Covid-19 : un nouvel anticorps issu de sang de patients guéris cible une partie inattendue du virus

Une équipe chinoise a identifié un anticorps au fort pouvoir neutralisant contre le Covid-19 dans le sang de dix patients guéris. Mais surprise, il ne se fixe pas sur la zone habituellement ciblée par les anticorps connus.

Notre corps produit ses propres médicaments : les anticorps. Produits par certaines de nos cellules immunitaires à la suite d’une infection, ils se tiennent prêts à agir vite en cas de nouvelle intrusion du même virus ou bactérie. En analysant le sang de convalescents du Covid-19, des chercheurs chinois ont isolé un anticorps fortement neutralisant. Appelé 4A8, il se lie à une partie inattendue du virus et fait l’objet d’une publication dans Science.

C’est le principe des vaccins. En nous injectant une version inoffensive d’un micro-organisme, notre corps obtient une victoire facile et lance la production de son armée d’anticorps. Ces derniers se fixent de façon hautement spécifique sur des molécules caractéristiques de l’envahisseur, qu’on appelle « épitopes ». Dans le cas du virus SARS-CoV-2 responsable du Covid-19, l’épitope le plus commun chez les anticorps isolés du sang des personnes guérie est la zone précise du virus entrant en contact avec la cellule à infecter. Ce fragment du virus, situé sur la protéine virale S ou Spike, est responsable de l’interaction avec le récepteur ACE2. Présente à la surface de nos cellules, cette protéine ACE2 permet ainsi l’infection.

Covid-19 anticorps

Illustration d’anticorps (en forme de Y) ciblant le virus SARS-CoV-2 du Covid-19 (Source : Science Photo Library/AFP).

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Les déchets électroniques ont augmenté de 21 % en 5 ans

Vieux téléphones, ordinateurs, piles, machines à laver… Chaque humain a produit 7,3 kilos de déchets électroniques en 2019, selon un rapport des Nations unies. Des déchets mal collectés et peu recyclés qui viennent le plus souvent polluer l’environnement. À qui la faute ? Peut-on freiner la tendance ?

L’humanité a produit 53,6 millions de tonnes de déchets électroniques en 2019, l’équivalent de 237 paquebots de croisière, tels que l’Harmony of the Sea, remplis à ras bord. C’est le constat accablant dressé par le dernier rapport de l’Union internationale des télécommunications, l’Université des Nations unies, Unitar et l’International Solid Waste Association. La montagne de vieux téléphones, appareils usagés et autres batteries a grossi de 21 % en cinq ans et pourrait atteindre 74 millions de tonnes en 2030, s’alarme l’organisation. L’Europe arrive en tête du classement, avec 16,2 kg de déchets par an et par habitant, suivie de l’Océanie (16,1 kilos) et de l’Amérique (13,3 kilos).

Si la masse de DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) augmente de façon aussi vertigineuse, c’est pour trois raisons principales : une forte consommation de biens électroniques, un renouvellement de plus en plus rapide et un faible taux de réparation. Selon l’Ademe, le nombre de smartphones vendus chaque année dans le monde a ainsi été multiplié par 12 depuis 10 ans. En France, un foyer possède en moyenne 99 appareils ! Et seuls 38 % les font réparer lorsqu’ils tombent en panne, selon une étude Ifop réalisée pour le ministère de la Transition écologique et solidaire.

Déchets électroniques

Chaque habitant de la Planète produit 7,3 kilos de déchets électriques et électroniques par an.

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Il y aurait bien plus de métal que prévu sur la Lune !

C’est une découverte inattendue pour les scientifiques de la NASA : le vaisseau Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) a relayé de nouveaux éléments laissant penser que notre satellite naturel serait particulièrement riche en métaux, en fer et en titane notamment. Et ces gisements s’avèrent bien plus importants que les premières estimations des experts. La découverte pourrait en outre nous permettre d’en apprendre plus sur la formation de la Lune.

Depuis le début de la mission LRO, lancée en juin 2009, les instruments scientifiques à bord du vaisseau ont permis de recueillir des informations essentielles sur le sol lunaire et les conditions climatiques à sa surface. Le radar Mini-RF, en particulier, a été embarqué à titre expérimental, pour vérifier ses capacités de détection de la glace dans les zones situées à l’ombre ; il a également été conçu pour relever des informations sur la rugosité du sol. À partir de ces données, Wes Patterson, chercheur principal de l’équipe en charge du Mini-RF au Johns Hopkins Applied Physics Laboratory (APL), et ses collaborateurs, ont fait une découverte de taille : dans ses profondeurs, le sous-sol lunaire serait très riche en métaux.

