Extinction massive : il faudra jusqu’à 7 millions d’années pour s’en remettre !

En l’espace de 130.000 ans, l’Homme a rayé de la surface de la planète des branches entières de grands mammifères. Une richesse perdue qui sera extrêmement longue à se régénérer par l’évolution naturelle.

« L’Homme extermine les animaux si rapidement que la nature mettra des millions d’années à s’en remettre », alerte une nouvelle étude parue le 15 octobre dans la revue PNAS. Depuis 130.000 ans, plus de 2,5 millions d’espèces ont été rayées de la surface de la planète, dont 500.000 dans les seules 1.500 dernières années. Une extinction massive qui concerne en premier lieu les mammifères sauvages : 83 % d’entre eux ont déjà disparu, d’après une précédente étude de 2018. Et près d’un quart des espèces sont aujourd’hui menacées, dont 199 sont en danger « critique », d’après la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

La Terre a déjà fait face à plusieurs extinctions de masse. Celle du Permien-Trias, il y a 250 millions d’années, a ainsi éradiqué près de 95 % de la vie marine et 70 % des espèces terrestres. Mais les pertes causées par l’Homme sont, elles, bien trop rapides pour permettre à l’évolution de restaurer la biodiversité perdue, estiment les auteurs de l’étude. Ces derniers ont cherché à évaluer combien de temps serait nécessaire pour revenir au niveau de la biodiversité préalable à l’ère anthropocène concernant les mammifères.

Mammifères à disparaître

Dans les cinquante prochaines années, et selon les hypothèses, de nombreuses espèces de mammifères vont disparaître. Il faudra 3 à 5 millions d’années pour les remplacer.

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Hypérion, le superamas de galaxies qui surprend les astronomes

À la recherche des secrets de la formation des grandes structures galactiques dans le cosmos observable, les astronomes de l’ESO ont fait la découverte d’un proto-superamas de galaxies qu’ils ont baptisé Hypérion. Contenant l’équivalent d’un million de milliards de masses solaires, ce titan cosmique déconcerte car il n’est pas évident de comprendre sa naissance rapide, en seulement 2 milliards d’années environ après le Big Bang.

Au cours des années 1970 et 1980, suite à la découverte du rayonnement fossile et à l’accréditation de la théorie du Big Bang, les cosmologistes se sont mis à développer deux grandes classes de modèles pour expliquer la formation des galaxies et des grandes structures les rassemblant en amas, et même superamas de galaxies, que l’on commençait à discerner de plus en plus clairement.

L’école russe privilégiait un modèle dans lequel de grandes structures s’effondraient les premières, gravitationnellement, dans la distribution de matière laissée par le Big Bang de sorte que les proto-superamas de galaxies naissaient les premiers, se fragmentant ensuite en ce qui allait devenir des amas de galaxies et finalement des galaxies. Il fallait pour cela supposer que le contenu initial en masse du cosmos observable soit dominé par des particules légères et très rapides, donc formant un gaz chaud, en l’occurrence des neutrinos, comme le pensait alors le cosmologiste Yakov Zel’dovich.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’école états-unienne, sous l’influence de James Peebles, pensait exactement l’inverse. Les galaxies devaient apparaître les premières et ensuite se rassembler, toujours sous l’influence de la gravitation, en grandes structures. Mais il devint de plus en plus clair que pour cela, il fallait supposer l’existence de particules au contraire très massives et lentes donc formant un gaz froid, c’est-à-dire de la matière noire froide, comme l’on dit aujourd’hui.

Simulation formation grandes structures Univers

Sur cette image provenant d’une des meilleures simulations de la formation des grandes structures de l’Univers, des filaments de matière noire contenant des superamas de galaxies apparaissent clairement. On note aussi la présence de grands vides que l’on appelle parfois des vides cosmiques (Source : Max Planck Institute for Astrophysics/Millennium Simulation Project).

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Une molécule issue du corail pour soigner un cancer rare du cerveau

Coral Biome développe un médicament anti-cancer à partir d’une toxine issue du corail. Un premier candidat-médicament sera testé en 2020 contre le glioblastome.

