Le champ magnétique terrestre peut dire merci à la Lune

Le champ magnétique des planètes est produit par des mouvements de convection dans le noyau liquide. Mais d’où vient donc l’énergie nécessaire au maintien de ces mouvements ? Réponse : des forces de marée, aussi bien en ce qui concerne la Terre que certaines lunes du Système solaire.

Les scientifiques s’accordent à dire que la formation et le maintien des champs magnétiques résultent d’écoulements de fer dans le noyau liquide. Les discussions se compliquent quand il s’agit de déterminer ce qui permet à ces masses colossales de se mouvoir. Le modèle dominant se base sur le lent refroidissement des astres, qui entraîne une convection, qui crée à son tour de grands tourbillons de fer fondu parallèles à l’axe de rotation du corps céleste.

Or, les petites planètes et les lunes se refroidissent trop vite pour qu’un champ magnétique puisse encore s’y maintenir par convection, plusieurs milliards d’années après leur formation. Des chercheurs de l’Institut de recherche sur les phénomènes hors équilibre (IRPHE, CNRS, Aix-Marseille université, Centrale Marseille) et de l’université de Leeds (Royaume-Uni) ont donc présenté un modèle alternatif où ce sont les interactions gravitationnelles entre les astres qui agitent le noyau.

Transit Lune DSCOVR

Image extraite de la séquence de quatre heures du transit de la Lune devant la Terre enregistrée avec la caméra Epic du satellite DSCOVR, le 5 juillet 2016. (Source : NASA/NOAA)

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Pas d’E.T. derrière les signaux de Ross 128

Déception pour les ufologues : les mystérieux signaux captés autour de l’étoile Ross 128 sont probablement d’origines humaines, ont conclu les astronomes.

En avril et mai 2017, les astronomes de l’observatoire Arecibo à Porto Rico ont détecté des signaux qualifiés de « bizarres » autour d’une étoile, une naine rouge beaucoup plus petite que le Soleil et située dans la constellation de la Vierge, à 11 années-lumière de la Terre. Ces signaux ont été enregistrés au cours d’une campagne d’observations portant sur plusieurs étoiles proches mais seuls ceux en provenance de Ross 128 avaient des caractéristiques étonnantes, inexplicables en l’état.

Il n’en fallait pas plus pour susciter l’intérêt des chasseurs d’E.T. qui y ont vu un message d’origine non humaine. Le buzz a fait le tour des médias, au grand dam de la Société Française d’Astronomie et d’Astrophysique qui a déploré dans un communiqué l’emballement de la presse francophone et l’attitude de l’astronome qui a posté la nouvelle sur son blog, avant les vérifications qui ont eu lieu au cours d’une nouvelle campagne d’observation, le 16 juillet 2017.

Roos 128

Une vue d’artiste d’une étoile de type naine rouge autour de laquelle orbite une planète à 2 lunes. Ross 128 est un astre à classer dans cette catégorie. (Source : Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics)

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Le vol du colibri en vidéo

Pour tenter de percer les secrets du colibri, petit oiseau magnifique peuplant différentes régions d’Amérique, des scientifiques l’ont filmé en laboratoire avec des caméras ultrarapides. Les images montrent une créature fascinante dotée de capacités hors norme.

On rencontre le colibri sur presque tout le continent américain, du sud de l’Alaska jusqu’à la Terre de Feu mais c’est dans les forêts des Andes septentrionales que vivent la grande majorité des espèces connues (290 sur 340). Le plus petit de tous, qui est d’ailleurs aussi le plus petit oiseau du monde, est le colibri-abeille (Mellisuga helenae). Surnommé par les Cubains zunzuncito, il est aussi lourd qu’une amande (il ne pèse pas plus de 2 grammes).