Des preuves substantielles indiquent que la Lune est le fruit d’une collision entre une protoplanète de la taille de Mars et la Terre, alors qu’elle était elle-même toute jeune. Elle résulterait ainsi de l’effondrement gravitationnel du nuage de débris dégagé par le choc. Cette hypothèse implique que la composition chimique de la Lune ressemble étroitement à celle de la Terre. Pourtant, ce n’est pas vraiment le cas, du moins, pas sur l’ensemble de la Lune…

En étudiant en détail la composition du sol lunaire, les scientifiques ont en effet constaté que selon les zones, la composition chimique était plus ou moins similaire à celle de la croûte terrestre. Dans les hauts plateaux lunaires (les grandes plaines lumineuses que l’on voit depuis la Terre), les roches sont beaucoup moins riches en métaux que ce que l’on pourrait observer sur Terre. Ceci pourrait s’expliquer du fait que la Terre, avant l’impact, se soit déjà complètement formée, son noyau métallique étant alors entouré d’un manteau et de la croûte ; la Lune aurait ainsi « récupéré » peu de métaux…

Face visible de la Lune

Face visible de la Lune

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Les vagues de chaleur font suffoquer la Terre depuis les années 50

Avec le réchauffement climatique, les chercheurs s’attendent à ce que les vagues de chaleur soient de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses dans les années à venir. Et une étude révèle aujourd’hui que depuis les années 1950 déjà, les vagues de chaleur intenses se sont faites plus nombreuses.

Depuis les années 1950 et dans presque toutes les régions du monde, les vagues de chaleur ont été plus longues et plus fréquentes qu’auparavant. C’est la conclusion de travaux menés par des chercheurs de l’ARC Centre of excellence for climate extremes (Australie). La tendance s’est même nettement accélérée au fil du temps.

Ainsi, entre 1950 et 2017, la Méditerranée a connu une augmentation de la durée de ses vagues de chaleur de 2 jours par décennie. Prise entre 1980 et 2017, cette augmentation atteint les 6,4 jours par décennie. Cette région fait, selon les chercheurs, partie de celles qui connaissent, en la matière, les changements les plus rapides. Contrairement à l’Australie du sud ou à l’Asie du nord, par exemple.

Vagues de chaleur plus fréquentes

Selon des chercheurs de l’ARC Centre of excellence for climate extremes (Australie), depuis 1950, le monde a connu deux journées de vague de chaleur supplémentaires par décennie.

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EPO : un nouveau traitement potentiel contre l’infection à coronavirus SARS-CoV-2 ?

L’érythropoïétine (EPO), une hormone naturelle, est un facteur de croissance entraînant l’augmentation du nombre de globules rouges. En pharmacologie, elle est donc couramment utilisée pour traiter l’anémie. Cependant, des médecins ont récemment remarqué une potentielle efficacité de l’EPO contre l’infection à coronavirus SARS-CoV-2. Bien que des tests et essais cliniques soient nécessaires pour statuer sur cette efficacité, l’amélioration de l’apport en oxygène par l’EPO et sont effet protecteur sur de nombreux tissus pourraient contribuer à diminuer les symptômes de l’infection.

Selon des chercheurs de l’Institut Max Planck de médecine expérimentale de Göttingen, l’agent dopant EPO pourrait également être efficace contre le Covid-19. Le facteur de croissance pourrait atténuer la progression grave de la maladie et protéger les patients contre les effets neurologiques à long terme lorsque le virus SRAS-CoV-2 attaque le cerveau. Les premières études de cas indiquent un effet positif de l’EPO.

Les chercheurs envisagent actuellement un essai clinique randomisé pour étudier systématiquement les effets du traitement chez les patients infectés. Fin mars, un patient présentant des symptômes sévères de Covid-19 a été admis dans un hôpital iranien. Parce que le patient avait également de mauvaises valeurs sanguines, les médecins ont prescrit le facteur de croissance hématopoïétique. Sept jours après le début du traitement, le patient a pu quitter l’hôpital.

Une autre indication du rôle protecteur de l’EPO dans le cas de Covid-19 vient d’Amérique du Sud, où les maladies graves sont plus rares dans les régions plus hautes que dans les basses terres. Cela peut être dû au fait que les personnes vivant à des altitudes plus élevées forment plus d’EPO et sont mieux adaptées à la carence en oxygène car elles ont plus de globules rouges.

Morphologie Covid-19

Image obtenue le 3 février 2020 auprès des CDC et montrant la morphologie du nouveau coronavirus COVID-19 (Source : Centers for Disease Control and Prevention/AFP).

