Plus de 400 requins retrouvés piégés par un filet sur une plage bretonne

A Pleubian, plus de 400 requins et d’autres animaux marins ont été découverts morts sur la grève, piégés par un filet de pêche.

C’est une bien macabre découverte qu’ont fait les habitants de la commune de Pleubian (Côtes-d’Armor) le 14 juin 2018. Sur le sillon de Talbert, au moins 456 émissoles tachetées (Mustelus asterias) – des requins – 3 requins hâ (Galeorhinus galeus), 3 raies pastenagues (Dasyatis pastinaca) et 1 petite roussette (Scyliorhinus canicula) ont été découverts échoués sur la grève. Les malheureux ont été piégés par un filet de pêche.

« Si les populations d’émissoles semblent prospérer en Manche, leur croissance lente et leur maturité sexuelle tardive les rendent sensibles à la pression croissante exercée par la pêche », a expliqué sur Facebook l’association Association Pour l’Etude et la Conservation des Sélaciens (Apecs). Elle pense qu’il sera difficile de retrouver le propriétaire du filet, celui-ci n’ayant aucune marque distinctive.

Requins filet Bretagne

456 émissoles tachetées ont été trouvées sur la grève à Pleubian (Source : Association Apecs).

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Une exoplanète dénichée dans un jeune disque protoplanétaire : une grande première

Pour la première fois, des astronomes, utilisant Alma, ont repéré une planète en formation, encore enfouie dans son disque protoplanétaire. Cette découverte majeure vient d’une équipe française qui a pour l’occasion testé avec succès une nouvelle méthode de détection planétaire. Les explications de François Ménard, directeur de recherche au CNRS, également astronome à l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble.

Malgré la découverte de milliers d’exoplanètes, les mécanismes de formation des planètes (telluriques et géantes gazeuses) sont encore mal connus. On sait qu’elles se forment à l’intérieur de grands anneaux de poussières et de gaz, appelés disques protoplanétaires, mais les processus physiques qui transforment des grains micrométriques en planètes sont incomplètement compris.

Deux équipes de chercheurs viennent d’annoncer la découverte de trois protoplanètes, autour de la jeune étoile HD 163296, qui sont encore au sein d’un disque, ce qui n’avait jamais été vu auparavant. Cette étoile se situe à environ 330 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Sagittaire. Deux fois plus massive que le Soleil, elle est âgée de seulement quatre millions d’années, soit un millième de l’âge du Soleil.

Une de ces trois protoplanètes, située loin de l’étoile, à 39 milliards de kilomètres (260 UA), a été découverte par l’équipe de Christophe Pinte, de l’université Monash en Australie et de l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble (France), dont fait partie François Ménard, directeur de recherche au CNRS. Cette équipe a trouvé la protoplanète en « identifiant une perturbation bien localisée dans le disque », nous explique François Ménard.

Protoplanète

Localisation de la protoplanète découverte par l’équipe française. Sur cette image figure une partie de l’ensemble des données d’Alma. La déformation du disque de matière, bien visible, indique clairement la présence de l’une des planètes dont l’emplacement est marqué d’un point. (Source : ESO/Alma/MPint et al.)

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Une inhabituelle pollution estivale prend New Delhi à la gorge

Déjà transformée en chaudron par la chaleur brûlante de juin, la capitale indienne New Delhi toussait jeudi dans un brouillard de poussière inhabituel pour cette saison, aggravant l’air d’une des villes les plus polluées de la planète.

Depuis plusieurs jours, la mégapole d’une vingtaine de millions d’habitants enregistre des niveaux de qualité de l’air exécrables et dangereux pour la santé. Une épaisse brume à l’odeur âcre, rappelant les hivers de pollution extrême, jette un voile sur le ciel et les rues. Un film de sable tapisse les surfaces des appartements.

« Si une telle situation survenait dans le monde occidental, les villes auraient été évacuées mais tout ce que nous pouvons faire c’est prier pour la pluie et que la poussière retombe », s’alarme Arvind Kumar, un chirurgien pulmonaire. Alors que les mois de chaleur sont normalement plus respirables, avec un mercure pouvant monter à plus de 45 degrés Celsius, les concentrations de matières particulaires PM10 atteignaient en début d’après-midi jeudi jusqu’à 1300 microgrammes par mètre cube (μg/m3). Soit plus de 25 fois la limite de 50 μg/m3 sur 24h recommandée par l’OMS.

