L’or provient bien du magma de la Terre

Pour la première fois, une équipe franco-chilienne apporte les preuves que l’or présent dans la croûte terrestre peut provenir des profondeurs du manteau. Sans pour autant exclure les hypothèses concurrentes.

Le Massif Deseado est une province aurifère de 60 000 km² située dans le sud de la Patagonie en Argentine. C’est dans cette région qu’un chercheur de l’Université du Chili, Santiago Tassara, récupère des péridotites, ces roches qui constituent l’essentiel du manteau supérieur, juste en dessous de la croûte terrestre. Ces péridotites sont retrouvées engoncées dans de la lave qui les a remonté. Tassara estime que ces échantillons méritent un examen plus poussé.

« A la suite d’une mission, notre laboratoire avait tissé des liens avec l’Université du Chili, aussi les collègues Chiliens, m’ont demandé une confirmation, raconte Michel Grégoire, directeur de recherche CNRS au laboratoire « Géosciences Environnement Toulouse », unité mixte de recherche CNRS-IRD-CNES-Université Toulouse III. Et c’est ainsi que nous avons démontré que les traces d’or de quelques nanomètres à quelques micromètres visibles dans un échantillon étaient bien d’origine mantellique « . Ces traces révolutionnent les recherches autour de l’origine de l’or sur Terre. Après une très attentive relecture par les pairs, la découverte vient d’avoir les honneurs de Nature Communications.

Péridotite or

Enchassée dans la lave, une péridotite contenant de l’or (Source : UGR).

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Le trou noir supermassif le plus « vieux » jamais découvert intrigue les astronomes

Des astronomes ont découvert le plus « vieux » trou noir supermassif jamais identifié. Le monstre galactique serait né « à peine » 690 millions d’années après le Big Bang et présenterait une masse équivalente à 800 millions de fois celle du Soleil.

Les trous noirs n’ont visiblement pas fini d’étonner les astronomes. C’est un nouveau record que vient de révéler une étude parue dans la revue Nature. Une équipe de la Carnegie Institution for Science a en effet découvert le plus « vieux » trou noir supermassif jamais identifié. Selon les estimations, ce monstre galactique se serait formé « à peine » 690 millions d’années après le Big Bang, autrement dit, alors que notre univers avait 5% de son âge actuel.

Jusqu’ici, le détenteur du record était un trou noir supermassif apparu quelque 770 millions d’années après le Big Bang et identifié en 2011. Toutefois, ce n’est pas la seule caractéristique impressionnante du nouveau monstre découvert puisque les spécialistes ont estimé sa masse à 800 millions de fois celle du Soleil. Une telle dimension n’est pas inhabituelle pour un trou noir supermassif, certains allant jusqu’à égaler plusieurs milliards de fois la masse de notre astre.

Les théories actuelles suggèrent que la plupart des galaxies, si ce n’est toutes, présenteraient en leur centre un tel monstre. Mais la combinaison de l’âge et de la taille de ce trou noir est inattendue pour les scientifiques. « Collecter toute cette masse en moins de 690 millions d’années est un défi énorme pour les théories sur la croissance des trous noirs supermassifs », a relevé Eduardo Bañados, astrophysicien qui a dirigé les recherches.

Trou noir supermassif

Le trou noir supermassif le plus « vieux » jamais découvert intrigue les astronomes.

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Découverte d’une nouvelle espèce de raptors « très bizarre » capable de nager

Cette nouvelle espèce pouvait courir et chasser à la fois sur terre tout en étant capable de nager et de pêcher dans l’eau.

De l’aveu des chercheurs, il s’agit d’un dinosaure « très, très bizarre ». Des paléontologues ont découvert une nouvelle espèce de raptors, aussi à l’aise sur terre que dans l’eau. « Il faut imaginer un mélange entre un vélociraptor, une autruche et un cygne avec un museau de crocodile et des ailes de pingouin, décrit Paul Tafforeau, paléontologue au Synchrotron européen de Grenoble (ESRF), coauteur de l’étude publiée ce mercredi dans la revue Nature.

Le surprenant petit prédateur, nommé « Halszka » pour Halszkaraptor escuilliei, vivait en Mongolie au Crétacé, il y a environ 72 millions d’années. Il appartient à la famille des droméosaures, dont il partage la lignée avec le vélociraptor, le prédateur effrayant des films Jurassic Park.

Cette nouvelle espèce en a la queue, mais dans une version plus courte, et les pattes arrières. Il en a aussi hérité la fameuse « griffe tueuse » de la patte arrière qui permet à tous les droméosaures d’égorger leurs proies.

Halszkaraptor escuilliei

« Halszka » possédait des caractéristiques du vélociraptor, du cygne et du pingouin (Source : Lukas Panzarin/AP/SIPA).

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Réchauffement climatique : les prévisions du GIEC étaient trop optimistes

D’ici 2100, la Terre pourrait se réchauffer de 15 % de plus que la pire des prédictions du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ces dernières étaient donc trop optimistes. Pour espérer rester sous les 2 °C, il faudra réduire encore plus les émissions de gaz à effet de serre par rapport à ce qui était prévu.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’organe scientifique de référence sur le réchauffement, a publié en 2014 un éventail de scénarios prédisant le réchauffement climatique à la fin du XXIe siècle en fonction du volume des émissions de gaz à effet de serre.

Patrick Brown et Ken Caldeira, climatologues à l’Institut Carnegie de l’université de Stanford, en Californie (États-Unis), estiment, dans une étude publiée dans la revue Nature, que « le réchauffement climatique sera probablement plus important » que les pires modèles du GIEC. Pointant du doigt le degré d’incertitude des scénarios climatiques, ils notent que les modèles les plus pessimistes, qui supposent une augmentation des émissions de gaz à effet de serre tout au long du siècle, prévoient une augmentation des températures entre 3,2 et 5,9 °C d’ici 2100 par rapport à la période préindustrielle.