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Un étrange « drapeau rouge » irradie depuis le centre de la Voie lactée

Cette étrange « drapeau rouge », une lueur qui irradie depuis le centre de la Voie lactée, ce n’est pas un phare dans la nuit. Mais, selon les astronomes, une quantité d’hydrogène gazeux ionisé localisée dans le disque incliné de notre Galaxie. Reste désormais à découvrir quelle est la source d’énergie qui entretient cette structure.

Au centre de notre Voie lactée se trouve un disque d’environ 8.000 années-lumière de diamètre. Il est incliné d’une vingtaine de degrés par rapport au plan galactique. Et c’est en provenance de ce disque que des astronomes de l’université aéronautique Embry-Riddle (États-Unis) viennent de détecter un étrange « drapeau rouge ». Une lueur émise par de l’hydrogène gazeux ionisé qui semble se déplacer en direction de notre Terre.

Habituellement, les chercheurs qui étudient le disque incliné au centre de notre Galaxie travaillent sur des données infrarouges ou radio. Pour mieux voir à travers les poussières. Mais cette fois, les astronomes ont profité d’un trou dans ces poussières pour observer la structure dans le domaine optique (la lumière visible, dans le rouge) grâce à la sensibilité unique du télescope Wisconsin H-Alpha Mapper (WHAM – Chili).

Lueur rouge galaxie

L’étrange « drapeau rouge » observé par les astronomes l’a été dans la partie jaune de la Voie lactée sur cette photo. Elle est émise par de l’hydrogène gazeux ionisé (Source : Axel Mellinger).

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L’invasion de criquets en Afrique de l’Est serait une conséquence directe des activités humaines

Alors que l’Afrique de l’Est lutte actuellement contre la pandémie à coronavirus SARS-CoV-2 qui touche durement ses populations, cette partie du monde doit également mener parallèlement une bataille sur un autre front : les criquets. En effet, depuis l’année dernière, des essaims de milliers de milliards de criquets apparaissent, et aujourd’hui, ils ravagent les récoltes sur lesquelles les habitants reposent pour survivre. Selon plusieurs entomologistes, cette recrudescence de criquets est l’une des conséquences directes des activités humaines.

Après l’une des années les plus humides jamais enregistrées, ces insectes voraces rassemblent leurs forces depuis 2019, car les conditions météorologiques leur ont été favorables de manière toujours plus importante. Se déplaçant par essaims de milliards d’individus, ils détruisent de précieux pâturages et cultures dans ce qui est considéré comme la pire peste acridienne régionale depuis des décennies, du Kenya à l’Éthiopie et au Yémen, atteignant des parties du nord de l’Inde.

Alors que beaucoup s’inquiètent à juste titre de la famine et des retombées économiques de ces essaims, l’entomologiste Dino Martins les considère comme un avertissement de la nature. Martins travaille au Centre de recherche de Mpala dans le nord du Kenya, et indique que cela ne fait aucun doute : la dégradation de l’environnement local, le surpâturage, la déforestation et l’expansion des déserts créent des conditions idéales pour que de plus en plus de criquets se reproduisent.

Les premiers grands essaims sont apparus à la fin de l’année dernière, après un temps exceptionnellement chaud et humide, et ils se chiffraient par centaines de milliards. En avril, la prochaine génération a pris son envol, cette fois dans les milliers de milliards. La troisième génération, encore plus nombreuse, devrait décoller en juillet.

Criquet Afrique 17/02/2020

Un criquet faisant partie d’un des essaims qui dévastent des régions entières en Afrique de l’Est, le 17 février 2020 à Otuke, en Ouganda (Source : AFP).

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Des chercheurs modélisent un pentadiamant, plus solide que le diamant

Un nouveau “pentadiamant”, plus solide que le diamant ? C’est en tout cas ce qu’une équipe de chercheurs japonais promet, après avoir réussi à modéliser un nouveau matériau de carbone. Celui-ci serait théoriquement plus solide que le diamant et à peine plus dense que le graphite d’un crayon de papier.

Lorsqu’il est solide, le carbone est un élément qui peut prendre bien des apparences. Du graphite de la mine d’un crayon au matériau le plus solide connu, le diamant, les conditions de formation sont différentes mais l’unique élément qui les compose est le même. On appelle ces matériaux des variétés allotropiques du carbone. Dans le cas du diamant, les atomes de carbone forment des liaisons avec un nombre maximum d’autres atomes : quatre. C’est l’hybridation du carbone (notée ici sp3). De plus, le diamant, formé dans des conditions de pression et de température extrêmes, possède une structure tridimensionnelle. C’est cette structure et cette hybridation qui lui confèrent sa solidité inégalée.

