Des températures alarmantes en Arctique

Les températures mesurées au pôle Nord ont été parfois supérieures de 20°C à la moyenne durant ce mois de novembre 2016. En conséquence, la banquise est à un niveau historiquement bas pour la saison.

Imaginez que le thermomètre affiche 30°C en moyenne dans l’hexagone en cette fin de mois de novembre 2016. Cette situation que l’on pourrait croire inimaginable a lieu actuellement au pôle Nord. La température à la mi-novembre a atteint un incroyable pic à environ -5°C, alors que la moyenne des températures en cette période est habituellement plutôt aux alentours de -25°C, a constaté l’Institut météorologique danois.

Et sur ces quatre dernières semaines, le thermomètre est resté 9 à 12°C au-dessus de la normale. En conséquence, la surface de banquise est elle aussi à des niveaux historiquement bas pour un mois de novembre. Elle ne recouvre que 8,8 millions de km carrés, soit environ 3 millions de moins que de coutume à cette période.

À la fin de l’été 2016, l’étendue des glaces arctiques était déjà la deuxième plus faible jamais enregistrée (4,14 millions de km2), après celle de 2012 et son taux historiquement bas de 3,38 millions de km 2, selon le Centre de données sur la neige et la glace (NSIDC) américain. En octobre, elle n’était remontée qu’à 6,4 millions de km2, soit un tiers de moins par rapport à la moyenne de 1981-2010 : la plus faible superficie pour cette saison depuis le début des relevés satellitaires en 1979 !

Tempérautre Arctique novembre 2016

Évolution des températures de l’Arctique (exprimées en Kelvins) en 2016 (courbe rouge) au fil des jours, et comparaison avec l’indice climatique ERA40 qui représente la moyenne des températures sur la période 1957 – 2002. (Source : DMI)

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La vitesse de la lumière était-elle beaucoup plus élevée au moment du Big Bang ?

La théorie de l’inflation n’est pas la seule explication possible à la remarquable uniformité de la température du rayonnement fossile, qui est une énigme dans le cadre de la cosmologie standard. Une nouvelle théorie, impliquant une vitesse de la lumière très élevée au moment du Big Bang, vient d’être proposée et elle conduit à une prédiction stricte testable.

Roger Penrose et Stephen Hawking ont montré que, dans le cadre de la relativité générale, et sous réserve de certaines hypothèses très générales sur le contenu de l’univers observable, ce dernier a dû « débuter » par une singularité de l’espace et du temps. Toujours dans le cadre des équations de la physique classique, les physiciens russes Belinsky, Khalatnikov et Lifchitz ont montré qu’au voisinage de cette singularité, l’espace-temps devait être particulièrement chaotique et turbulent.

Faire intervenir la mécanique quantique pour tenter de décrire l’état de l’univers très primordial ne change pas fondamentalement cette image, à l’exception de la disparition probable de la singularité initiale. On peut donc s’attendre à ce que l’univers ait débuté son évolution avec d’importantes fluctuations dans sa température et sa densité (que ces fluctuations portent sur son contenu en matière ou en rayonnement).

Cependant, ce n’est pas ce que l’on observe aujourd’hui. Les mesures faites par les satellites Cobe, WMap et, finalement, Planck nous montrent que le rayonnement fossile est particulièrement homogène et isotrope du point de vue de sa température sur la voûte céleste, ce qui implique qu’il en est de même pour la densité de matière. Or, si l’on tente de comprendre ces observations dans le cadre des modèles classiques de l’expansion de l’univers découverts par Friedmann, Lemaître, Robertson et Walker en cosmologie relativiste, on n’y arrive pas.

Rayonnement fossile

Cette carte montre les fluctuations de température du rayonnement fossile. Elle a été dressée à partir des observations du satellite Planck. La couleur bleue indique les températures les plus élevées et la rouge les plus basses. Les différences sont en fait très faibles, de l’ordre de 10-5 kelvins, et elles sont exagérées sur cette image. (Source : ESA)

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Fort tremblement de terre dans le nord-est du Japon, alerte au tsunami

L’épicentre du séisme, qui a été ressenti jusqu’à Tokyo, était situé au large de Fukushima, à une dizaine de kilomètres de profondeur.