Fondée en 2011, Coral Biome a développé une expertise dans la culture des coraux et accueille actuellement dans sa « ferme », au pied des calanques marseillaises, une centaine d’espèces de coraux dont des gorgones, mais aussi quelques anémones et petites éponges. Certains sont élevés pour leurs couleurs ou leurs formes et revendus à des collectionneurs ou à des aquaculteurs pour l’ornementation, afin que cette offre – issue d’une culture écoresponsable – puisse se substituer aux prélèvements sur les récifs coralliens encore beaucoup trop agressifs et fréquents sur ce marché.

Mais le cœur de métier de Coral Biome, et la vision de son fondateur et PDG, Frédéric Gault, est l’identification et le développement de molécules à visée thérapeutique issues de ces coraux. Une activité presque neuve : cela fait une trentaine d’années que ces drôles d’animaux font l’objet de recherches sur leur chimiodiversité et peut-être moins de dix ans que le potentiel thérapeutique des molécules actives qu’ils sécrètent suscitent un intérêt au sein de l’industrie pharmaceutique.

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Les premiers animaux étaient peut-être des éponges

Reconstituer l’origine des animaux, et en particulier sous formes multicellulaires, est l’une des clés permettant de déterminer notre origine. Des stéroïdes trouvés dans des roches sédimentaires juste avant le début du Cambrien laissent penser que les premiers métazoaires étaient les éponges, il y a plus de 630 millions d’années.

L’ADN est très fragile de sorte que nous n’avons aucun espoir de pouvoir ressusciter les dinosaures selon un scénario à la Jurassik Park. Toutefois, certaines molécules, comme le collagène, peuvent traverser des dizaines de millions d’années et même, des centaines de millions d’années, nous donnant un aperçu ténu de la biologie des espèces disparues. Cela permet parfois d’avoir des débuts de réponse concernant la structure et l’histoire de la mise en place de l’arbre de la Vie alors que les fossiles retrouvés restent muets directement sur certaines questions.

On aimerait bien mieux comprendre ce qui s’est passé juste avant et pendant l’explosion cambrienne qui a vu brutalement (en tout cas du point de vue des archives géologiques que nous a laissées la Terre) un surgissement d’organismes non seulement multicellulaires mais surtout très diversifiés comme en attestent les fameux schistes de Burgess, au Canada. Ainsi, on aimerait bien déterminer un peu mieux notre arbre généalogique, dont les racines plongent au plus profond de l’histoire de la biosphère, il y a des milliards d’années, au début de l’archéen, probablement.

Or, il y a quelque temps déjà, une équipe de chercheurs avait fait une trouvaille dans des roches provenant du sultanat d’Oman datées du Cambrien. Ces roches contenaient une surprenante quantité d’un cousin du cholestérol baptisé 24-isopropyl cholestane, ou 24-ipc. Comme il était su que des éponges modernes produisaient d’importantes quantités du même lipide, les chercheurs en avaient conclu que ces roches contenaient les traces biochimiques laissées par des éponges vivant à cette époque. Mais une certaine ambiguïté existait car des algues pouvaient aussi avoir produit ce fossile moléculaire. Les chercheurs pensaient l’avoir levé mais avec le recul, il n’en était rien. Or, étant donné l’âge des roches, l’on pouvait en conclure que les premiers multicellulaires animaux devaient avoir été des éponges ; cela peut paraître surprenant mais les éponges, comme les coraux, sont bel et bien des formes de vies animales.

Eponges

Les espèces d’éponges sont nombreuses et de formes et couleurs diverses (jaune, rouge, violet et gris) comme le montre cette image. Il s’agit d’animaux et pas de plantes comme on pourrait naïvement le croire. (Source : NOAA)

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2015 TB145, « l’astéroïde d’Halloween » va de nouveau rendre visite à la Terre

Découvert en 2015, l’astéroïde 2015 TB145 « frôlera » de nouveau la Terre cette année aux alentours du 11 novembre. Un rapprochement qui se produira quelques jours seulement après la fête à laquelle ce corps céleste doit son nom : Halloween. Une appellation dont il est affublé en référence – outre à sa date de passage – à sa ressemblance frappante avec… une tête de mort !

La tradition semble s’essouffler, mais certains signes perdurent… Chaque année, fin octobre, citrouilles, toiles d’araignées et autres chapeaux de sorcières fleurissent aux portes et aux fenêtres des maisons, à l’occasion d’Halloween. Mais s’il est un symbole de cette fête païenne auquel n’auraient sans doute pas pensé les Celtes qui en sont à l’origine, c’est bien « 2015 TB145 », un étrange astéroïde qui s’apprête à « frôler » notre ciel.

