Le grand astéroïde Vesta avait une activité volcanique durant 30 millions d’années

De nouvelles mesures concernant des météorites en provenance de l’astéroïde Vesta laissent penser que de nombreuses coulées de lave y étaient produites par des volcans pendant au moins les 30 premiers millions d’années de son existence. C’est plus long que ce que prévoyaient des modèles et incite à repenser l’histoire du volcanisme précoce dans le Système solaire il y a plus de 4,5 milliards d’années.

Lorsque l’astronome allemand Heinrich Olbers a découvert le 29 mars 1807 l’astéroïde Vesta, il ne pouvait pas se douter qu’il serait un jour visité par un émissaire de l’Humanité, la sonde Dawn de la NASA qui l’a étudié de près, de juillet 2011 à août 2012, avant de partir en direction de la planète naine Cérès. Dawn a révélé une surface fortement cratérisée pour ce corps céleste qui est devenu le plus grand des astéroïdes de la ceinture principale du Système solaire entre Mars et Jupiter. Ce titre était autrefois détenu par Cérès avant qu’on ne le requalifie en planète naine.

Olbers ne pouvait pas savoir non plus qu’avec une taille moyenne d’environ 530 kilomètres, Vesta serait considéré au XXe siècle comme un représentant fossile des planétésimaux, ces petits corps célestes dont les tailles sont grossièrement comprises entre 10 et 1.000 kilomètres et qui ont été introduits dans les théories cosmogoniques des planètes, d’abord par Chamberlin et Moulton, et surtout par la suite par Viktor Safronov. C’est en entrant en collision sous l’effet de leurs forces d’attraction gravitationnelle que les planétésimaux ont donné naissance aux embryons de planètes puis aux planètes elles-mêmes. On saisit donc tout l’intérêt de l’étude de Vesta par Dawn pour comprendre plus finement la genèse du Système solaire il y a environ 4,56 milliards d’années.

Dawn a confirmé par ses analyses spectrales de la composition minéralogique de la surface de Vesta ce que l’on savait déjà à partir d’instruments similaires équipant les télescopes terrestres depuis des décennies, à savoir la présence de roches ignées témoins d’une activité volcanique et magmatique passée. Mieux, les spectres obtenus sont très semblables à ceux d’un groupe de trois types de météorites achondrites bien connues sur Terre depuis longtemps et dont la provenance, en raison notamment de la similarité des spectres, était déjà attribuée à Vesta, les météorites HED (pour Howardites-Eucrites-Diogénites).

Astéroîde Vesta

L’astéroïde géant Vesta (Source : NASA).

Lire la suite

50 pays touchés par le coronavirus, premier cas en Afrique subsaharienne

Le premier cas de coronavirus en Afrique subsaharienne a été confirmé au Nigeria. L’épidémie de Covid-19 touche plus de 81.000 personnes dans le monde.

Un Italien revenu de Milan le 25 février 2020 a été hospitalisé après avoir été testé positif au coronavirus dans l’Etat de Lagos, devenant le premier malade en Afrique subsaharienne, a annoncé vendredi 28 février le ministère nigérian de la Santé. « Le patient est dans un état clinique stable et ne présente pas de symptômes inquiétants », a précisé le ministère dans un communiqué. Deux autres cas de contamination ont été recensés ces derniers jours en Afrique du Nord, en Egypte et en Algérie. Ce très faible nombre de malades détectés dans les pays africains, aux systèmes de santé fragiles, intrigue les épidémiologistes, alors que plus de 81.000 cas ont été signalés ailleurs dans le monde.

Si la Chine était jusqu’à peu l’unique foyer mondial de coronavirus, le risque s’est démultiplié avec l’émergence de nouveaux pays-sources comme la Corée du Sud, l’Iran et l’Italie. Vendredi, la Corée du Sud a fait état de 256 contaminations supplémentaires, portant le total à 2.022 (dont 13 morts). La Chine, où le virus était apparu en décembre, a publié un bilan de 327 nouveaux cas, le nombre le plus faible dans le pays depuis le 24 janvier, et de 44 morts. Au total, 78.824 cas et 2.788 morts ont été recensés en Chine continentale depuis le début de l’épidémie.

Jeudi, l’Iran avait annoncé 106 contaminations supplémentaires, portant le total à 245, dont 26 morts. En Europe, l’Italie avait vu passer le nombre de cas à 650, contre 400 la veille, dont 17 morts. « Nous sommes à un moment décisif », a assuré le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant qu’au cours des deux derniers jours, le nombre quotidien de nouvelles personnes contaminées dans le monde avait été supérieur à celui enregistré en Chine. « Aucun pays ne doit penser qu’il n’aura aucun cas chez lui. Ce serait une erreur fatale, littéralement. Le virus ne respecte pas les frontières », a-t-il averti.