Les scientifiques sont fascinés par cet oiseau. Il faut dire qu’outre sa beauté qui fait l’unanimité, il impressionne par sa grande agilité dans des milieux aussi denses que les forêts tropicales. Et, bien sûr, il est célèbre pour ses incroyables facultés à faire du surplace tout en battant des ailes : jusqu’à 100 fois par seconde avec un cœur qui bat à 1.000 battements par minute ! Sans oublier, autre record pour ces petites créatures, le taux de métabolisme le plus rapide de tous les vertébrés.

Ainsi, comme l’a révélé une étude de 2013 citée par la revue National Geographic qui a consacré un long reportage à cet oiseau dans son dernier numéro, si celui-ci avait la taille d’un être humain, il lui faudrait boire plus d’une canette de soda pour chaque minute de vol. Cette activité très énergivore est compensée par la quantité de nectar que le colibri aspire par sa langue fourchue (elle est pourvue de deux tubes), presque transparente, tout au long d’une journée. L’oiseau peut en effet visiter jusqu’à 1.000 fleurs par jour. On comprend que biologistes et ornithologues tentent, depuis des décennies, de percer ses secrets.

Vol colibri

Tout en volant sur place en battant des ailes jusqu’à 100 fois par seconde, le colibri sirote du nectar jusqu’à 15 fois par seconde avec sa langue presque transparente (Source : National Geographic).

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Ressources de la planète : l’humanité vivra à crédit à partir du 2 août

L’humanité aura consommé le 2 août la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an et vivra donc « à crédit » jusqu’au 31 décembre, a calculé l’ONG Global Footprint Network, relevant que ce moment survient de plus en plus tôt chaque année.

Le mercredi 2 août marque pour la Terre le « jour du dépassement » (« overshoot day » en anglais) : « à partir de cette date, l’humanité aura consommé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année », écrivent Global Footprint et le WWF dans un communiqué commun. Pour ses calculs, Global Footprint prend notamment en compte l’empreinte carbone, les ressources consommées pour la pêche, l’élevage, les cultures, la construction et l’utilisation d’eau.

En 2016, le « jour du dépassement » était intervenu le 3 août. Même si le rythme de progression s’est un peu ralenti depuis six ans, cette date symbolique « continue inexorablement d’avancer : cette journée est passée de fin septembre en 1997 au 2 août cette année », relèvent les ONG. « Pour subvenir à nos besoins, nous avons aujourd’hui besoin de l’équivalent de 1,7 planète », précisent-elles.

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La Lune contient-elle des réserves secrètes en eau ?

Deux chercheurs américains affirment avoir trouvé la preuve que l’eau est répandue sous la surface de la Lune, prisonnière de dépôts volcaniques.

Y a-t-il de l’eau sur la Lune, et si oui, y en a-t-il beaucoup ? La question s’est posée depuis que l’on envoie des sondes et des humains fouler la surface lunaire. Mais ce n’est qu’en 2009 que l’on a pu détecter de grandes quantités de glace à l’ombre des cratères du pôle sud lunaire, grâce à la sonde LCROSS de la NASA qui s’est (volontairement) écrasée à la surface de la Lune.

L’existence de ces glaciers lunaires n’est pourtant pas un signe de présence d’eau sous sa surface. Les échantillons de sol lunaire ramenés par les missions Apollo ont déjà montré l’existence d’eau dans des « perles » de verre volcanique. Mais l’origine de cette eau a été beaucoup discutée.

Lorsqu’on évoque l’eau lunaire, on ne doit pas s’attendre à trouver un océan, ou des tonnes de glace prisonnières sous la poussière, mais de l’eau présente dans le magma à l’époque où le cœur de la Lune était encore en fusion, comme celui de la Terre. Dans de telles circonstances, divers composés, dont l’eau, se retrouvent piégés dans la lave.

Eau Lune

Sur cette carte, les zones colorées indiquent une forte teneur en eau comparée aux zones limitrophes (Source : R. Milliken et al.).

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Voie lactée : l’archéologie galactique révèle les collisions du passé

L’archéologie galactique permet des découvertes étonnantes. Ainsi, des étoiles naines situées dans la Voie lactée seraient les vestiges d’anciennes collisions entre notre Galaxie et des galaxies naines comme celle du Sagittaire.