Des chercheurs de l’Université de Tsukuba au Japon ont souhaité explorer la possibilité d’intégrer des atomes de carbone d’hybridations différentes à une structure déjà existante telle que celle d’un diamant, la rendant plus complexe. Dans leur étude, publiée dans le journal Physical Review Letters, l’équipe du professeur Yasumaru Fujii a utilisé des modélisations informatiques pour proposer un réarrangement des atomes de carbone en un tout nouveau matériau, qu’ils ont baptisé le “pentadiamant”.

Pentadiamant

Structure des atomes de carbones formant le pentadiamant. Ce dernier porte ce nom du fait de la forme pentagonale que prennent les carbones (Source : University of Tsukuba).

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Finalement, c’est la collision d’un astéroïde avec la Terre qui aurait mis fin au règne des dinosaures

On pense généralement que la disparition des dinosaures et d’autres espèces, il y a 66 millions d’années, est le produit combiné d’un changement climatique produit par la chute d’un astéroïde au Yucatan et des éruptions volcaniques colossales en Inde. Une nouvelle étude soutient la thèse que seul l’astéroïde est responsable et que, au contraire, les volcans ont favorisé la résilience de la biosphère durement impactée.

Cela fait presque 40 ans que Walter Alvarez, alors un jeune géologue fraîchement émoulu de l’université de Berkeley, a amorcé une révolution dans les sciences de la Terre en arpentant vers le milieu des années 1970 la région de Gubbio, une ville italienne. Il fait alors la découverte d’une étrange strate argileuse sombre marquant la disparition subite du plancton marin, pourvoyeur en carbonates, précisément à la fin du Crétacé et au début de l’ère tertiaire. Or, c’est à cette époque charnière que disparaissent aussi les grands reptiles marins, les dinosaures, les ammonites et les bélemnites.

Avec l’aide de son père, le prix Nobel de physique, Luis Alvarez, et surtout des chimistes Frank Asaro et Helen Michel, tous de l’université de Berkeley, il entreprit de faire parler la couche en la datant et en l’analysant précisément.

Les chercheurs découvrirent, à leur grande stupéfaction, que cette strate contenait une quantité anormalement élevée d’un élément rare à la surface de la Terre, l’iridium. Ce métal est en revanche assez abondant dans les comètes et les astéroïdes ; c’est pourquoi Walter Alvarez n’hésita pas à proposer que la crise biologique survenue il y a 66 millions d’années, la fameuse crise du Crétacé-Tertiaire (ou K-T, de l’allemand Kreide-Tertiär), était due à la chute d’un petit corps céleste sur la Planète.

Astéroïde Terre & disparition dinosaures

Une vue d’artiste de l’époque des dinosaures.

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Le changement climatique rendra les océans trop chauds pour 60% des espèces de poissons, qui pourraient bien ne pas y survivre

Après avoir étudié 700 espèces de poissons, des chercheurs ont mis en lumière le fait que les poissons — en particulier les embryons ainsi que les adultes reproducteurs — sont bien plus exposés aux changements climatiques que ce que l’on pensait auparavant : en effet, le réchauffement climatique rendra les océans trop chauds pour environ 60% des espèces de poissons connues d’ici 2100.

En ce qui concerne le réchauffement climatique de la planète, si nous imaginons un scénario incluant une augmentation de 5 °C au-dessus de la température préindustrielle, jusqu’à 60% des espèces de poissons à travers le monde seraient incapables de faire face aux nouvelles températures de leur zone de répartition géographique d’ici 2100. Par ailleurs, même si l’humanité arrive à atteindre l’objectif de l’accord de Paris (maintenir le réchauffement climatique à 1,5 °C « seulement », soit dans le meilleur des cas), cela serait toujours beaucoup trop chaud pour 10% des poissons du monde entier.

De plus, même une perte de 10% des espèces pourrait être très dommageable, car une seule espèce peut être critique pour l’écosystème global. « Considérez la mer du Nord, nous pensons que d’ici la fin du siècle la température sera trop élevée pour que la morue de l’Atlantique puisse se reproduire dans cette région. Si cette espèce est expulsée du système, cela aura un impact important sur l’écosystème lui-même et tous les processus et interactions avec les espèces, car c’est un prédateur important », a expliqué Flemming Dahlke, l’un des auteurs de l’étude parue dans Science.

Petits poissons & réchauffement climatique

Les poissons sont bien plus vulnérables au réchauffement des océans que ce que l’on pensait auparavant, en particulier les embryons (Source : Allnaturalpetcare).

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