Pollution New Delhi 14/06/2018

Un train à Ghaziabad, dans la banlieue de New Delhi, le 14 juin 2018 (Source : AFP)

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Mars : Opportunity fait face à une énorme tempête de poussière

Une grande tempête s’est levée sur Mars depuis fin mai. Elle a déjà recouvert un quart de la Planète rouge. Situé près de l’équateur martien, le rover Opportunity est au cœur de la tourmente. L’équipe qui prend soin de lui depuis quinze ans est inquiète sur son sort. Survivra-t-il à la plus grande tempête qu’il ait connue ?

La NASA et les équipes en charge d’Opportunity sont inquiètes depuis plusieurs jours. Fin mai, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter sonnait l’alerte à la vue de la levée d’une tempête de poussière sur Mars. Aussitôt, les opérations scientifiques en cours dans la vallée de la Persévérance, sur le bord ouest du cratère Endeavour, qu’explore le rover depuis plusieurs semaines ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre, dans l’espoir que la tempête s’estompe assez vite.

Mais elle a pris de l’ampleur et s’étendait, le 12 juin, sur un quart de Mars, couvrant ainsi une surface de quelque 35 millions de km2 (ce n’était encore que la moitié quatre jours plus tôt), soit l’équivalent de l’Afrique et l’Europe réunies. Opportunity était alors en plein cœur de la tourmente.

Malheureusement pour le rover, les poussières fines dans l’atmosphère ont considérablement obscurci le ciel et lui cachent la lumière du soleil qui lui est vitale. C’est la nuit en plein jour comme le montrent les simulations de la NASA (voir image ci-dessous). Empêché de recharger ses batteries, l’astromobile doit à tout prix éviter d’attraper froid durant les nuits martiennes. Et le problème est que ses radiateurs de survie sont très énergivores. Point positif de ces tempêtes tout de même, la température nocturne ne descend pas trop bas. Il a fait -29 °C le 10 juin. C’est ce qu’ont indiqué les relevés au petit matin envoyés par le rover. Car oui, le rover communiquait encore avec la Terre, il a bien résisté jusque-là… Mais à l’appel du 12 juin, Opportunity n’a pas répondu.

Simulation ciel Mars juin 2018

Simulation du ciel de ces derniers jours au-dessus d’Opportunity. Le Soleil a progressivement disparu derrière d’épais nuages de poussière. (Source : NASA/JPL-Caltech/TAMU)

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La fonte de l’Antarctique s’accélère et fait monter le niveau des océans

Le rythme de la fonte de l’Antarctique a été multiplié par 3 depuis 1992, révèle une étude parue dans Nature, à laquelle ont participé 80 scientifiques. C’est une nouvelle occasion de tirer la sonnette d’alarme. Sera-t-elle entendue ?

La situation du continent blanc devient critique : l’Antarctique a perdu 3.000 milliards de tonnes de glace depuis 1992, assez pour faire monter le niveau global des océans de presque 8 millimètres, selon une étude internationale publiée dans la revue Nature. Une tendance qui s’est accélérée de façon spectaculaire au cours des cinq dernières années : avant 2012, l’Antarctique ne perdait que 76 milliards de tonnes par an. Depuis cette date, ce chiffre a bondi à 219 milliards de tonnes par an : un rythme presque trois fois plus élevé qu’auparavant !

Cette découverte inquiétante devrait dissiper les doutes sur le fait que l’Antarctique fond rapidement, et représente une menace pour des centaines de millions des personnes vivant dans des zones basses côtières, soulignent les auteurs de l’étude. « Nous avons maintenant une image sans équivoque de ce qui se passe en Antarctique », souligne Eric Rignot, principal auteur de l’étude et chercheur au Jet Propulsion Laboratory de la NASA. « Nous considérons ces résultats comme une sonnette d’alarme supplémentaire pour agir, afin de ralentir le réchauffement de notre planète », insiste le scientifique français, qui étudie les glaciers et les pôles depuis 20 ans.

