Domestication du chat : comment le matou a conquis le monde

Comment nos amis les chats nous ont-ils adoptés ? Une équipe de paléogénéticiens, qui a étudié le génome de 230 félidés sur une période de 10.000 ans, a retrouvé la trace des chemins empruntés par l’animal.

Le chat domestique, alias Felis silvestris catus, descend du chat sauvage du Moyen-Orient (Felis silvestris lybica), et non du chat sauvage européen (Felis silvestris silvestris), comme cela fut un temps supposé ; de récentes études du génome l’ont montré.

Ses ancêtres viennent donc essentiellement des régions du Croissant fertile, où il vivait et où l’agriculture est née il y a environ 10.000 ans. Cependant, outre cette confirmation, une question restait en suspens pour les scientifiques : comment ces petits fauves ont-ils réussi à conquérir le monde entier ? Ils sont aujourd’hui quelque 13 millions en France, soit presque deux fois plus que les chiens !

La présence du chat aux côtés de l’Homme s’explique par des raisons « d’intérêts convergents, expliquent dans le journal du CNRS Eva-Maria Geigl et Thierry Grange, deux paléogénéticiens de l’Institut Jacques-Monod. Il a été attiré dans les villages par l’afflux de rongeurs que les stocks de grains d’orge et de blé ne manquaient pas de provoquer ». À cela, s’ajoute aussi le fait qu’il chassait des animaux venimeux comme les vipères.

Chat domestique

Coment la domestication du chat a-t-elle eu lieu ?

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La population mondiale atteindra 9,8 milliards d’humains en 2050

En 2050 nous serons 9,8 milliards d’humains sur Terre. C’est ce qu’estime le nouveau rapport de l’ONU, qui s’appuie sur une baisse de la fécondité et une augmentation de l’espérance de vie.

Plus nombreux et plus vieux : les prédictions de l’Organisation mondiale des Nations Unies (ONU) pour la population du monde laissent envisager un papy-boom installé dans la durée. A en croire son rapport rendu public mercredi 21 juin 2017, les humains seront 9,8 milliards en 2050, un chiffre qui pourrait culminer autour de 11,2 milliards en 2100.

Mais tous les pays ne contribuent pas à parts égales. Ce n’est pas la Chine, aujourd’hui numéro un en nombre d’habitants, qui contribuera le plus à cette explosion démographique. « Dans environ sept ans, vers 2024, on s’attend à ce que la population de l’Inde dépasse celle de la Chine. » Les Nations Unies prédisent aussi que « la moitié de cette croissance de la population mondiale sera concentrée dans seulement 9 pays ». Parmi eux, on trouve plusieurs pays d’Afrique et d’Asie, mais aussi les Etats-Unis.

Si on croise ces estimations avec les chiffres du Population Reference Bureau, on réalise que la population mondiale se sera multipliée par 6 entre le début du XXème siècle et l’année 2050. Pour se faire une idée de cette explosion démographique, il est intéressant de jeter un œil aux anciennes prédictions.

Population mondiale de 1990 à 2100

La population mondiale devrait passer de 7,6 milliards aujourd’hui à 9,8 milliards en 2050 (Source : ONU).

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Un ingrédient de la vie découvert autour de jeunes étoiles

Depuis des décennies, des molécules prébiotiques pouvant servir directement comme briques de la vie ont plusieurs fois été découvertes dans l’espace grâce à la radioastronomie. Pour la première fois, Alma vient de débusquer de l’isocyanate de méthyle autour de protoétoiles de type solaire.

Le satellite infrarouge Iras (Infrared Astronomical Satellite) a été lancé le 25 janvier 1983. Durant 10 mois, il a fonctionné sur une orbite héliosynchrone avec pour objectif de réaliser une carte complète du ciel dans les bandes infrarouges à 12, 25, 60 et 100 µm. Il a ainsi pu découvrir environ 500.000 sources, de même que l’étoile Véga est entourée d’un disque de poussières.

