deux groupes de personnes qui ont fait l’ascension du camp de base de l’Everest situé à 5.300 m d’altitude.

Sherpas Himalaya

Comment la biologie explique-t-elle les performances des Sherpas ?

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L’observation confirme la théorie sur le système planétaire Trappist

Trois mois d’observation supplémentaires sur ce fascinant système solaire ont permis de mesurer la période de la plus petite et la plus éloignée des 7 exoplanètes qui le composent.

En février 2017, la NASA annonçait, à grand renfort de suspense, la découverte d’un incroyable système solaire. Baptisé « Trappist-1 » du fait du nom du télescope belge à l’origine de sa découverte (et un peu aussi en hommage à la bière), ce système solaire situé à une quarantaine d’années lumière de notre Terre, a tout pour séduire les astronomes.

Autour d’un minuscule soleil à peine plus grand que Jupiter, gravitent 7 planètes d’une masse comparable à celle de la Terre. Et trois d’entre elles se trouvent dans la zone « habitable » autour de leur étoile. Mais ce qui fait le principal intérêt de ce système planétaire, c’est surtout le plan dans lequel orbitent ces planètes, dont l’inclinaison nous permet, depuis la Terre, d’observer le transit de chaque planète devant l’étoile.

Ainsi, il est possible d’étudier très facilement la composition d’une éventuelle atmosphère en analysant la lumière qui filtre à travers. Cette configuration rare et très propice à l’observation a donc permis à l’équipe à l’origine de cette découverte de profiter des lumières d’un autre instrument : le télescope spatial Kepler.

Système Trappist-1

Vue d’artiste des différentes exoplanètes qui constituent le système Trappist-1 (Source : NASA/JPL-Caltech).

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Moins de dioxyde de soufre aux Etats-Unis, plus de pluies au Sahel

La réduction des émissions de dioxyde de soufre aux Etats-Unis permet à la mousson africaine de remonter beaucoup plus au nord, arrosant ainsi des terres sahéliennes qui pourront de nouveau être cultivées.

L’atmosphère est un milieu mouvant, global et instable. Les simulations que viennent d’effectuer les chercheurs de l’observatoire de la Terre Lamont-Doherty de l’Université de Columbia en sont la parfaite illustration. En utilisant trois modèles climatiques globaux, les chercheurs ont étudié les conséquences d’une absence totale d’émissions de dioxydes de soufre (SO2) en provenance des Etats-Unis sur le climat de l’hémisphère nord.

Et ce qu’ils ont trouvé –et publié dans Geophysical Research– les a beaucoup surpris. En absence de SO2, la saison des pluies sahéliennes augmente de 10%, tombent 35 kilomètres plus au nord et durent deux jours et demi plus longtemps. Une très bonne nouvelle pour l’agriculture africaine !

« Nous avons montré que les bénéfices retirés par l’Amérique des politiques de lutte contre la pollution de l’air pour la santé humaine et l’environnement sont aussi favorables au climat global », se réjouit Dan Westervelt, l’auteur principal de l’étude. Les effets du SO2 sur le climat sont bien documentés. Des études menées dans les années 1980 ont montré que les émissions de soufre provenant d’Europe et d’Asie sont à l’origine des graves sécheresses subies par les pays sahéliens au début des années 1970 et dans les années 1980.

Mousson Niger

Au Sahel, dans la région du delta central du Niger, la mousson s’accompagne de l’arrivée de lignes de grain (Source : CNRS).

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