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Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle de la Guadeloupe

Le dioxyde de titane interdit début 2020 dans les denrées alimentaires

Après des tergiversations, le gouvernement a décidé mercredi d’interdire en janvier 2020 le dioxyde de titane, un additif controversé, dans les denrées alimentaires, une décision qui laisse les ONG sur leur faim.

Cette décision intervient deux jours après la publication d’un avis de l’agence sanitaire Anses qui disait ne pas pouvoir lever les incertitudes sur l’innocuité de cette substance, signalée sur les étiquettes par TiO2 ou E171 et utilisée principalement comme colorant. Après avoir pris connaissance de cet avis, « François de Rugy, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, ont décidé, par précaution, d’interdire la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant cet additif dès le 1er janvier 2020 », selon un communiqué. « Un arrêté suspendant la mise sur le marché des denrées alimentaires contenant l’additif E171 à partir du 1er janvier 2020 a été signé et sera publié dans les meilleurs délais », précise-t-il.

Cet arrêté sera notifié à la Commission européenne et aux autres Etats membres car le dioxyde de titane bénéficie d’une autorisation délivrée au niveau de l’Union européenne. Cette décision « n’est que dans l’ordre des choses », a réagi Stephen Kerckhove au nom des associations Agir pour l’environnement et Foodwatch. « On voit apparaître un délai dont il n’a jamais été question », a-t-il regretté.

Le fait que cette substance contienne des nanoparticules – d’une taille inférieure à 100 nanomètres facilitant leur pénétration dans l’organisme – soulève depuis plusieurs années l’inquiétude des associations de défense des consommateurs et de l’environnement. Face à ces doutes, Brune Poirson avait annoncé en mai 2018 la suspension de son utilisation dans les produits alimentaires d’ici fin 2018. La disposition avait été reprise dans la loi alimentation promulguée en novembre mais elle ne pouvait s’appliquer sans un arrêté du ministère de l’Economie. Mais Bruno Le Maire avait refusé de signer cet arrêté dans un premier temps, avant de se dire prêt à interdire le colorant, sous réserve d’un nouvel avis de l’agence sanitaire Anses.

Bons dioxyde de titane

L’additif alimentaire E171 est très utilisé dans l’agroalimentaire comme colorant blanc. Il est composé pour l’essentiel de particules de dioxyde de titane.

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Tess découvre sa première planète de la taille de la Terre

Le satellite Tess, lancé il y a un an, devrait découvrir plusieurs petites planètes rocheuses comparables à la Terre. Voici la première : HD 21749c. Non loin d’elle, dans le même système, une « sous-Neptune » ou mini-Neptune.

La quête d’autres mondes menée par le satellite Tess (Transiting Exoplanets Survey Satellite), lancé il y a tout juste un an, commence à porter ses fruits. Dans la besace de ce nouveau chasseur d’exoplanètes, successeur de Kepler, une première planète de la taille de la Terre. Son nom est HD 21749c. L’étoile autour de laquelle elle orbite, HD 21749 dans la constellation australe du Réticule, est située à quelque 53 années-lumière du Système solaire. C’est une naine orange dont la masse équivaut à 80 % de celle de notre Soleil.

Malheureusement, cette jumelle de la Terre (par la taille) n’est pas dans la zone habitable de son étoile. Pour l’instant, les astronomes ne connaissent pas encore la masse de cette planète rocheuse dont la période de révolution n’est que d’une huitaine de jours. « Mesurer la masse et la composition exacte d’une si petite planète constituera un défi, a expliqué Sharon Wang, membre de l’équipe du Carnegie qui a débusqué ce monde, mais c’est important pour comparer HD 21749c à la Terre ».

HD 21749c

Illustration de la planète de la taille de la Terre gravitant autour de l’étoile HD 21749, à 53 années-lumière de nous, découverte par Tess. Dans le même système, le satellite a débusqué une mini-Neptune (Source : Robin Dienel/Carnegie Institution for Science).