Carte coronavirus 28/02/2020

Répartition des cas de Covid-19 dans le monde le 28 février 2020.

Lire la suite

Arctique : la plus grande réserve de graines au monde s’enrichit

Dans ce bunker, enfoui sous la terre en Norvège, la biodiversité et de la diversité génétique de la Planète sont protégées des menaces, notamment climatiques. Cette « Arche de Noé végétale » est la plus grosse réserve mondiale de semences et elle va recevoir mardi prochain un arrivage important de graines en provenance du monde entier. Des milliers de variétés sont conservées dans cette forteresse conçue pour pouvoir en accueillir jusqu’à 4 millions.

L’« Arche de Noé végétale », plus grosse réserve mondiale de semences située dans l’Arctique, doit accueillir mardi un important arrivage de semences, entreposées dans ses entrailles pour préserver la biodiversité face aux périls, notamment climatiques. Plus de 60.000 échantillons de semences, propriété de 36 banques génétiques régionales et internationales, vont rejoindre le Svalbard Global Seed Vault. Cette chambre forte est enfouie dans une montagne près de Longyearbyen, le chef-lieu de l’archipel norvégien du Svalbard (Spitzberg), à un millier de kilomètres du Pôle Nord.

« À mesure que le rythme du changement climatique et que la perte de biodiversité augmentent, émerge une nouvelle urgence dans les efforts pour sauver les cultures vivrières menacées d’extinction, a déclaré Stefan Schmitz, directeur de la fondation Crop Trust, chargée de gérer la réserve. L’ampleur du dépôt de semences d’aujourd’hui (…) démontre un engagement mondial croissant (…) pour la conservation et l’utilisation de la diversité des cultures cruciale pour les agriculteurs dans leurs efforts d’adaptation à l’évolution des conditions de culture. »

Svalbard préservation semences

C’est sur l’archipel du Svalbard (Norvège), tout au nord de l’océan Atlantique, qu’a été lancé le projet de Réserve mondiale de semences, destiné aux générations futures.

Lire la suite

L’exoplanète K2-18b pourrait être propice à la vie

Cette grosse planète dont l’atmosphère est riche en vapeur d’eau semble héberger des conditions favorables au développement de processus biologiques.

Elle a eu son heure de gloire il y a quelques mois, en 2019, quand deux équipes d’astronomes ont annoncé avoir détecté de la vapeur d’eau dans son atmosphère. K2-18b, une exoplanète située à 124 années-lumière de la Terre, revient dans l’actualité avec une nouvelle étude qui confirme son intérêt pour la recherche de signes de vie ailleurs que sur Terre.

K2-18b est une grosse planète qui a une taille de 2,6 fois la Terre et d’environ 8 fois sa masse. Elle orbite autour d’une naine rouge et est située dans la zone habitable de son système où l’eau peut demeurer à l’état liquide en surface. Toutefois, la présence de vapeur d’eau atmosphérique ne suffit pas à caractériser l’habitabilité d’une planète. Il faut en savoir plus sur la composition de son atmosphère. C’est ce à quoi s’est attelé une équipe de l’Université de Cambridge qui rapporte ses résultats dans un article publié par The Astrophysical Journal Letters.

K2-18b

Vue d’artiste de l’exoplanète K2-18b avec son étoile, une naine rouge, en arrière-plan.

Lire la suite

Covid-19 : le virus pourrait infecter « jusqu’à 70 % de la population mondiale », selon ce chercheur d’Harvard

Un épidémiologiste d’Harvard a fait une annonce fracassante. Selon lui, jusqu’à 70 % de l’humanité pourrait être touchée par la maladie Covid-19. À ce stade, l’épidémie semble difficilement maîtrisable et pourrait même s’installer durablement.

La propagation de l’épidémie de Covid-19 a fait un bond ces derniers jours hors des frontières chinoises. Au 25 février 2020, on dénombre 977 cas confirmés et 10 décès en Corée du Sud. L’Iran est passé de zéro à 61 cas confirmés et 15 morts en l’espace de quelques jours. En Europe, l’Italie est à présent le foyer de l’épidémie le plus important avec 270 cas confirmés et 7 morts, essentiellement dans le nord du pays, en Lombardie. L’origine des nouveaux cas en Italie et en Corée du Sud n’a pas pu encore être déterminée.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, s’inquiète : « l’augmentation soudaine du nombre de cas en Italie, en Iran et en Corée du Sud est très préoccupante ».