Un fort séisme s’est produit mardi matin 22 novembre dans le nord-est du Japon, au large de Fukushima. La secousse entraîne un risque de tsunami avec des vagues pouvant aller jusqu’à trois mètres de hauteur par endroits, selon l’Agence météorologique nationale.

La secousse de magnitude 7,3 selon l’agence nippone (6,9 selon l’institut géologique américain USGS) s’est produite à 05 h 59 locale à une profondeur de 10 km, avec une prédiction de raz-de-marée allant de quelques dizaines de centimètres à trois mètres, a précisé l’agence.

Un premier petit tsunami a été mesuré en plusieurs endroits, mais il existe un risque de deuxième vague plus élevée, a-t-elle averti. Aucune information sur des dégâts majeurs ou blessés n’avait été rapportée dans l’immédiat, hormis un début d’incendie dans une raffinerie, selon la NHK.

Séisme Japon 21/11/2016 Lire la suite

Thomas Pesquet : ultime conférence avant le grand départ

À la veille de son départ pour l’ISS, le spationaute français a donné, avec le reste de l’équipage du Soyouz, une ultime conférence de presse derrière une vitre blindée.

Mercredi 16 novembre 2016, 18h30, hôtel des Cosmonautes à Baïkonour (Kazakhstan). Officiellement appelé Centre d’entraînement Gagarine, ce grand bâtiment en « L » de pur style soviétique abrite les périodes de quarantaine des cosmonautes depuis des décennies. Sur sa façade, une mosaïque allégorique de deux hommes qui s’élancent vers l’espace, au fond du jardin, celle du visage de Gagarine sous son casque… Les militaires lourdement armés nous ramènent sur terre, fouillant scrupuleusement la foule des journalistes français, russes, américains, tandis qu’un car débarque une horde de fans agitant des drapeaux russes.

En 1961, Iouri Gagarine avait pu, lui, jouir de sa propre maison sur le cosmodrome, juste à côté de celle de Sergueï Korolev, le fondateur du programme spatial soviétique. Portée par ses succès, l’URSS a ensuite multiplié les vols et la quarantaine est devenue une pratique obligée. « Une quarantaine, dans le spatial, cela consiste à isoler des gens en bonne santé pour qu’ils ne soient pas infectés par nous », explique Raffi Kuyumjian, médecin adjoint de Thomas Pesquet. Ils sont ainsi une cinquantaine assignés dans l’hôtel des cosmonautes depuis plus de deux semaines. « Un laps de temps qui suffit aux maladies infectieuses pour se déclarer. Si quelqu’un monte malade sur la station, en milieu confiné, la maladie se propage vite. Ce n’est pas grave si c’est un rhume. Mais une gastro…. »

Après une longue attente dans la fin du jour glaciale, nous voici à l’intérieur de la salle de conférence, pleine de journalistes, de caméras, de parents, de personnels des agences spatiales. Le père, le frère et la compagne de Thomas Pesquet, 38 ans, le dixième astronaute français à aller dans l’espace, sont quasiment au premier rang. Ses amis sont là aussi, notamment un groupe de pilotes de ligne d’Air France qui a fait le voyage pour soutenir leur ancien collègue.

Thomas Pesquet 16/11/2016

Thomas Pesquet et les autres membres de la mission derrière la vitre de quarantaine à la veille de son décollage vers la station spatiale internationale, le 16 novembre 2016 (Source : Sciences & Avenir).

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La culture de la noix de coco est en danger

Difficile d’imaginer les Caraïbes sans noix de coco. Là-bas, les cocotiers sont emblématiques. Pourtant, à l’heure où se développent de nouveaux produits autour de ce fruit plein de bienfaits, sa culture est durement touchée par la maladie de la jaunisse létale des palmiers. Les centaines d’espèces différentes ne pourront peut-être pas toutes être sauvées de la disparition.

Alors que l’appétit pour les noix de coco ne cesse de croître dans le monde — le prix de son huile a augmenté de 50 % en un an, Rihanna et Matthew McConaughey ont investi dans son eau, dont ils vantent les vertus, d’autres s’intéressent à celles de son lait, etc. –, les producteurs, tout particulièrement dans les Caraïbes, rencontrent de plus en plus de difficultés à répondre à la demande qui explose.