Comme son nom l’indique, 2015 TB145 a été découvert il y a trois ans, par des astronomes de la NASA, alors qu’il s’apprêtait à rendre visite à la Terre. Et pas à n’importe quel moment de l’année : exactement le jour de la fête d’Halloween. Un hasard pour le moins déconcertant, quand on connaît l’aspect très spécial de l’objet…

Les images radars acquises en 2015 par le radiotélescope qui équipe l’Observatoire Arecibo de Porto Rico ont en effet révélé que celle que les scientifiques considèrent comme une « comète morte », revêt un portrait pour le moins adapté à sa dénomination : « l’astéroïde d’Halloween » est quasiment sphérique et arbore des creux sombres lui donnant des allures de… tête de mort ! Et pas des moindres.

2015 TB145

L’astéroïde à la tête de mort est de retour.

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Un graffiti découvert à Pompéi rectifie la date de l’éruption du Vésuve

Une inscription, récemment découverte dans une maison exhumée dans le nouveau secteur de fouilles de Pompéi, confirme que la destruction de la cité antique n’aurait pas eu lieu en août, mais deux mois plus tard, le 24 octobre 79.

C’est une petite inscription au fusain. Deux lignes griffonnées sur un mur, comme avaient l’habitude de le faire les habitants de Pompéi. Et cette « découverte exceptionnelle », pour reprendre les termes d’Alberto Bonisoli, ministre de la Culture italien, devrait mettre un point final aux discussions sur la date véritable de l’éruption du Vésuve. Les historiens ont en effet longtemps pensé que le volcan napolitain avait détruit les villes romaines de Pompéi, Stabies ou Herculanum le 24 août 79. Or, ce graffiti exhumé dans le nouveau secteur de fouilles de la ville antique (Regio V) permet d’établir que la catastrophe aurait eu lieu deux mois plus tard.

Sans doute gribouillée par un ouvrier en train de rénover une maison, l’inscription mentionne « in[d]ulsit pro masumis esurit[ioni] » que l’on peut traduire par un humoristique « Il s’est baffé ». Mais l’auteur de ces lignes a pris soin de les dater : « « XVI K Nov » soit « XVI (ante) K(alendas) Nov(embres) » qui signifie précisément « le seizième jour avant les calendes de novembre », soit le 17 octobre. Ce qui exclue d’emblée une éruption en été ! En réalité, il y a longtemps que des spéculations sur la réelle date de l’éruption allaient bon train, celle-ci ayant été remise en cause par des archéologues après la découverte de fruits d’automne et de braseros dans les ruines. Aujourd’hui, tous s’accordent à fixer la date de la terrible éruption au 24 octobre 79.

Inscription Pompéi

Une inscription retrouvée sur un mur de Pompéi fait reculer la date de l’éruption du Vésuve (Source : Parc archéologique de Pompéi).

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4 planètes géantes découvertes autour d’une jeune étoile surprennent les astronomes

Quatre planètes géantes qui orbitent autour d’une étoile. Surprenant ? Oui, compte tenu de la jeunesse de cette étoile. Et encore plus, considérant que la planète, dont l’orbite est la plus lointaine, est plus de mille fois plus éloignée de son étoile que celle qui orbite au plus près.

CI Tau n’a décidément pas fini de surprendre les astronomes. Cette étoile était déjà connue comme la première jeune étoile – elle n’affiche pas plus de 2 millions d’années au compteur – autour de laquelle orbite un Jupiter chaud. C’est ainsi que l’on appelle les planètes géantes situées tellement près de leur étoile que leur température dépasse les 700 °C.

Aujourd’hui, des chercheurs de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) annoncent avoir trouvé trois sœurs à ce Jupiter chaud. Des planètes géantes gazeuses trahies par les trous qu’elles laissent dans l’énorme disque protoplanétaire, un disque de poussières et de glace, berceau des planètes, des lunes, etc., qui entoure CI Tau.

CI Tau

Autour de la jeune étoile CI Tau – ici, une illustration du Jupiter chaud –, gravitent quatre planètes géantes gazeuses, sur une gamme d’orbites la plus extrême jamais observée (Source : L. Calcada/NASA/ESA/STScI).

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