Les astrophysiciens spécialisés dans des problèmes de cosmogonie cherchent à comprendre l’origine et l’évolution des astres. L’un des premiers problèmes qu’ils aient tenté de résoudre au cours du XXe siècle est celui de l’origine du Système solaire (en se fondant sur les idées déjà avancées par Descartes, Kant et Laplace). Ils se sont ensuite attaqués à l’origine de la Voie lactée et, plus généralement, des galaxies. Les progrès sur tous ces fronts de la connaissance n’ont véritablement commencé à être rapides que depuis les années 1970, aussi bien avec la montée en puissance des ordinateurs qu’avec l’accroissement exponentiel des données observationnelles.

On sait que les collisions de planétésimaux et les perturbations gravitationnelles entre les protoplanètes puis les planètes ont joué un rôle majeur dans la naissance puis l’évolution du Système solaire. Aujourd’hui, les tailles et compositions des planètes et des autres petits corps célestes, mais surtout leurs paramètres orbitaux (qu’il s’agisse d’astéroïdes, de planètes naines ou de comètes), sont des indications précieuses pour comprendre la genèse et l’évolution du Système solaire, qui semblent avoir été marquées par des migrations planétaires. L’étude des populations de valeurs pour les distances au Soleil, les excentricités, les inclinaisons par rapport au plan invariant du Système solaire (ou plus exactement le plan de l’écliptique) permet d’avoir accès à une fabuleuse mémoire de l’histoire des planètes, qui est inscrite et conservée dans les orbites des corps célestes.

Ce rôle très important de la mécanique céleste pour la cosmogonie solaire se retrouve à l’échelle de la Voie lactée et des galaxies. Nous avons bien progressé depuis les travaux pionniers de Hubble dans l’exploration du royaume des nébuleuses. Nous voyons les galaxies entrer en interaction, se frôler en s’arrachant de gigantesques courants d’étoiles sous l’influence de leurs forces de marée réciproques et parfois entrer en collision jusqu’à la fusion. Cela nous a permis de comprendre qu’au moins un des processus de croissance des galaxies était similaire à celui des planètes, avec des phénomènes d’accrétion.

Collision galaxies NGC 2207 et IC 2163

Image obtenue par le télescope spatial Hubble montrant les galaxies NGC 2207 et IC 2163 en interaction gravitationnelle (Source : NASA).

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Un vaccin contre le VIH grâce aux vaches ?

Des anticorps pouvant inhiber plusieurs souches de VIH ont été générés très rapidement chez les vaches. Une première dans le monde animal et qui ouvre de nouvelles perspectives, lointaines, dans la lutte contre ce virus chez l’homme.

Et s’il s’agissait d’une des clés dans la lutte contre l’épidémie ? Les anticorps neutralisants à large spectre (bNAbs) sont capables de bloquer la réplication du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en empêchant notamment les particules virales de se lier aux cellules saines. Sans ce « rapprochement » le virus ne peut plus se dupliquer et l’organisme peut ainsi contrôler l’infection.

Ces anticorps neutralisants, produits naturellement chez certains patients infectés, ont de plus l’intérêt d’être efficaces sur une grande variété de souches , plusieurs années après la primo-infection. Leur potentiel dans la lutte contre le Sida a fait naître beaucoup d’espoirs mais les chercheurs se heurtaient jusqu’alors à un obstacle : la difficulté à enclencher la production de ces anticorps chez l’homme comme chez les animaux (souris et singes) qui servent habituellement de modèles pour étudier ce virus.

Aussi, les biologistes ont entrepris d’élargir leurs études à d’autres espèces comme les lapins, les lamas et tout récemment les bovins. C’est chez ces derniers que des résultats prometteurs ont été obtenus par une équipe internationale menée par Devin Sok, du Scripps Research Institute. Ils font l’objet d’une publication dans la revue Nature.

Troupeau de vaches

Troupeau de vaches en Savoie (Source : AFP)

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