Le confinement est le premier réflexe mis en place lors de n’importe quelle épidémie pour limiter sa dissémination. Face au coronavirus, la Chine a réagi en mettant en quarantaine des villes de plusieurs millions d’habitants dès le mois de janvier. Malgré cela, le virus est sorti de Wuhan pour infecter la Chine et d’autres pays à travers le monde.

Coronavirus

Selon un épidémiologiste de l’université d’Harvard, 40 à 70 % de l’humanité pourrait contracter le Covid-19.

Lire la suite

La justice britannique rejette le projet d’agrandissement de l’aéroport d’Heathrow au nom de l’environnement

La justice britannique s’est opposée au projet d’agrandissement de l’aéroport d’Heathrow à Londres, le plus fréquenté d’Europe. Selon le directeur général de l’aéroport londonien, cette décision pourrait favoriser l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle.

La justice britannique a donné raison jeudi 27 février 2020 aux écologistes opposés à l’agrandissement de l’aéroport londonien d’Heathrow, le plus fréquenté d’Europe, ce qui pourrait enterrer le projet, à moins que le gouvernement ne revoie sa copie.

Le tribunal a jugé en appel que cette extension n’était pas assez respectueuse de l’environnement et que le précédent gouvernement conservateur, qui l’a approuvée en 2018, aurait dû tenir davantage compte des accords de Paris visant à limiter le réchauffement climatique. « Les accords de Paris auraient dû être pris en compte par le ministre [des Transports] (…) et il aurait dû expliquer comment il les prenait en compte, mais cela n’a pas été le cas », a déclaré le juge Keith Lindblom.

L’aéroport d’Heathrow a immédiatement fait savoir qu’il faisait appel devant la Cour suprême. « Nous pensons pouvoir l’emporter. D’ici là, nous sommes prêts à travailler avec le gouvernement pour trouver une solution au problème soulevé par le tribunal », selon un porte-parole. Le gouvernement lui n’a pas prévu pour l’heure de déposer un recours. Le Premier ministre conservateur Boris Johnson n’a jamais caché son opposition au projet.

Aéroport Heathrow

La justice britannique rejette le projet d’agrandissement de l’aéroport d’Heathrow (Source : AFP).

Lire la suite

Mars : sa formation aurait été plus longue que prévu

On pensait que Mars s’était formée en 2 à 4 millions d’années seulement en se basant sur des données cosmochimiques présentes dans les météorites martiennes. Mais de nouvelles simulations de la formation de la Planète rouge jettent le doute sur la fiabilité de ces données, de sorte que la formation de Mars pourrait avoir nécessité une quinzaine de millions d’années supplémentaires.

Les sondes martiennes nous ont fourni depuis presque 50 ans des informations sur la composition de son atmosphère et de son sol rocheux. Ces informations ont permis de comprendre que certaines météorites trouvées sur Terre étaient en fait d’origine martienne. On en connaît environ 200 actuellement qui se répartissent pour l’essentiel entre trois grandes classes appelées du nom des villages à proximité desquels des Hommes ont assisté à leur chute. Il y a ainsi eu la chute observée près du village français de Chassigny en 1815, celle de Shergotty en Inde (1865) et celle de Nakhla en Égypte (1911).

Il s’agit de roches ignées qui se sont donc formées à partir du refroidissement d’un magma, par exemple sous forme de laves à la surface de Mars. L’impact d’un petit corps céleste aurait à chaque fois été assez puissant pour éjecter dans l’espace des fragments de Mars portant ces roches. Dans certains cas, on a ainsi trouvé des bulles de gaz piégées dans ces fragments trouvés sur Terre dont la composition était proche de celle de l’atmosphère martienne. C’est une des raisons qui font penser que l’on est bien en présence d’échantillons naturels de la Planète rouge sur notre Planète bleue.

Le magma source de ces météorites pouvant provenir du manteau de Mars, l’analyse de la composition isotopique des météorites martiennes peut poser des contraintes sur le temps mis par Mars pour se former, c’est-à-dire plus précisément pour se différencier en trois parties : une croûte, un manteau et un noyau métallique. Cette différenciation s’est produite dans le cas de la Terre, de la Lune et certainement aussi pour les autres planètes rocheuses suffisamment massives ainsi que pour les corps célestes plus petits mais assez gros, par exemple des embryons de planètes au tout début de l’histoire du Système solaire. Les météorites trouvées sur Terre sont d’ailleurs parfois essentiellement composées de fer et de nickel, ce qui prouve qu’elles faisaient partie du cœur d’un de ces corps célestes différenciés.

Mars formation

La formation de la Planète rouge pourrait avoir nécessité une quinzaine de millions d’années de plus que ce que l’on pensait.

Lire la suite