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Pourquoi le plastique noir pollue la planète et menace notre santé

Utilisé massivement dans l’industrie électronique, le plastique noir contenant des substances toxiques se retrouve mélangé à d’autres plastiques lors du recyclage, utilisé pour des biens de consommation alimentaire ou des jouets.

Le plastique est partout. Chaque jour, nous en produisons 400 millions de tonnes dans le monde. Mais tous les plastiques ne sont pas équivalents. Selon leur usage, on leur ajoute parfois des additifs pour les colorer, les rendre résistants à la chaleur, plus solides ou plus souples, etc. Certains résidus chimiques proviennent même du processus de polymérisation lui-même.

Parmi tous ces plastiques, celui de couleur noire pose un problème majeur, met en avant une étude publiée dans la revue Environment International. Car ce plastique provient principalement de produits électroniques, qui contiennent de nombreux additifs chimiques : antimoine, cadmium, chrome, mercure, plomb, ou retardateurs de flammes. Or, ce plastique est mélangé à tous les autres lors du processus de recyclage et se retrouve donc dans une multitude d’objets, dont certains potentiellement en contact avec la bouche comme les emballages alimentaires, les ustensiles de cuisine ou les jouets.

15 % du plastique arrivant dans les centres de recyclage est du plastique noir, d’après Andrew Turner, qui a mené l’étude. Car outre ses qualités esthétiques, le plastique noir est plus facile à fabriquer à partir de matériaux recyclés, puisqu’on peut mélanger différentes couleurs, contrairement aux bouteilles transparentes par exemple, qui ne peuvent pas être fabriquées à partir de bouteilles rouges, vertes ou opaques.

Après avoir analysé plus de 600 échantillons de plastique de différents objets noirs (pince à cheveux, écouteur, tournevis, capuchon de feutre, mug thermos, clé USB, boîtier de CD, pique à cocktail…), le chercheur a détecté une présence plus ou moins élevée de substances toxiques dans ces objets. La moitié contient du brome, un quart du plomb et de l’antimoine et 7 % de cadmium. Si les concentrations ne posent pas de véritable danger pour les produits électroniques, il n’en n’est pas de même pour ceux prévus pour un contact alimentaire.

Déchets électroniques

Le plastique noir provient souvent de déchets électroniques recyclés contenant des additifs chimiques.

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Le mystère du rayonnement micro-ondes autour de la Voie lactée sur le point d’être percé

Des astronomes sont parvenus à expliquer l’origine des étranges rayonnements irréguliers de micro-ondes observés dans la Voie lactée. Ceux-ci seraient produits par des nanoparticules de diamant hydrogénées en rotation sur elles-mêmes.

Les résultats d’une étude qui vient de paraître dans Nature Astronomy pourraient bien s’avérer cruciaux pour les spécialistes qui étudient l’Univers par ses rayonnements micro-ondes. Elle révèle ainsi que l’anomalie d’émission micro-onde de l’ordre de 10 gigahertz observée depuis des décennies autour de certaines étoiles de notre galaxie résulterait de la présence de nanoparticules de diamant tournant très vite sur elles-mêmes.

« Si l’on en croit la méthode par élimination de Sherlock Holmes, on peut affirmer que la cause la plus probable de ce rayonnement micro-onde est la présence de nanoparticules de diamant autour de ces étoiles nouvellement formées », explique l’astronome Jane Greaves de l’Université de Cardiff, coauteure de l’étude.

Ce constat fait suite à la détection d’une émission micro-onde anormale dans trois disques protoplanétaires sur les quatorze que la chercheuse et son équipe ont observés grâce à deux radiotélescopes : l’Australian Compact Telescope Array (ATCA) et le Green Bank Telescope (GBT). Or, il se trouve que ces trois systèmes sont les seuls connus pour abriter des nanoparticules de diamant hydrogénées. Ces particules sont capables d’émettre des micro-ondes lorsqu’elles sont en rotation sur elles-mêmes. Elles seraient, ainsi, à l’origine du rayonnement observé en provenance de la Voie lactée.

Voie lactée Antilles

La Voie lactée saisie dans toute sa splendeur depuis les Antilles françaises (Source : J. Blanchard ).

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