Même si ses observations ont depuis été dépassées en qualité par des télescopes infrarouges en orbite tels que Spitzer et Herschel, le catalogue de sources qu’il a permis de dresser est toujours utile aux astrophysiciens et aux exobiologistes qui étudient l’origine des étoiles, des exoplanètes et des molécules prébiotiques, ces précurseurs des briques de la vie connue sur Terre. L’une d’elles fait l’objet de leur attention depuis quelque temps via Alma (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), le grand réseau d’antennes millimétrique et submillimétrique de l’Atacama.

Il s’agit de IRAS 16293-2422, une protoétoile triple comprenant une étoile binaire liée à une troisième plus lointaine. Elle se situe à quelque 400 années-lumière de la Terre, au sein de Rho Ophiuchi, une célèbre région de formation stellaire dans la constellation du Serpentaire (Ophiuchus). Il s’agit donc de très jeunes étoiles dans lesquelles les réactions thermonucléaires ne se sont pas encore allumées. Surtout, leurs masses sont comparables à celle de notre Soleil et ce système peut donc, a priori, être considéré comme un laboratoire pour comprendre la naissance du Système solaire. C’est d’autant plus probable que l’on a depuis quelque temps des indications qui suggèrent que notre étoile faisait elle-même partie d’une étoile binaire à ses débuts.

Rho Ophiuchi

Cette vue étendue montre de spectaculaires nuages sombres et brillants constitutifs de Rho Ophiuchi, une zone de formation stellaire au sein de la constellation du Serpentaire. Cette image a été constituée à partir de clichés issus du Digitized Sky Survey 2. (Source ESO/DSS2/D.De Martin)

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Maven, 1000 jours autour de Mars et des découvertes à foison

La sonde Maven de la NASA a fêté ce week-end du 17 et 18 juin 2017 son millième jour autour de la planète rouge.

C’était dans la nuit du 21 au 22 septembre 2014 : la sonde Maven de la NASA (MAVEN pour Mars Atmosphere and Volatile EvolutioN) s’insérait avec succès en orbite autour de la planète Mars. Elle avait été lancée le lundi 18 novembre 2013 par une fusée Atlas V.

Ce samedi 17 juin 2017, elle a célébré le 1000e jour de sa mission ; elle consiste en une exploration de la haute atmosphère martienne afin de comprendre pourquoi la plus grande partie de cette enveloppe vitale a été soufflée, pour finalement disparaître. Et l’engin a dans ce domaine obtenu plusieurs résultats importants qui permettent aux spécialistes d’établir un scénario pour expliquer cette absence d’atmosphère, avec comme principal suspect le Soleil, ses vents et ses éruptions.

Sonde Maven

La sonde Maven autour de Mars

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La réplication de l’ADN en vidéo : une grande première !

Des chercheurs de l’université de Californie ont filmé l’ADN de la bactérie Escherichia coli en train de se répliquer. À cette occasion, ils ont observé quelques surprises… Il s’agit d’une découverte majeure sur cette étape fondamentale de la vie cellulaire.

L’ADN qui constitue notre matériel génétique se présente sous la forme d’une double hélice qui comprend deux brins. Chacun d’entre eux est composé d’une succession de bases, les « lettres » de l’ADN qui ne sont qu’au nombre de quatre : la guanine, l’adénine, la thymine, la cytosine (G, A, T et C). Dans l’ADN double brin, chaque brin est complémentaire de l’autre, la base G s’associant à C et A à T. La réplication consiste à fabriquer deux molécules d’ADN identiques à la molécule mère, et permettre ainsi sa conservation.

La réplication peut commencer quand une enzyme appelée hélicase (Dna B chez E. coli) déroule la double hélice. Puis une autre enzyme, une primase, attache une amorce (« primer ») à chaque brin. Une troisième, un ADN polymérase, se lie à l’amorce et ajoute de nouvelles bases.