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Alerte : le tigre de Sumatra est en danger d’extinction !

La déforestation liée aux plantations de palmiers à huile risque de provoquer la disparition du tigre de Sumatra : en 20 ans, l’île a ainsi perdu 40 % de sa forêt primaire, poussant les tigres à se retrancher dans des poches isolées.

La déforestation liée aux plantations de palmiers à huile risque de provoquer la disparition du tigre de Sumatra, déjà en danger, ont mis en garde des chercheurs. Le grand carnivore a disparu des îles indonésiennes voisines de Java et de Bali, et ses chances de survie à Sumatra dépendent du maintien de son habitat, selon une étude publiée dans la revue Nature Communications.

Cet habitat s’est réduit de 17 % entre 2000 et 2012 et sa population a chuté d’un nombre estimé de 742 adultes à 618 sur la même période, selon les chercheurs. Entre 1990 et 2010, Sumatra a vu disparaître 40 % de sa forêt primaire, au profit, notamment, de la production d’huile de palme. Et les tigres se retrouvent ainsi acculés dans des poches isolées de la forêt.

« La dégradation de vastes étendues sauvages poussent les tigres un peu plus près de l’extinction, a commenté l’auteur principal de l’étude Matthew Luskin, doctorant à l’université de Californie à San Diego. Des sous-populations de tigres sont également considérablement plus fragmentées, augmentant de beaucoup la menace d’extinction en tant qu’espèce dans chaque forêt », a-t-il ajouté.

Tigre Sumatra

Le tigre de Sumatra est menacé d’extinction à cause de la déforestation.

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Comme la Terre, Europe subirait les effets de la tectonique des plaques

Selon une étude américaine, la croûte glacée d’Europe, lune de Jupiter, connaîtrait une tectonique des plaques, tout comme la Terre. De quoi disséminer des sels minéraux essentiels à la vie sous sa surface.

Comment expliquer les longues balafres sombres qui sillonnent la surface glacée d’Europe (-148°C en moyenne pour sa température de surface), deuxième satellite naturel de Jupiter par sa taille ? Elles évoquent en tout cas les dorsales océaniques et zones de subduction terrestre. De nombreuses explications ont été formulées : cryovolcanisme (ou éruption de glaces plus chaudes qu’en surface), jaillissement de geysers à l’état liquide…

Mais l’hypothèse de la tectonique des plaques tient-elle la route sur le plan géophysique ? Oui, selon des chercheurs de l’université de Brown (États-Unis). Dans une étude scientifique publiée dans Geophysical Research: Planets, ces derniers ont modélisé l’évolution dans le temps des plaques gelées d’Europe à partir de paramètres de surface comme sa température, sa teneur en sels ou sa porosité. De quoi rapprocher encore un peu plus de la Terre la lune de Jupiter… et peut-être relancer la quête de traces de vie sous la glace.

Bilan des nombreuses simulations réalisées par les scientifiques à partir d’observations satellitaires permettant de fixer la valeur des paramètres : certaines régions de la croûte glacée d’Europe semblent bel et bien en mouvement de divergence, de façon analogue aux dorsales océaniques sur Terre. « Nous avons une preuve qu’il y a divergence, maintenant il nous faut déterminer où est-ce que toute cette matière finit, observe Brandon Johnson, assistant-professeur à l’université de Brown et auteur principal de l’étude. Sur Terre, le pendant à ces zones de création de plaque, ce sont les zones de subduction » (c’est à dire là où la plaque océanique glisse sous autre plaque).

Europe Galileo

La NASA dévoile un cliché retouché d’Europe, une des lunes de Jupiter (Source : NASA/JPL-Caltech/SETI Institute).

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Le petit panda Yuan Meng, né au zoo de Beauval, devient un emblème

Le petit panda né au zoo de Beauval cet été vient d’être baptisé en grande pompe, preuve du symbole fort que représente cet ours en grand danger d’extinction. Ce mignon nounours, Yuan Meng de son nouveau nom, né par insémination artificielle, nous rappelle la fragilité de cette espèce surprenante et se fait l’avocat d’insectes et de grenouilles, moins photogéniques. Écoutons-le.

L’abominable suspens est clos. Le petit panda né au zoo de Beauval, dans le Loir-et-Cher, le 4 août 2017 de Huan Huan (la Joyeuse) et de Yuan Zi (quelque chose comme Fils de rond) par insémination artificielle, en même temps que son frère jumeau, mort le soir même, a enfin un nom chez les humains : Yuan Meng, « un souhait qui se réalise ». Comme on ne badine pas avec la « diplomatie du panda », utilisée par la Chine depuis, paraît-il, quatre mille ans, c’est la femme du Président de la République française qui est venue en personne, accompagnée du vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhan Yesui, baptiser le petit mâle de 7,9 kg (pour 143 g à la naissance).

L’importance politique du symbole que représente le panda géant, considéré comme un patrimoine national en Chine, souligne la rareté de cet ursidé très particulier. Son espèce, Ailuropoda melanoleuca, est cantonnée à une région du centre de la Chine et inféodée aux forêts de bambou, son alimentation quasiment exclusive.

Ce membre de l’ordre des Carnivores est en effet un herbivore forcené qui se nourrit de ce végétal, pourtant difficile à couper et à digérer. L’évolution l’a doté d’un pouce supplémentaire, qui a fait couler beaucoup d’encre chez les zoologistes et le panda géant s’est habitué à passer des heures à mâchouiller consciencieusement des tiges pour en recracher l’écorce.

Yuan Meng

Yuan Meng (Source : SIPA)

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