En effet, les nombreuses petites fermes doivent faire face, d’une part aux tempêtes et sécheresses qui sévissent régulièrement et, d’autre part, à un mal conquérant et dévastateur : le jaunissement mortel du palmier (ou jaunisse létale des palmiers), propagé par des insectes. Ainsi, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les plantations ont globalement diminué de 17 % dans cette région depuis 1994. Pour certains fermiers, la production s’est même réduite de 60 % durant ce laps de temps et il est souvent bien difficile pour eux de réinvestir, en contrepartie, dans de nouvelles plantations. De plus, cela n’affecte pas que les quantités des noix mais aussi leur qualité.

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Après la fin des dinosaures, la vie est repartie plutôt vite

Après le cataclysme planétaire de la fin du Crétacé, qui a eu raison des dinosaures non-aviens et d’innombrables autres espèces vivantes, les écosystèmes se sont reconstitués plus rapidement que prévu dans l’hémisphère sud. En quatre millions d’années, une riche végétation peuplée d’insectes a de nouveau envahi l’Amérique du sud. C’est ce qu’ont découvert des chercheurs qui se sont intéressés aux mangeurs de feuilles…

En combien de temps la biodiversité s’est-elle reconstituée après la catastrophe qui a exterminé de très nombreuses espèces vivantes, dont les dinosaures, il y a 65,5 millions d’années ? La question est d’importance car elle touche à la résilience de l’écosystème terrestre. Elle est difficile car le registre fossile n’est jamais assez complet pour donner une idée précise de la biosphère année par année. De plus, les invertébrés se conservent mal dans les sédiments. Mais ceux qui mangent des feuilles (lesquelles peuvent se conserver assez bien) y laissent des traces reconnaissables…

L’analyse des restes d’arbres dans le Dakota avait montré, en 2006, que les grands végétaux terrestres étaient revenus rapidement (l’étude était parue dans Science). Mais les coupures dans leurs feuilles causées par des larves d’insectes boulimiques sont restées longtemps absentes. Neuf millions d’années, indiquent les études sur la question.

Feuille -67/-66 Ma

Une feuille fossilisée trouvée en Patagonie, dans l’extrême sud de l’Argentine, qui a visiblement bien nourri une larve d’insecte. Le festin s’est passé entre -67 et -66 millions d’années. (Source : Michael Donovan)

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COP 22 : le zéro déforestation en 2030 sera-t-il atteint ?

La COP 22 a fait le point sur les efforts entrepris depuis un an pour stopper la déforestation. Si des initiatives ont bien été prises, il n’est pas certain que plus un hectare de forêt ne disparaisse en 2030.

L’objectif de zéro déforestation en 2030, l’an dernier à la COP21 de Paris, tout le monde l’a réclamé : ONG bien sûr, mais aussi industriels (de l’huile de palme ou du bois d’œuvre), financiers et Etats. Et puis tout le monde est rentré chez soi. Que s’est-il passé depuis ? Pas mal de choses ont affirmé mardi à Marrakech des représentants d’Etats les mieux lotis en couverts forestiers. « La mise en place d’alliances entre entreprises privées, communautés autochtones et ONG ont permis de sacraliser la protection de 125 millions d’hectares de forêts, ce qui nous met en ligne pour atteindre 350 millions d’hectares en 2030 », a affirmé Stewart Maginnis, directeur du programme forêt à l’UICN

Cette protection permet de stocker 1,6 milliard de tonnes de CO2 par an, soit 30 milliards de tonnes d’émissions évitées entre 2011 et 2030. Par ailleurs, 114 Etats ont inclus des objectifs de protection de leurs forêts dans leurs contributions nationales de réduction de gaz à effet de serre, ce qui équivaut à 160 millions d’hectares protégés supplémentaires.

« Quand nous sommes rentrés au pays après la COP de Paris, nous avons organisé dès février un atelier national pour bien définir les espaces à protéger, explique ainsi Saah David, en charge des questions forestières au Libéria. 42% de la surface du pays devra rester boisée ». Une décision importante pour un pays très pauvre dont la population dépend presque entièrement de la forêt et de l’agriculture. Cette décision impose en effet une limitation des surfaces consacrées à l’huile de palme, une plante industrielle qui fait un retour en force dans sa région d’origine, l’Afrique équatoriale.

Déforestation Bornéo

Une colline de l’île de Bornéo, en Indonésie, dont tous les arbres ont été abattus pour y installer des plantations d’huile de palme (Source : AFP).

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