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Des barrières géantes pour empêcher les déchets en plastique d’atteindre les océans

Deux consultants italiens, basés respectivement à Londres et à New York, ont mis au point un ingénieux système de barrières flottantes pour stopper le flux de déchets en plastique accumulés par les fleuves avant qu’ils n’atteignent la mer.

Les plastiques qui envahissent les mers empoisonnent poissons et oiseaux maritimes, entrant ainsi dans la chaîne alimentaire jusque dans nos assiettes. C’est précisément avec la volonté de nettoyer les océans que le jeune inventeur néerlandais Boyan Slat a fondé The Ocean Cleanup. Mais pourquoi ne pas essayer plutôt de capter les déchets plastiques avant que ceux-ci n’atteignent la mer ? Cela empêcherait que l’effet dégradant de l’eau salée n’émiette les déchets en micro-plastique.

Il s’agit d’une véritable course contre la montre. Chaque année, plus de huit millions de tonnes de plastique se retrouvent dans la mer, se décomposent et sont confondues avec de la nourriture, une menace croissante pour la faune marine. Presque tous les albatros du Pacifique ont maintenant des fragments de plastique dans l’estomac, responsables de la mort de plus d’un million d’oiseaux marins chaque année selon le Programme des Nations unies pour l’Environnement. Peu de gens savent que près de 90 % du plastique qui se retrouve dans l’océan y a été transporté par l’un des 10 fleuves les plus pollués au monde: le Yangtsé, le Nil, le Gange, l’Indus, le fleuve Jaune, le Hai he (fleuve blanc, à Tianjin en Chine), la Rivière des Perles, le fleuve Amour, le fleuve Niger et le Mékong.

Sea Defence Solutions

Le projet de la start-up Sea Defence Solutions (Source : SEADS).

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La pire extinction massive de l’Histoire serait bien liée au volcanisme

Du mercure prisonnier de sédiments datés de plus de 250 millions d’années fournit une nouvelle preuve de l’implication d’un volcanisme soutenu dans l’extinction du Permien-Trias, la pire crise biologique enregistrée depuis que la vie s’épanouit sur Terre.

Moins populaire que la crise Crétacé-Tertiaire marquant la fin du règne des dinosaures il y a 65 millions d’années (Ma), l’extinction massive du Permien-Trias il y a 252 millions d’années (Ma) est cependant la plus grave de tous les temps, ayant rasé 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres en 10.000 à 100.000 ans. Des chercheurs chinois et américains, menés par Jun Shen de l’université des Géosciences de Chine, apportent une preuve convaincante en faveur de la théorie la plus largement acceptée pour expliquer cette hécatombe, celle d’un volcanisme prolongé et intense à l’origine des trapps de Sibérie.

Dans des roches sédimentaires datées de la frontière Permien-Trias réparties un peu partout à travers tout l’hémisphère Nord, les chercheurs ont observé un pic de mercure, avec des taux 3 à 8 fois plus élevés par rapport aux niveaux précédant la crise. Il a d’abord été injecté sous forme de vapeur dans les airs, à très haute altitude, ce qui suggère un lien avec l’activité volcanique d’ampleur qui a formé à cette époque les trapps de Sibérie. L’étude a été publiée dans Nature Communications.

Des preuves géologiques d’un lien entre les trapps de Sibérie et l’extinction Permien-Trias, certes pas inexistantes, restaient jusque-là sporadiques. Des recherches précédentes ont déjà fait état d’un pic de mercure sur quelques sites en Chine et au Canada. Pour cette nouvelle étude, Jun Shen et ses collègues montent d’un cran en analysant 391 échantillons de sédiments prélevés sur une dizaine de sites en Hongrie, aux États-Unis, au Japon, en Chine. Le pic de mercure se reproduit sur l’ensemble de ces lieux, témoignant du caractère global des retombées du volcanisme des trapps de Sibérie.