Mais la synthèse d’ADN a lieu différemment sur les deux brins. En effet, chaque brin a une extrémité appelée 5′ et une autre 3′ et les deux sont disposés de manière opposée. Or le nouveau brin croît de 5′ en 3′. Pour l’un des deux, le brin « leader », la copie se fait directement en progressant de 5′ en 3′ sur le nouveau. Mais pour l’autre, des petits fragments de 1 à 3 kilobases (kb), appelés fragments d’Okasaki, sont nécessaires pour la copie de l’ADN. Ces petits fragments sont ensuite associés entre eux. C’est pourquoi la synthèse d’ADN est souvent qualifiée de semi-discontinue.

ADN réplication

Lors de la réplication d’ADN, la séquence doit être conservée pour obtenir deux molécules filles identiques.

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Pollution à l’ozone en Ile-de-France et dans le sud-est

Des niveaux élevés d’ozone ont été enregistrés en Ile-de-France et dans le sud-est le 21 juin 2017. Ces épisodes de pollution devraient persister au moins jusqu’au 22 juin.

La France étouffe. Soixante-six départements sont en alerte orange à la canicule. De plus, l’Ile-de-France subit actuellement un épisode de pollution de l’air dû à des niveaux soutenus d’ozone (O3). « Les niveaux devraient rester élevés au moins jusqu’à jeudi 22 juin, annonce AirParif sur son site Internet. À proximité du trafic routier, l’exposition au dioxyde d’azote (NO2) est très importante. »

La procédure d’information et de recommandation a été déclenchée le 19 juin 2017 pour des concentrations d’ozone dépassant le seuil limite des 180 µg/m3 (microgrammes par mètre cube) par heure. Reconduite le 20 et le 21 juin, elle devrait être prolongée jusqu’au 22, Airparif prévoyant des niveaux pouvant atteindre jusqu’à 230 µg/m3, soit juste en dessous du seuil d’alerte fixé à 240 µg/m3.

En proie à de fortes chaleurs, trois départements du Sud-Est ont également activé une procédure d’information pour une pollution à l’ozone ce 21 juin : les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Var.

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Dinosaures : un volcanisme massif au Trias expliquerait leur domination

Des données géochimiques confirment année après année le lien entre de massives éruptions volcaniques à la fin du Trias et la grande crise biologique qui est survenue il y a environ 201 millions d’années. Des événements qui auraient favorisé l’essor des dinosaures.

Les spécialistes en géosciences s’accordent généralement pour penser que les dinosaures ont disparu sous l’effet conjoint des éruptions volcaniques du Deccan en Inde et de l’impact d’un petit corps céleste d’une dizaine de kilomètres au Yucatan. Mais quand il s’agit de déterminer l’importance de chacun de ces événements, ils divergent. Quant à la question de savoir comment, exactement, la grande extinction du Crétacé s’est produite, c’est-à-dire comment les écosystèmes et les espèces qui les constituent se sont effondrés dans le détail, les réponses données sont partielles et problématiques.

L’une des stratégies pour essayer d’y voir plus clair est de s’intéresser aux causes ainsi qu’au déroulement des autres grandes extinctions. Paradoxalement, il semble de plus en plus clair que la domination des dinosaures et leur formidable succès évolutif a en partie été rendu possible du fait de grands épanchements magmatiques similaires à ceux des Deccan, dont l’éruption fissurale qui s’est produite en Islande il y a quelques années peut nous en donner une idée.

En effet, il y a environ 200 millions d’années, une grande crise biologique s’est produite à la fin du Trias. La moitié des espèces animales ou végétales se sont alors éteintes en peu de temps, laissant vacantes de nombreuses niches écologiques que ne vont pas tarder à occuper en masse les dinosaures.

Essor dinosaures Trias

Suite à d’importantes éruptions volcaniques, les dinosaures ont pris leur essor.

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