Extinstion Permien Trias volcans

L’extinction massive du Permien-Trias il y a 252 millions d’années s’inscrit comme la plus grande catastrophe biologique de notre planète. Le volcanisme à l’origine de la formation des trapps de Sibérie est accusé d’avoir mis le feu aux poudres (Source : Margaret Weiner/UC Creative Services).

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Cassini : la sonde dévoile les lacs de Titan

Les données de la sonde Cassini révèlent la grande diversité des lacs sur la lune de Saturne, Titan. Certains profonds et durables et d’autres comme des flaques saisonnières.

Titan, une des lunes de Saturne, est le deuxième plus grand satellite naturel du système solaire, après Ganymède. Il s’agit du seul satellite connu à posséder une atmosphère dense et des paysages pouvant rappeler ceux de la Terre avec des collines, des lacs et des rivières d’hydrocarbures. De telles caractéristiques font que certains astronomes n’hésitent pas à considérer cet astre comme une planète.

Ces lacs à la surface de Titan représentent une caractéristique unique dans le système solaire (à l’exception de la Terre bien-sûr). Cet astre est effectivement le seul à abriter des étendues liquides stables sur sa surface.

Surface Titan & Saturne

Vue d’artiste de la surface de Titan avec Saturne en plein ciel.

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Des microplastiques transportés par le vent jusqu’au sommet des montagnes

Des microplastiques transportés à travers les airs peuvent atteindre des zones isolées, relativement épargnées par l’activité humaine, révèle une étude parue lundi dans Nature Geoscience, qui a étudié une zone reculée des Pyrénées françaises.

Pendant cinq mois de l’hiver 2017-2018, des chercheurs du CNRS, des universités de Toulouse, d’Orléans et de Strathclyde en Écosse ont récolté des échantillons sur la station météorologique de Bernadouze, à près de 1.500 mètres d’altitude. Elle se trouve dans une zone protégée Natura 2000 située à plus de cinq kilomètres du village le plus proche et à environ 120 kilomètres de Toulouse, relativement isolée.

« Les chercheurs ont décompté un dépôt de plus 365 particules de microplastiques par mètre carré par jour », selon un communiqué. Comment sont arrivés là ces petits fragments de plastique, dont certains sont invisibles à l’œil nu ? Ils ont été transportés par le vent, la neige et la pluie, répond l’étude.

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Ce champignon multirésistant devient une menace urgente pour la santé mondiale

La propagation de Candida auris dans les hôpitaux du monde entier met en lumière un nouveau danger potentiel : celui des champignons résistants aux antifongiques, à l’instar de ces « superbactéries » insensibles aux antibiotiques. Un phénomène très inquiétant et pourtant mis sous le tapis par les établissements de santé.

Il s’appelle Candida auris. Cette levure microscopique fait l’objet d’une inquiétude croissante dans les hôpitaux du monde entier. Car à l’instar des bactéries multirésistantes, qui entraînent chaque année la mort de 700.000 personnes dans le monde, le champignon C. auris semble résister à la plupart des antifongiques connus, comme le fluconazole, l’amphotéricine B ou les échinocandines. Quelque 90 % des souches seraient ainsi insensibles à au moins un antifongique et 30 % à trois ou plus.

Aux États-Unis, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladie (CDC) qualifie ainsi C. auris de « nouvelle menace mondiale émergente ». Depuis le premier cas identifié en 2009 au Japon, la maladie s’est étendue à toute la planète : Corée du Sud, Inde, Chine, Colombie et Vénézuela, États-Unis, Canada et Europe… Aux États-Unis, 587 cas ont été recensés depuis l’arrivée du pathogène en 2013, dont 309 rien qu’à New York. En Europe, Le Centre européen de prévention et contrôle des maladies (ECDC) alerte également sur l’inquiétante progression du nombre de cas, avec 620 infections recensées entre 2013 et 2017 dans six pays, pour la majorité en Espagne et au Royaume-Uni (deux en France).

Candida auris

La levure Candida auris a développé une résistance aux traitements antifongiques.

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